"Égaler le record, puis le battre a été important, ne cache pas Éric Fournier. L'année dernière, sans quelques mésaventures, il était en mesure de l'améliorer et il est bien parti aussi cette année. J’espère qu’il le battra un jour."
Mais les sept ans en question ont fini peser. "La lassitude vient de plein de petites choses. Je m’imposais d’être là du 1er janvier au 31 décembre, je ne voulais pas m’accorder de vacances, raconte-t-il. Ce n’est pas parce qu’Éric prenait des vacances que je pouvais en prendre. Anthony avait besoin de moi ou Alan avec lequel je travaillais aussi les dernières années. Je voulais continuer d’être là pour eux à chaque instant. Après, c’est moi qui me l’infligeais. Et puis au bout d’un moment, peut-être aussi parce qu'on vieillit, des réflexions d’entraîneurs ou même de jockeys à la suite d’une petite déception vous touchent davantage." Le clap de fin de la période agent intervient alors.
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Entraîneur, un retour aux sources
S'il se voit revenir à l'entraînement, Éric Fournier envisage ce retour en tant que prestataire dans un premier temps. "À ce moment-là, Julien Cormy a arrêté son activité d'entraîneur pour l'Écurie Minier. Je me suis alors dit : pourquoi ne pas retenter ?" Et voilà comment il replonge dans une activité sur laquelle il n'avait jamais tiré un trait. "La difficulté du métier ne m'a en aucun cas freiné. Agent, j'entendais les réflexions d'entraîneurs qui disaient que je faisais un beau métier, que j’avais tout compris. Ça n'a pas été mon choix de me la couler douce quand j’ai décidé de devenir agent. Remettre les mains dans le cambouis me permet de montrer que je sais aussi quitter le confort et repartir au charbon. Les mêmes personnes disent maintenant de moi que je suis con d'avoir quitté ce métier d'agent. Les mêmes !", préfère s'en amuser Éric Fournier.
L'absence du contact quotidien avec le cheval manquait. "Agent, j’avais la compétition, mais la pression n'était pas la même. Quand vous êtes entraîneur, vous avez tellement de satisfactions de gagner une course et encore plus à Paris. Vous avez alors tout simplement l'impression d'exister, estime-t-il même. J'adore les chevaux. Je les aime même trop pour être un très bon entraîneur. Je ne dis surtout pas que les entraîneurs qui réussissent n'aiment pas leurs chevaux. Je dis juste que j'aime mes chevaux énormément."
"Quand vous êtes entraîneur, vous avez tellement de satisfactions de gagner une course et encore plus à Paris. Vous avez alors tout simplement l'impression d’exister." (Eric Fournier)
En l'espace d'un an, les chevaux de l'Écurie Minier sous sa responsabilité ont gagné 13 courses. "Depuis le début de l'année, on est repartis sur des bases plus concrètes, juge Éric Fournier. L'année 2024 a été moyenne, je dirais même moyenne moins. Depuis le début de la nouvelle saison, ça ne se passe pas trop mal. On a réduit la voilure. Aujourd’hui, l’effectif de chevaux à courir est d’une quinzaine, une trentaine au total avec les poulains." De quoi lui donner des premiers éléments réponses à ses attentes : "Je voulais recommencer quelque chose et me prouver à moi-même, et pourquoi pas aux autres, que je pouvais regagner des courses et pourquoi pas avoir un jour un très bon cheval, car c'est cela qui m'anime. Je parle d'un cheval de tiercé, pas d'un cheval de Groupe, un cheval de Grand National".
→ 163 courses
→ 13 victoires
→ 14 podiums supplémentaires
→ 225.965 €
(*) chiffres arrêtés au 21/02/25