Peut-on imaginer identifier des cas de dopages sans être en mesure d’identifier une molécule coupable ?
H.B.- Oui, c’est tout le champ ouvert par le recours à l’Intelligence Artificielle (IA) pour dépister des molécules inconnues. Inconnues dans le sens où elles ne sont pas encore référencées comme molécule d’intérêt. Grâce à l’IA, on est capable d’aller chercher dans des banques de données internationales très importantes par exemple.
Une lutte sous gouvernance conjointe
La lutte contre le dopage au sein des courses françaises mobilise tous les responsables de la filière hippique, combinant donc les Sociétés Mères, France Galop et la SETF, la FNCH et l’État, à travers le Service Central des Courses et Jeux rattaché à la direction centrale de la Police judiciaire. Cette organisation poursuit un objectif commun : garantir des courses intègres en s’appuyant sur une complémentarité entre régulation sportive, contrôle scientifique et enquête policière.
La lutte contre le dopage au sein des courses françaises mobilise tous les responsables de la filière hippique, combinant donc les Sociétés Mères, France Galop et la SETF, la FNCH et l’État, à travers le Service Central des Courses et Jeux rattaché à la direction centrale de la Police judiciaire. Cette organisation poursuit un objectif commun : garantir des courses intègres en s’appuyant sur une complémentarité entre régulation sportive, contrôle scientifique et enquête policière.
L’intérêt de l’IA n’est-il pas aussi de passer d’un contrôle nominal et ciblé vers un contrôle plus systémique qui mettrait en avant des anomalies ou des situations atypiques même si on ne sait rien de ces dernières ?
H.B.- Ce sont effectivement des évolutions et des choses dorénavant possibles. Cette démarche se systématise grâce à l’outil de l’IA. Il y a aussi un autre sujet en terme de contrôle antidopage sur lequel nous sommes très vigilants, c’est le dopage génétique.
Vous pouvez préciser ?
H.B.- On parle par exemple ici de détection de l’administration dans l’organisme d’une séquence artificielle d’ARN ou d’ADN, absente naturellement du génome, appelée transgène. La recherche sur ce sujet est là depuis longtemps. Elle continue et est indispensable y compris au niveau international avec d’importantes collaborations. Il y a déjà des dispositions qui sont entrées dans les codes (des courses) ou qui vont y entrer prochainement. C’est un domaine qui fait l’objet de nombreuses recherches actuellement. On peut parler ici d’un pan important de la lutte contre le dopage à l’avenir.
Un budget à plus de 10 M€
Le budget annuel consacré à ce dispositif est de 10,7 millions d’euros. Environ 4 millions d’euros sont dédiés aux missions de prélèvements et à la recherche, tandis que 6,7 millions d’euros sont consacrés au fonctionnement et au développement du laboratoire. Cet effort d’investissement, notamment dans les technologies de pointe, constitue un levier stratégique pour maintenir un haut niveau d’exigence, renforcer les capacités de détection et garantir la position de référence du modèle français à l’échelle internationale. "Ce montant est à périmètre constant et n'a pas baissé lors des dernières années, précise Hélène Bourguignon. On a vu circuler dans la presse des budgets bien supérieurs mais qui ne tenaient probablement pas compte des ressources propres du laboratoire qui possède ses propres clients."
Le budget annuel consacré à ce dispositif est de 10,7 millions d’euros. Environ 4 millions d’euros sont dédiés aux missions de prélèvements et à la recherche, tandis que 6,7 millions d’euros sont consacrés au fonctionnement et au développement du laboratoire. Cet effort d’investissement, notamment dans les technologies de pointe, constitue un levier stratégique pour maintenir un haut niveau d’exigence, renforcer les capacités de détection et garantir la position de référence du modèle français à l’échelle internationale. "Ce montant est à périmètre constant et n'a pas baissé lors des dernières années, précise Hélène Bourguignon. On a vu circuler dans la presse des budgets bien supérieurs mais qui ne tenaient probablement pas compte des ressources propres du laboratoire qui possède ses propres clients."
Est-ce que les nouveaux contrôles ne prennent pas la place d’anciens ? Comme un remplacement, laissant du coup la place à des molécules qu’on ne contrôlerait plus ?
H.B.- Non, absolument pas. C’est la particularité de notre activité. On fait toujours plus. On accumule. On détecte aujourd’hui plus de 1.600 molécules référencées avec des quantités de prélèvements (sang et/ou urine) de plus en plus faibles. Ce n’est pas parce qu’on développe de nouvelles pistes de recherche, comme avec le dopage génétique, qu’on abandonne les précédentes. Tout se surajoute. On est dans le "toujours plus". C’est de ce point de vue très différent du contrôle antidopage humain. En fonction des sports, on cible chez l’humain les contrôles sur différentes types de substances. La particularité chez les chevaux, c’est qu’on cherche tout, tout le temps, pour être sûr que les compétiteurs ont réalisé leur "performance naturelle".
La lutte antidopage est-elle une fin en soi ?
H.B.- Je dirais qu’elle s’inscrit dans un contexte plus vaste de bientraitance et de protection des chevaux. C’est cela que le grand public attend. Montrer qu’on exerce notre sport en respectant les chevaux. Et il faut pouvoir le prouver aux regards interrogateurs et/ou critiques. Il faut qu’on leur montre ce que l’on fait depuis longtemps et qu’on continue à faire, de mieux en mieux je pense. L’ensemble de cette problématique a toujours été majeure mais il exige une vigilance permanente. Le grand-public est très attentif à trois sujets qui nous concernent : les accidents, la bientraitance et la fin de vie des chevaux. À nous de répondre à ces trois sujets. Et c'est ce que participe à faire la lutte antidopage.
Un laboratoire français membre des "Big 4" du secteur
Le Laboratoire des Courses Hippiques est le cœur scientifique de la lutte antidopage en France, reconnu comme l’un des plus avancés au monde. Il est accrédité par le COFRAC selon la norme ISO 17025 et le référentiel ILAC G7. Il est également laboratoire de référence pour la Fédération Équestre Internationale depuis plus de dix ans et certifié par la Fédération Internationale des Autorités Hippiques depuis 2017. Il fait partie du cercle très restreint des quatre laboratoires de référence mondiaux possédant les deux habilitations, aux côtés des laboratoires japonais, britannique et hong-kongais. Il travaille avec près de 40 autorités hippiques étrangères qui lui confient les analyses de plus de 6.000 échantillons s’ajoutant à ceux français.
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