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Théo Briand : "Au sulky, c'est l'endroit où je me sens le mieux" | LETROT
Théo Briand dispute son premier Groupe 1

Théo Briand : "Au sulky, c'est l'endroit où je me sens le mieux"

08/03/2025 - GRAND FORMAT - 24H au Trot
À 18 ans, Théo Briand sera le plus jeune des douze drivers au départ du Grand Critérium de Vitesse de la Côte d’Azur (Gr.1), dimanche, lors de la réunion de clôture du meeting cagnois. Certes, il ne drive pas l’une des meilleures chances de la course avec le 6 ans italien Dylan Dog Font, positionné en seconde ligne derrière l’autostart avec le n°10, dans le sillage de son compagnon d’écurie le rentrant Alrajah One. Cette confiance qui lui est faite de disputer son premier Groupe 1 symbolise un début de carrière sur les chapeaux de roue, lui qui compte déjà 21 succès cette année.
Théo Briand - © Agence Couleur Casaques Théo Briand - © Agence Couleur Casaques
La première à Vincennes avec sa famille - © ScoopDyga La première à Vincennes avec sa famille - © ScoopDyga


À ce sujet, son père voit dans la fougue de sa jeunesse l'une des raisons majeures. "Encore une fois, on oublie qu'il n'a que 18 ans, souligne-t-il. Cela ne fait qu'un peu plus de deux ans qu'il court. Il est comme un jeune qui a envie de gagner et de percer. Mais il n’a jamais eu de comportement dangereux. Je trouve qu’on l’avait aussi plus à l’œil que d’autres." Pas question pour autant de le ménager. "Quand on est parents, on est forcément fiers, poursuit Yannick-Alain Briand. Quand tes enfants veulent faire le même métier que toi, tu crains toujours qu’ils vivent dans ton ombre, car ils ont un nom. Si tu fais mal tu es un âne, si tu fais bien c’est normal. Théo est un garçon gentil de fond et j’avais un peu peur qu’il ne manque de "gnac" en course. Or, c’est de la compétition. Il a vite su se faire respecter. Sa réussite lui arrive jeune, mais on essaye de le cadrer le plus possible. On connaît les aléas de ce métier. On peut très vite redescendre. Il n’est pas dans un entourage qui lui dit qu’il est le meilleur sans arrêt. Il a connu les hauts et les bas de l’écurie. Il sait que cela peut tourner. C’est un gamin réfléchi, ce qui lui servira."

 

Le Critérium comme un symbole

Au-delà d'une mise à pied de deux jours qui l'empêche de disputer l'intégralité de la réunion de clôture du meeting cagnois ce dimanche, Théo Briand se réjouit de disputer le Grand Critérium de Vitesse de la Côte d'Azur, le premier Groupe 1 de sa carrière, au sulky de l'italien âgé de 6 ans Dylan Dog Font (Ringostarr Treb). "Depuis que je suis gamin, je regarde cette course du bord de la piste, commente-t-il. L’an dernier encore, j’étais émerveillé. C'est un rêve de la courir même si je n’ai pas une première chance. J’y vais pour prendre du plaisir." Avec le n°10, son partenaire va s'élancer dans le sillage de son compagnon d'écurie, Alrajah One (Maharajah), qui n'a plus couru depuis l'automne 2023. "Mon partenaire n’est pas le cheval de la course. Il n’a pas trop de références même s'il vient de gagner de loin un Groupe en Italie. Quand il est venu en France courir l’an dernier, il s’est bien comporté avec Éric (Raffin), juge Théo Briand qui, aux côtés de Nicolas Ensch et David Békaert, portera les espoirs du Sud-Est. Je le vois comme un outsider. Je vais faire de mon mieux. Pour le moment, je suis serein. Avant la course, il y aura sûrement un peu de pression, mais c'est de la bonne pression. Cette expérience ne peut être qu’un plus pour ma carrière."
Une carrière qu'il envisage aussi à long terme comme entraîneur. "Dans dix ou quinze ans, il n’y aura pas de problème à donner davantage la priorité à l’entraînement. Je saurai le faire. Maintenant, l’avenir des courses fait peur avec des enjeux qui ne sont pas bons", dit-il en étant conscient du milieu dans lequel il évolue. Pas mal à 18 ans, non ?

 

 

Dans le top 10 au Sulky d'Or
En cette première quinzaine de mars, Théo Briand pointe à la 9ème place du classement du Sulky d'Or. "C’est incroyable, juge-t-il. Après un peu plus de deux mois, tout ayant eu des mises à pied, je suis presqu’à la moitié de mon total de victoires de l’an dernier (N.D.L.R. : 21 vs 55) Pourtant, la période du meeting d’hiver de Cagnes est entre guillemets la plus compliquée pour moi dans le sens où il y a beaucoup de pros qui viennent de la région parisienne et d’en haut plus généralement et beaucoup d’entraîneurs drivent eux-mêmes leurs chevaux." Ces résultats sont aussi le fruit de sa collaboration depuis son passage chez les professionnels avec son agent Enzo Bodineau, qui travaille avec Benjamin Poirier et Julien Pichonneau. Ils lui permettent aussi d'être en phase avec ses objectifs de l'année : "On s’est mis un objectif d’atteindre le cap des 200 victoires depuis mes débuts au cours de cette année, ce qui équivaut à peu près à gagner 80 courses entre le 1er janvier et le 31 décembre. En soi, je ne me dis pas que je dois gagner ça ou ça, mais j’ai besoin d’avoir dans ma tête un but qui ne soit pas insurmontable. Se fixer des challenges est une façon de se motiver toujours un peu davantage".
Ces premières semaines de 2025 ont aussi été marquées par son retour gagnant à Vincennes où il n'avait pas couru pendant plus d'un an. Il s'y est imposé avec successivement Great Rock (Vulcain de Vandel), pour l'entraînement de Dominik Locqueneux, et Liberty Pat (Feeling Cash) pour celui d'Alexis Grimault. "Ils m’ont appelé avec des premières chances, je ne pouvais pas dire non, réagit-il. C’est bien d’avoir gagné, mais ce n'est pas une obsession de gagner là-bas. Je vais à Vincennes pour des premières chances."

 

La victoire à Vincennes avec Great Rock - © Aprh La victoire à Vincennes avec Great Rock - © Aprh

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