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Interview : José Fernandes, les courses sans modération | LETROT
Portrait

Interview : José Fernandes, les courses sans modération

24/07/2026 - GRAND FORMAT - 24H au Trot
Le label Faël fait feu de tout bois. Il compte quatre partants au mois de juillet et trois se sont imposés. Le dernier en date, Maverick de Faël, s’est mis à l’honneur à Enghien. C’est le couple José Fernandes, en position de propriétaire, et Virginie Le Piver, en qualité d’éleveur, qui anime cette belle dynamique. Le premier revient pour nous sur une histoire aux mille rebonds.
José Fernandes (à dr.) - © ScoopDyga José Fernandes (à dr.) - © ScoopDyga
Aquarelle de Faël et son foal 2026, Quendrick de Faël par Face Time Bourbon - © DR Aquarelle de Faël et son foal 2026, Quendrick de Faël par Face Time Bourbon - © DR

Trois restaurants, des trotteurs, votre famille. Cela fait une vie bien remplie ?
J.F.- J’ai pourtant d’autres passions. L’une est le foot. J’ai pratiqué à bon niveau jusqu’à 17 ans. Je jouais alors au Racing Club de France. J’aurais sans doute pu passer le cap de l'autre côté (N.D.L.R. : passer professionnel) mais je l'ai pas fait. J’avais quatre entraînements par semaine et match le dimanche. J’étais donc assez footeux. Aujourd’hui, je suis supporter du Paris Saint-Germain et j'aime aller au Parc des Princes. L’an dernier, j'ai eu la chance d'aller voir le PSG gagner la Champions League. Cette année, cela n’a pas été possible car j’étais avec Thierry (Duvaldestin) à Solvalla pour accompagner Idao de Tillard ! On a regardé la finale de Solvalla. Et je suis aussi passionné de courses automobiles. Je fais de l’endurance.

Concrètement, qu’est ce que cela veut dire ?
J.F.- Avec des amis, nous formons une équipe et louons une voiture pour les courses. C’est ce qu’on appelle un bacquet. J’ai fait les 24 heures de Dubaï, les 25 heures de Spa, les 12 heures de Magny-Cours. Pour la plupart des courses, dans notre catégorie, ce sont des courses de huit heures comme au Mans, au Castellet. Pour la petite histoire, j’ai fait venir trois amis de ce monde automobile dans le monde des courses… hippiques. Ils sont associés avec moi sur Kangala de Faël, Kysko de Faël, Marina de Faël et Ninety de Faël. Ils sont plutôt chanceux. Kangala et Kysko ont plus de 100.000 € de gains, Marina est une bonne pouliche qui devrait faire mieux que sa sœur Kangala.

Pour la petite histoire, j’ai fait venir trois amis de ce monde automobile dans le monde des courses… hippiques. Ils sont associés avec moi sur Kangala de Faël, Kysko de Faël, Marina de Faël et Ninety de Faël. Ils sont plutôt chanceux.

Nous parlons donc ici à un homme qui a peut-être dépassé les 300 km/h sur circuit ?
J.F.- Dans notre catégorie de voitures, je vais plutôt à 250 ou 260 km/h. Cela a été le cas à Dubaï où j’ai eu la chance de rouler contre le père de Max Verstappen (quadruple champion du monde en Formule 1). On avait bien commencé car, avec mon équipe, on a été longtemps pointé en tête de deux catégories simultanément mais notre voiture a lâché avec un piston qui a traversé le moteur. Cela reste évidemment des moments qu'on garde en tête et qui sont magiques.

 

Petrus de Faël passera en vente chez Arqana Trot le 4 septembre (lot 491) - © DR Petrus de Faël passera en vente chez Arqana Trot le 4 septembre (lot 491) - © DR
J'aime bien participer à tout. C'est mieux de tout vivre de A à Z.


Oui mais vous ne nous avez pas parlé de la magie des courses hippiques jusque là !
J.F.- Évidemment qu’elle est très forte et extraordinaire. J’ai eu la chance de vivre ces moments magiques avec Okapi de Faël quand il a gagné semi-classique et est devenu étalon. J’ai eu aussi Quartz de Faël qui était un tout bon cheval, lui aussi agréé comme étalon. Malheureusement, il a eu des problèmes pulmonaires et n’a pas fait la carrière espérée. Thierry (Duvaldestin) disait que c'était son futur cheval de Prix d'Amérique ! Nous avons aussi eu Aquarelle de Faël, très douée mais aussi explosive. Elle nous a donné Grâce de Faël qui était une petite championne mais qui a eu une fêlure à un pied après son dernier succès. Elle était aussi douée à l’attelé qu’au monté. Comme elle croisait un peu dans ses allures, Thierry préférait la courir sous la selle. Il faut tout de même se souvenir que lors de sa dernière victoire, dans le Prix Paul Bastard, elle laissait Granvillaise Bleue à 40 mètres !

Quel sont les ingrédients de la réussite ?
J.F.- Il faut toujours travailler avec les bons professionnels. Et cela, à tous les échelons. Il faut des bons débourreurs qui écoutent vos chevaux et ne vont pas trop vite non plus. Des bons entraîneurs qui sont capables de faire progresser vos chevaux. C’est le cas de Thierry (Duvaldestin) et Marc (Sassier) avec qui je travaille. Il faut aussi des gens très compétents à l'élevage. Cela a été le cas pour nous avec Nathalie Roza. Avec elle, j’ai toujours su comment étaient mes poulains. Je me suis constitué dans ma tête une base de données et j’ai toujours été acteur actif de l’élevage. Quand on vit une passion, si c'est juste payer et voir nos chevaux franchir le poteau en tête, c'est sympa mais insuffisant. J'aime bien participer à tout et tout vivre de A à Z.

Trois "O" qualifiés

La jeune génération des Faël a déjà passé son premier test avec succès. Trois des quatre naissances de 2024 sont d’ores et déjà qualifiées. Il s’agit d’Ouragan de Faël (Earl Simon et Gamélia de Faël), d’Odace de Faël (Charly du Noyer et Grâce de Faël) et d’Odyssée de Faël (Charly du Noyer et Aquarelle de Faël), respectivement reçus en 1’18’’8, 1’20’’4 et 1’19’’9. Ce trio est actuellement au repos. José Fernandes nous apprend : "Ils ont été préparés et présentés par Benjamin Lerebourg. Ils avaient peu de travail car tout s’est fait en quatre mois et demi. Les deux femelles par Charly du Noyer iront chez Marc Sassier. Elles ont un fort tempérament comme beaucoup de Charly. Le mâle par Earl Simon est aussi très doué et sera confié à Thierry Duvaldestin."
La sélection qui guide les intentions d'élevage de José Fernandes lui permet de connaître une première transformation réussie aux qualifications. Un point sur lequel revient l'éleveur/propriétaire : "J’ai généralement un bon taux de réussite aux qualifications. Chez les "K" par exemple, on a Kâline de Faël (Earl Simon - 158.75 €), Kangala de Faël (Uniclove - 108.495 €) et Kysko de Faël (Charly du Noyer - 100.615 €). Nous avons aussi élevé Kahina de Faël (Express Jet - 45.725 €). Mais le meilleur de tous était sans doute King de Faël (Boccador de Simm) que nous avions vendu en restant associé. Il est décédé de coliques quelques jours avant d’aller aux qualifications. Kâline a eu un tendinite et est rentrée au haras où je l’ai fait saillir à Idao de Tillard."

 

Six poulinières en activité

■ chez Maud Dubief, La Mesnière (61)
→ Aquarelle de Faël (Look de Star) :
produit 2026 : Quendrick de Faël, mâle par Face Time Bourbon / saillie en 2026 par Idao de Tillard
→ Grâce de Faël (Sam Bourbon) :
produit 2026 : vide d’Idao de Tillard / saillie en 2026 par Hohneck
→ Inès de Faël (Nice Love) :
entrée au haras en 2026 / saillie par Mack de Blary
→ Kâline de Faël (Uniclove) :
entrée au haras en 2026 / saillie par Idao de Tillard
■ au Haras d’Ecouché (61)
→ Ivory de Faël (Sam Bourbon) :
produit 2026 : Quattro de Faël, mâle par It’s A Dollarmaker / saillie en 2026 par Lancier du Goutier
■ chez l’Élevage Castelle (famille Beaudoin) (61)
→ Candy de Faël (Jasmin de Flore) :
produit 2026 : Quantum de Faël, mâle par Charly du Noyer / saillie en 2026 par Lancier du Goutier
José Fernandes présente un yearling à la vente de sélection Arqana Trot : Petrus de Faël (lot 491) par Idéal du Pommeau et Candy de Faël (Jasmin de Flore)


Quel type d’éleveur êtes-vous ? Exploitant, vendeur ?
J.F.- D’abord en tant que propriétaire, je suis quelquefois associé. Dans mes 2 ans, je suis propriétaire à 100 % de deux pouliches, Odace de Faël et Odyssée de Faël, mais en association sur le mâle Ouragan de Faël avec Patrick Charel et Paul Azria (Ecurie Daïdou). Je suis obligé de vendre tous les ans un ou deux poulains pour alimenter ma trésorerie. Cette année, dans mes yearlings, j’ai vendu Prada de Faël par Face Time Bourbon et Grâce de Faël, à Pierre Julienne. On me dit : c’est une femelle et tu es fou de la vendre. Mais, à un moment donné, il faut aussi payer les saillies et tous les frais. N’oublions pas, qu’avec ma femme, nous sommes éleveurs sans sol. Et on passe aussi en vente, chez Arqana Trot, Petrus de Faël par Idéal du Pommeau et Candy de Faël (Jasmin de Flore). Donc, je vends de temps en temps. Comme je l’ai fait par exemple avec mes amis de courses automobiles. Cela permet aussi de partager des belles histoires.

La vitesse, c'est aujourd'hui la capacité à changer de vitesse en 50 mètres.

Dans le mix vitesse et tenue, comment arbitrez-vous ?
J.F.- Il faut les deux. Avec les chevaux qui n’ont pas de tenue, ce n’est pas facile. Et si vous interrogez Thierry (Duvaldestin), il va vous dire qu’il faut de la vitesse. Idao de Tillard a une vitesse folle. Et ce qu'il aime, ce sont les chevaux qui sont capables de changer de vitesse sur 200 mètres en fait. Aujourd’hui, il faut dureté et vitesse. Et quand on dit vitesse, ce n’est pas de savoir si un cheval peut boucler un parcours en 1’12 ou 1’11 mais d’avoir un cheval doté d’un changement de vitesse, capable de passer d’1’25 à 1’05 en l'espace de quelques dizaines de mètres. C'est ça la vitesse. Et c’est aussi le cœur des courses car cela nourrit la passion. La passion, c’est d’avoir plein de trucs à raconter et à vivre. Si c’est juste pour (passer) le poteau, cela n'en vaut pas la peine.

 


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