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Daniel Redén : "En France, je peux être moi-même" | LETROT
Interview

Daniel Redén : "En France, je peux être moi-même"

09/02/2025 - GRAND FORMAT - 24H au Trot
À quelques jours du Prix de France Speed Race (Groupe I), dans lequel Don Fanucci Zet (Hard Livin) tentera de prendre sa revanche après un Prix d’Amérique Legend Race malheureux, Daniel Redén, son entraîneur, s'est confié. Sans détour, fidèle à sa nature, le professionnel suédois revient sur son meeting d’hiver, son admiration pour Vincennes, sa relation avec notre pays, mais aussi ses ambitions pour l’Elitloppet 2025, où il rêve d’un véritable duel de son champion Francesco Zet (Father Patrick) avec Idao de Tillard (Severino).
Daniel Redén Daniel Redén - © ScoopDyga
Daniel Redén au sulky à Vincennes - © Aprh Daniel Redén au sulky à Vincennes - © Aprh

Qu’est-ce qui vous séduit dans les courses françaises ?
En France, je peux être moi-même. J’aime l’ambiance sur les hippodromes. Je suis plus détendu et je peux parler avec beaucoup de monde. En Suède, tout est beaucoup plus sérieux. Dès que vous faites quelque chose d’inhabituel, vous devez immédiatement vous justifier.


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Örjan Kihlström n’est pas venu driver vos pensionnaires cet hiver à Vincennes. Était-ce une décision commune ?
Oui, nous en avons discuté. Il est très difficile de venir driver à Vincennes seulement de temps en temps. Le niveau est tellement relevé. Il y a aussi le coût des billets d’avion à prendre en compte. J’essaie désormais de trouver des drivers français qui correspondent à mes chevaux lorsque je suis à Vincennes.

Quel est le premier trotteur français qui vous a marqué ?
Bold Eagle. C’était un authentique crack. Il m’a toujours impressionné.

Est-ce qu'il y a un programme spécifique, en amont, chez vous en Suède, au niveau de l'entraînement pour vos chevaux qui courent à Vincennes ? Entraînement sur les départs voltés, les longues distances, la montée et la descente de Vincennes…

Non, je ne change rien. J’entraîne sur ma piste en sable profond comme d’habitude. C’est une excellente piste où j’ai mes repères. En revanche, il m’est très difficile d’entraîner à Grosbois. Pour atteindre les mêmes pulsations qu’en Suède, je dois aller très vite, ce qui augmente les risques de blessure. C’est pourquoi je ne le fais pas. J’ai du mal à garder mes chevaux en forme plus de quatre semaines en France. J’essaie quelque chose de nouveau chaque année, mais je n’ai pas encore trouvé la solution idéale.

"Il m’est très difficile d’entraîner à Grosbois. Pour atteindre les mêmes pulsations qu’en Suède, je dois aller très vite, ce qui augmente les risques de blessure. C’est pourquoi je ne le fais pas. J’ai du mal à garder mes chevaux en forme plus de quatre semaines en France. J’essaie quelque chose de nouveau chaque année, mais je n’ai pas encore trouvé la solution idéale." Daniel Redén

 

Daniel Redén et Vincennes en chiffres
1er partant : 24 janvier 2015 avec Call Me Keeper (B. Goop)
1er gagnant : 24 janvier 2015 avec Call Me Keeper (B. Goop)
171 courses
15 victoires
30 podiums supplémentaires
→ 1 Groupe I : Epic Kronos (O. Kihlström) Grand Prix de l'UET 2024
→ 1 Groupe II : In Vain Sund (F. Nivard) Prix de Croix 2017
→ 1 Groupe III : Sorbet (swe) Prix Hersilie 2018
Pour rappel, Propulsion a été disqualifié de toutes ses courses à Vincennes, à commencer par ses premières places dans la Finale European Trotting Masters 2019 et le Prix de Bourgogne 2017, ainsi que ses accessits dans les Prix d'Amérique et de France 2018.


À vos yeux, qu’est-ce qui différencie encore aujourd’hui le trotteur standardbred du trotteur français ? Ou la différence est-elle en train de s’estomper ?
Lorsque j’ai commencé dans le métier, le trotteur français avait un gros problème de technique : son trot n’était pas naturel et il fallait l’installer. Aujourd’hui, grâce à l’évolution de l’élevage, ce n’est plus un souci. Je comprends pourquoi ce sont les meilleurs trotteurs du monde. Ils ne sont jamais fatigués et, en plus, le sang de Ready Cash leur a apporté de la vitesse.


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Impossible de vous quitter sans prendre des nouvelles d’Epic Kronos, le vainqueur du Grand Prix de l’UET. Quel sera son programme au premier semestre ? Avez-vous déjà en tête le prochain meeting d’hiver avec lui ?
Il va bien. Son premier semestre sera calme. Son premier objectif sera le Margareta Wallenius-Kleberg Pokal (Groupe I) en août à Solvalla. En revanche, le meeting d’hiver prochain sera un véritable objectif pour lui. Il est taillé pour Vincennes et l’a prouvé dans la finale du Grand Prix de l’UET. Depuis Call Me Keeper et Propulsion, je venais en France sans ambitions particulières, mais avec Epic Kronos, les attentes seront réelles.

En aparté

Êtes-vous issu d'un milieu de gens de chevaux en Suède ? Comment avez-vous embrassé cette profession ?
Mon père pariait beaucoup sur les chevaux et me demandait de l’aider à choisir, notamment pour le V75. Petit à petit, les numéros sont devenus des noms et je me suis de plus en plus intéressé aux courses vers l’âge de 12 ans. La jument Sessan Starlet est la première à m’avoir marqué au milieu des années 1990. Ensuite, j’ai appris le métier pendant treize ans aux côtés de Stefan Melander et Catarina Lundström, deux grands professionnels. Après un passage chez Fredrik B. Larsson et Björn Goop, j’ai pris ma licence d’amateur que j’ai conservée jusqu’en 2018 avant de passer professionnel.

Qu’aimez-vous dans la culture française ?
Les gens sortent, vont au restaurant, boivent un verre de vin, rigolent. J’apprécie ce mode de vie, qui correspond beaucoup plus à ma personnalité.

Prenez-vous le temps de découvrir la France lors de vos venues l’hiver ?
Bien sûr ! J’adore l’histoire et Paris regorge de monuments magnifiques. J’aime explorer la ville et lire à son sujet.

Avez-vous noué des liens particuliers avec des professionnels français ?
Oui, la plupart des professionnels basés à Grosbois sont très sympathiques. Je vais souvent au restaurant avec Jean-Michel Bazire, qui est devenu un bon ami. C’est quelqu’un de très agréable à côtoyer.

Daniel Redén fêtant une victoire - © Aprh Daniel Redén fêtant une victoire - © Aprh

 

 


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