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La trajectoire singulière de Liberté de Choisel | LETROT
Analyse

La trajectoire singulière de Liberté de Choisel

06/02/2026 - GRAND FORMAT - 24H au Trot
Lauréate du Prix Bold Eagle pour son premier essai dans un Groupe I, Liberté de Choisel ne cesse de suivre une trajectoire ascensionnelle qui l’a propulsée vers les sommets en douze mois de temps seulement. Alors qu’elle sera au départ du Prix Ovide Moulinet (Groupe II), dimanche, pour sa dernière course du meeting d’hiver, Sylvain Dupont, le metteur au point de la jument de Jeff Viol, revient sur l’année passée et se projette sur celle à venir.
Liberté de Choisel Liberté de Choisel, lauréate du Prix Bold Eagle 2026 - © A. Zona/SETF
Anthony Barrier et Sylvain Dupont, plus que jamais unis - © Aprh Anthony Barrier et Sylvain Dupont, plus que jamais unis - © Aprh

L'entraîneur poursuit son debrief : "Le passage difficile a été de contrer Lombok Jiel où elle a dû faire trois cents mètres très, très vite. Si on laisse passer "Lombok", on peut penser qu’il va à son tour laisser se rabattre devant lui Liza Josselyn et on se retrouve sur une troisième ligne à la corde. Et là, on ne sait pas comment ça se passe. Et puis, ses adversaires connaissent ses qualités et qu’elle est capable d’aller devant. Ça compte aussi d'un point de vue tactique".

Comment va s'écrire la suite ?

Son nouveau statut de lauréate de Groupe I, Liberté de Choisel va l'étrenner dès dimanche dans le Prix Ovide Moulinet (Groupe II). "Ce n’est pas du tout dans ma manière de faire de courir à quinze jours d’intervalle, prévient Sylvain Dupont, mais on n’a pas le choix des engagements. Si elle ne court pas dimanche, son meeting d’hiver s’arrête là. Elle est souple et gaie le matin. Ses copains et copines de la génération sont dans le même cas." Alors qu'elle aura réellement 5 ans le 27 février, la jument de Jeff Viol est à l'aube d'une saison dont le prochain meeting d'hiver est déjà à l'esprit de son entraîneur. "On est obligés de penser au prochain Prix d’Amérique. Dire le contraire serait mentir, ne se cache-t-il pas. Quand on voit le palmarès du Prix Bold Eagle, il n’a sorti que des chevaux de haut niveau."


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Le chemin est long et va s'écrire au fil des mois. Une fois terminé le présent meeting d'hiver, le rendez-vous suivant est fixé le 11 avril dans le Prix Henri Levesque, un Groupe II réservée aux seules femelles. Et après ? "De toutes façons, elle n’aura droit qu’à de courtes vacances cet été. Avant de penser aux grandes échéances de l’hiver prochain, il y a le Critérium des 5 Ans. Maintenant, je me méfie toujours de l’été et des grosses chaleurs. On ne va pas pouvoir tout courir. Je ne voudrai pas lui faire du mal à courir tout l’été." Est-ce à dire que la décision forte de l'an dernier de faire l'impasse sur le Critérium des 4 Ans pourrait être dupliquée ? La force de l'exemple en quelque sorte. "Le Critérium est inscrit dans la logique, coupe Sylvain Dupont. Mais si la jument nous montre qu’elle est moins bien cet été, on sera à son écoute. On va être obligés de se donner des objectifs. À nous de suivre un programme tout en la respectant. Comme on l’a toujours fait. Tout choix est un renoncement comme pour le Critérium l'an dernier. Il fallait prendre une décision et s’y tenir. Ce que l’on a fait. On peut se dire qu’elle a gagné le "Bold Eagle" parce qu’elle a fait l’impasse sur le Critérium. Possiblement."

Pour atteindre les objectifs, l'entraîneur compte aussi sur l'évolution de la jument. "Physiquement, je ne suis pas sûr qu’elle soit arrivée à maturité, explique-t-il. Ce qui est surtout important est qu’elle n’évolue pas dans le mauvais sens mentalement. Même si elle n'a pas pris du tout ce côté-là, je crains toujours le côté paternel car Captain Sparrow était un cheval fougueux. C’est un travail quotidien à l'entraînement."

Un deuxième Groupe I différent
La satisfaction d'avoir remporté le deuxième Groupe I de sa carrière d'entraîneur s'est accompagnée de sensations nouvelles pour Sylvain Dupont ou tout au moins différentes que celles vécues il y a plus de quatre ans et demi quand il assistait à la victoire de Ce Bello Romain (Jam Pridem) dans le Kymi Grand Prix, son premier Groupe I. "À Kouvola, c'était l'époque du Covid, il n'y avait personne, rappelle-t-il. À Vincennes, j’ai partagé les émotions avec plus de monde. Il y a forcément de l’effervescence quand tu gagnes un Groupe I à Vincennes le week-end du Prix d’Amérique. C’est le plus grand moment de ma carrière."

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