Histoires de famille et de course
Étudiant en école de commerce, Gaël Rincé savait déjà très bien dans quel domaine professionnel il voulait exercer. "J’ai obtenu un stage au PMU et j’y suis resté. Pendant onze ans, j’ai travaillé au service marketing sur le digital." Ses priorités se concentrent alors sur la vie de famille et l’achat d’un logement. Mais, dans un coin de sa tête, le jeune actif a le projet à terme d’acheter un cheval avec son père.
Tu vas te calmer avec ça ! (Dominique Rincé à son fils)
Durant ces années, Dominique Rincé, après une première expérience de propriétaire d’un trotteur avec Michel Bouchard, fait partie des porteurs de part de l’Écurie Ouest Racing sous la casaque de laquelle courait la championne Wutzeline, la reine du meeting d’obstacle Cagnes-sur-Mer entraînée par Yannick Fertillet. "Ça a été une belle aventure. Humainement, cela m’a permis de faire de belles rencontres comme d’ailleurs au cours de ma carrière de commentateur, décrit-il. Mais j’étais un parmi cinquante co-propriétaires. Là, ce n'est plus du tout la même chose. Les émotions sont complètement différentes." Les années passent et son fils n’abandonne son projet. "Ce n’est pas faute d’avoir tanné mon père pour acheter un cheval pendant tout ce temps-là", en sourit aujourd’hui Gaël. Mais longtemps la réponse paternelle revient en boucle : "Tu vas te calmer avec ça !". Dominique Rincé s’en explique : "Je voulais que Gaël se concentre sur l’essentiel, sa vie de famille. Les courses, c’est un loisir qui peut coûter cher".
C’était très important à mes yeux de vivre ça en famille car c’est avant tout un projet familial. (Gaël Rincé)
Mais passionné qu’il est, le fils s’accroche et revient à la charge jusqu’à réussir à obtenir l’accord de son père. L’aventure peut alors commencer. Entre les deux, la répartition des tâches est la suivante : à Gaël la partie administrative avec les démarches pour obtenir l’agrément pour les couleurs, qui seront donc les siennes ; à Dominique la partie fonctionnelle et la recherche d’un entraîneur qu’il trouve en Jean-Philippe Monclin. "C’est très important à mes yeux de vivre ça en famille, insiste Gaël Rincé , car c’est avant tout un projet familial. C’est pourquoi il était évident que nous ayons notre casaque. C’était même un critère non négociable pour moi. Donc, voir sur le programme de Caen le nom de Rincé pour la première fois dans la colonne des propriétaires, c’est une part du rêve qui était le mien qui se réalise." Ce rêve prend donc les traits du 3 ans Nobel Speed qui sera au départ du Saint Léger des Trotteurs (Groupe 1), samedi, où il fera ses débuts dans la spécialité de l'Étrier après des tests concluants à l'entraînement, sous les yeux des Rincé père et fils. "C'est un rêve éveillé", répète une nouvelle fois Gaël Rincé.