Dans la colonne des entraîneurs, Philippe Allaire est à la manœuvre dans la réussite de tous ces chevaux, dont il est parfois même le co-éleveur, et, en matière de croisements, ses étalons ne sont généralement pas loin. Les succès se partagent, équitablement, entre trot monté et trot attelé, avec pour trait commun la prime à la jeunesse. Les titres classiques de l’élevage Guay sont ainsi obtenus le plus souvent à 3 ans, voire à 2 ans, avec Filadonna, en Italie, ce qui n’exclut pas certaines carrières longues, à la Hohneck ou à la Izoard Védaquais. La façon de travailler de Philippe Allaire n’est évidemment pas étrangère à cette propension à s’exprimer précocement, mais celle-ci est également propre à la souche et aux étalons qu’on lui adjoint, génération après génération.
"C’est grâce à Philippe Allaire que nous sommes là, ainsi qu’à nos parents, qui sont à la base de l’élevage." (Stéphane Guay)
L’élevage Guay, aujourd’hui : dans la continuité familiale
L’élevage initié par Jean-Pierre Guay et son épouse, à Vaas, dans la Sarthe, entre Le Lude et Château-du-Loir, est, aujourd’hui, scindé en deux, ayant été repris, à l’issue d’une répartition des poulinières, par les deux fils de la maison, Jean-François et Stéphane. Ce dernier est resté à Vaas –dont, soit dit au passage, les habitants s’appellent les Védaquais, d’où le label choisi, hormis pour les élèves partagés avec Philippe Allaire, qui ont, la plupart du temps, des noms sans suffixe–, et a constitué l’Elevage Team Goirie, en référence au lieu-dit où prend place l’exploitation. C’est sous cette bannière qu’a été élevée Munhoa Védaquaise.
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En regard, Jean-François Guay s’est installé, avec son lot de juments, sur la commune avoisinante d’Aubigné-Racan, abandonnant, du coup, l’appellation "Védaquais". Dans les pas de leurs parents, les deux frères continuent de travailler étroitement avec Philippe Allaire. Comme le résumait Stéphane Guay, après le sacre de Munhoa Védaquaise, dimanche, dans 24H Au Trot : "Nous sommes associés avec Philippe Allaire sur pas mal de nos produits et c’est grâce à lui que nous sommes là. Mes parents sont à la base de l’élevage et c’est aussi grâce à eux et à tout ce qu’ils ont mis en place que nous continuons."
L’atout de l’inbreeding sur les femelles
Parmi les lauréats de Groupe I élevés par les Guay, deux sont le fruit d’inbreedings sur
Iluska ou sur sa fille,
Bamba de la Chaise. Il s’agit de
Dhikti Védaquais (4x3 sur Iluska) et de
Hudson Védaquais (3x3 sur
Bamba de la Chaise). Quant à
Munhoa Védaquaise, c’est sa mère,
Espella Vedaquaise, propre sœur de
Dhikti Védaquais, qui est consanguine sur
Iluska (4x3). Jean-François Guay soulignait, à ce sujet, dans "Province Courses L’Hebdo", en 2022 : "
Sur le plan génétique, la chance que nous avons est d’œuvrer sur une souche qui n’a cessé de s’épanouir, au fil des années, et qui produit des étalons. De la sorte, nous pouvons faire des inbreedings sur les femelles et nous ne nous en privons pas."
"La chance que nous avons est d’œuvrer sur une souche qui produit des étalons, ce qui nous permet de faire des inbreedings sur les femelles." (Jean-François Guay)
Munhoa Védaquaise en résumé
● 20 courses, 8 victoires, 4 places dans les trois premiers et 427.450 euros de gains.
● N’a couru qu'au monté, spécialité dans laquelle elle vient de signer son record de 1’10’’4, à l’occasion de son succès dans le Prix des Elites (Groupe I).
● Ses victoires de Groupe II et de Groupe III : Prix Camille de Wazières (Groupe II), Prix Lavater - Etrier 4 Ans Q3 (Groupe II), Prix Legoux-Longpré (Groupe III), Prix de Fontainebleau (Groupe III), Prix de Dozulé (Groupe III).
● N’a gagné qu’à Vincennes (x7) ou à Enghien.
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● Assez étrangement, elle est le seul produit de Ready Cash vainqueur de Groupe I pour l’élevage Guay.
● Sa mère, Espella Védaquaise 1’12’’ (Thorens Védaquais), gagnante de 4 courses et quintuple placée de Groupe, est inbred sur la matrone maison, Iluska (4x3). Il s’agit d’une propre sœur de Dhitki Védaquais 1’12’’ m., troisième de ce même Prix des Elites (Groupe I), en 2016, après s’être adjugé le Saint-Léger des Trotteurs (Groupe I). La jument compte un deuxième gagnant, au sein de sa production, en Nordland Vedaquais 1’15’’ (Gotland), lauréat de trois de ses cinq sorties, cette année, y compris à Vincennes, voilà peu. Elle a, ensuite, une pouliche de 2 ans, baptisée Orohena Vedaquaise (Hohneck), qui a été adjugée 32.000 euros, aux ventes de yearlings sélectionnés d’Arqana Trot, en 2025, sur une enchère de Sabine Kagebrant, et qui a été exportée en Suède. Sa pouliche yearling, par Brillantissime, Perella Vedaquaise, a été, en revanche, conservée et va être prochainement débourrée.
Billet à propos du Prix des Élites - par François Brohier
Nostalgie du Prix des Elites ancienne formule
Je dois avouer avoir conserver une certaine nostalgie de ce Prix des Elites d'autrefois, surtout, face à ce Prix des Elites actuel, plutôt orphelin, même s'il a sacré une grande championne en Munhoa Védaquaise.
C'était autrefois une épreuve des plus somptueuse de l'été, devant l'exitant suspense de son déroulement et le panache final réunis. Mais la nécessaire évolution est à reconnaître :
Masina à 5 ans devait rendre non pas 50 mètres mais 75 mètres ! J'ai ainsi remporté cette épreuve par deux fois avec Masina et Quovaria à 50 mètres, mais Fandango restera pour toujours le plus grand champion de l'épreuve, l'emportant à 3 ans, à 4 ans à 50 mètres et à 5 ans à 75 mètres.
Quand je pense qu'il n'a même plus son nom sur le programme de Paris-Vincennes. Ce Prix des Elites nouveau aurait pu s'appeler Prix Fandango.
Je crois aussi avoir participé au plus grand Prix des Elites en 1961. Les 3 premiers ou plutôt premières étaient ou allaient être chacune détentrice du Prix du Président de la République.
Excusez du peu :
1er : Ozo battant le record monté des 3 ans .
2ème : Noble Epine à 50 mètres, battant le record des 4 ans
3ème : Masina à 75 mètres ,battant le record général.
De plus, deux deviendront de futures gagnantes du Prix d'Amérique.
Ce que j'aurais apprécié, c'est que la grande journée de l'Etrier qui se profile en fin de saison et regroupant les 3 dites générations, s'appelle la journée des "Elites - Etrier".
Nostalgie, bien sûr, mais ce n'est pas interdit et ça ne coûte pas cher.
En revanche, je souhaite que le Prix d'Amérique reste le Prix d'Amérique et garde sa pureté sans l'ouvrir aux hongres comme je l'aurais préféré pour le Prix de l'Arc de Triomphe. Qu'on le veuille ou non, une castration est une transformation.