Les six premiers mois de la saison 2026 confortent les leaders habituels des différentes catégories, à commencer par Éric Raffin et Mathieu Mottier, respectivement Sulky d’Or et Étrier d’Or en titre, mais aussi Thierry Duvaldestin, toujours aussi dominateur chez les entraîneurs, Yannick-Alain Briand, numéro un des propriétaires, et Jean-Philippe Dubois, indéboulonnable en tête du classement des éleveurs. Il n’empêche que l’on observe ici ou là quelques nouveaux challengers.
Entraîneurs : Thierry Duvaldestin se découvre deux nouveaux challengers
En 2025, Thierry Duvaldestin a été sacré entraîneur numéro un pour la cinquième fois de suite, la huitième de sa carrière. Sans surprise, le professionnel normand semble bien parti pour conserver son titre. Comme depuis 2021 - exception faite de 2022 où il en totalisait alors 99… -, il a déjà franchi le cap des 100 gagnants en cette mi-saison (114 précisément) même s’il a eu moins de partants (378). Son taux de réussite à la gagne qui est devenu en quelque sorte une marque de fabrique est toujours aussi remarquable puisque de l’ordre de 30 %. Dans ce domaine, seul Romain Derieux, numéro un jusqu’à la seconde quinzaine d’avril sur la lancée d’un exceptionnel meeting de Cagnes-sur-Mer, fait mieux dans le top 10 avec 34 %, presque équivalent à celui comme pilote (36 %).
Après avoir réussi leur meilleur exercice l’an dernier, respectivement avec 127 et 121 victoires, les Mayennais Marc Sassier et Mathieu Mottier ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. En sensible progression sur leurs chiffres de 2025 à la même période (+23 pour le premier, +17 pour le second), ils se hissent tous deux pour la première fois sur le podium.
En termes de gains, le fils de Dominique et Danielle ne compte que 300.000 € de moins que Thierry Duvaldestin. Ces deux entraîneurs sont les deux seuls au-dessus de 2 M€.
Kevin Leblanc : six premiers mois conformes à ses attentes
À moins de 30 ans, Kevin Leblanc s’est retrouvé à la tête de l’une des plus grandes structures du pays quand son père, Franck, nous a quittés l’automne dernier. Dans les faits, il assumait cette tâche depuis déjà plusieurs mois. Les résultats des six premiers mois de l’année le confortent dans ses prises de décision afin de réorganiser l’écurie. "Je m’étais fixé comme objectif que les chevaux prennent 200.000 € par mois, soit 1,2 M€ à la mi-saison. Or, nous sommes à 1,3 M€, soit 100.000 € au-dessus de mes prévisions, confie le jeune entraîneur. On a gagné quelques belles courses et on a des chevaux d’un bon niveau." Avec 48 gagnants, Kevin Leblanc fait partie du top 10. "Il reste encore des choses à faire au niveau de l'organisation. Je pense que tout sera mis vraiment en place à la fin de l'année, notamment dans le tri des jeunes chevaux. Je souhaite toujours essayer autant de poulains mais sélectionner un peu plus, explique-t-il. Par ailleurs, le fait d’être maintenant tous réunis sur un seul site, sans compter la cour à Grosbois, simplifie la gestion pour moi. Je pense que c’est aussi mieux pour tout le monde à l’écurie."
Propriétaires : Un quintet dans un mouchoir de poche
Chez les socio-professionnels, le classement des propriétaires par le nombre de victoires est le plus serré de tous à l'issue des six premiers mois. Les cinq premiers se tiennent en effet en cinq victoires d'écart ! Sacré pour la première fois dans cette catégorie l'an dernier avec 108 gagnants, Yannick-Alain Briand totalise à mi-chemin 36 victoires, soit un bilan provisoire en retrait par rapport à l'exercice précédent (-23). Il est vrai que, même s'il reste l'un des principaux pourvoyeurs de partants, son de chevaux et de partants est aussi en recul. Il ne compte qu'un gagnant de plus que l'Ecurie Hervé Guérin, laquelle confirme son ascension déjà symbolisée par sa première place lors du dernier meeting d'hiver de Vincennes, et deux sur l'Écurie Jean-Paul Marmion, qui est dans ses habituels standards. Avec 32 et 31 victoires, les quatrième et cinquième places sont occupées respectivement par l'Ecurie Sérénité, celle de la famille De Sousa apparue sur les programmes depuis la fin d'année dernière, et l'Ecurie Marc Sassier.
Au classement par les gains, la première place est toujours occupée par l'Ecurie Luck depuis la victoire du champion Hokkaido Jiel (Brillantissime) dans le Prix d'Amérique Legend Race, bien "secondé" par Lombok Jiel (Enino Du Pommereux), avec 941.845 €. L'écart avec Joël Séché est d'un peu plus de 133.000 €. Là aussi, les positions sont serrées puisque les huit premiers se tiennent en moins de 220.000 €.
Charles Bouvier : l'élan de la jeunesse
On n'apprend pas à Charles Bouvier qu'il fait partie du top 10 des propriétaires en nombre de victoires à la mi-saison. "Bien sûr que l'on regarde, s'amuse-t-il. Vingt-cinq gagnants, ce n'est pas rien ! Cela nous tire vers le haut. Ce n'est pas rien non plus de voir notre casaque, en l'occurrence la mienne, à côté de grands noms." À 32 ans, Charles Bouvier travaille avec ses frères Robin (Bouvier) et Louis (Goetz). "Depuis le début de l'année, on se concentre tous les trois sur l'entraînement et les résultats suivent en courses, nous apprend-il. C'est une belle collaboration. On est très motivés. Depuis le début, on a l'habitude de travailler avec nos propres chevaux car nous n'avons pas beaucoup de propriétaires. C'est comme cela que l'on a acheté à l'amiable par exemple Floréal à Vincent Viel. Il est en fin de carrière mais il nous a apportés beaucoup de satisfaction."
Éleveurs : Jean-Philippe Dubois évidemment
Numéro un des éleveurs, titré une douzaine de fois lors des quinze dernières années, Jean-Philippe Dubois fait encore une fois la course en tête. S'il relègue à près de 600.000 € l'Écurie des Charmes, l'écart en termes de victoires n'est pas énorme avec ses poursuivants les plus proches. De plus en plus présente dans cette catégorie et de mieux en mieux classée, l'Écurie Thierry Duvaldestin ne compte en effet que quatre victoires de moins (47 vs 51). Le podium est complété par la structure de Lucien Urano avec 42 gagnants, qui avait terminé à cette place en 2025.
Étalons : Passage de témoin
Ce qui se dessinait ces derniers mois est arrivé. Pour la première fois depuis 2016, Ready Cash n'occupe plus la première place du classement des étalons, en termes de victoires comme en termes de gains. Il est suppléé par son meilleur continuateur, à savoir que Face Time Bourbon, avec 100 gagnants contre 94 et 3 M€ contre 2,6 M€. Une performance remarquable alors que le champion de la Scuderia Bivans Srl ne compte que quatre générations sur les pistes, les "O" étant la cinquième qui s'apprête à débuter leur carrière. Entre les deux s'intercale Love You, autre référence s'il en est.
Chevaux : Hokkaido Jiel devant Iguski Sautonne
Que les vainqueurs du Prix d'Amérique Legend Race et du Prix de Cornulier occupent les deux premières places du classement des chevaux à l'issue du premier semestre n'a rien de très étonnant. L'avance d'Hokkaido Jiel sur Iguski Sautonne (Village Mystic), l'un des deux seuls doubles vainqueurs de Groupe 1 de l'année avec le Grand Critérium de Vitesse de la Côte d'Azur à l'attelé avec la 3 ans Nocive du Choquel (Face Time Bourbon), qui pointe à la troisième place, est seulement de 26.000 €.
Apprentis : Trois classements, trois leaders
Les trois classements réservés aux apprentis (attelé, monté et combiné) sont chacun dominés par un apprenti différent. Avec 22 gagnants en 124 courses, Martin Goetz relègue à distance respectable Raphaël Vilault (12) et Étienne Delaunay (11). Alors qu'il disait dans ces colonnes espérer passer professionnel à la fin de l'été, il totalise 42 victoires en cette fin juin. Dans la spécialité de l'Étrier, le classement est dominé à la mi-saison par Jean Ferron avec 10 gagnants, soit deux gagnants de plus qu'un trio féminin composé de Cléa Roger, Estelle Croisic, qui vient toutefois de passer dans les rangs des professionnels, et Eva Bouclet, sachant que Mehdi Lelièvre, actuel deuxième avec 9 victoires, est lui aussi professionnel depuis le mois de mars. Enfin, au Combiné, l'avantage au 30 juin est pour Raphaël Vilault (14 victoires) devant Jean Ferron (12).
Amateurs : Thomas Clairet ne cache pas ses ambitions
Vainqueur de l'étape du GNA à Lyon-Parilly avec King de Joudes (Prince Gédé) et de l'étape du Trophée Vert de Nîmes avec Juan les Pins (Pacha du Pont), Thomas Clairet ne cache pas ses ambitions : il vise le titre de numéro un des amateurs. À la mi-saison, celui qui épaule son frère, Bastien, au sein de l'écurie familiale dans la Loire après un début de carrière professionnelle dans le BTP, est dans les temps puisqu'avec 12 gagnants, il devance Sébastien Laboutique et Florian Julien qui ne compte qu'un succès de moins. C'est dire si le suspense demeure complet pour le titre de champion de France des Amateurs.