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Notre rétro 2024 : la saison de A à Z | LETROT
Un bilan 2024 en abécédaire

Notre rétro 2024 : la saison de A à Z

30/12/2024 - GRAND FORMAT - 24H au Trot
L'année 2024 va se clôturer dans quelques heures. Il est temps de se retourner sur les douze mois écoulés pour dresser un bilan et inventaire de la saison. En déroulant les lettres de l'alphabet, suivant le principe de l'abécédaire, nous vous proposons une sélection, forcément subjective, des moments, événements et acteurs/trices qui ont fait l'année. Voici notre premier volet, des lettres A à M.
© Bruno Vandevelde © Bruno Vandevelde

H

comme Horsy Dream. Il a été l'un des chevaux de l'année, portant au firmament la suprématie du Trotteur Français en Europe. Horsy Dream (Scipion Du Goutier) a plus qu'ébloui à Solvalla, survolant batterie et finale de l'Elitloppet (Gr.1) en temps record (1'08''0 la finale) ! Intouchable d'avril à août, il a décroché quatre Groupes 1 après un hiver manqué à cause de problèmes respiratoires. Après un printemps et un été au sommet, sa saison s’est interrompue dès la première quinzaine d’octobre en raison d’un problème de santé qui l’a écarté de la compétition depuis. Arraché brutalement aux siens au même moment, Sylvain François, un de ses coéleveurs et copropriétaires, n’aura pas eu l’occasion de revoir son champion en piste.

I

comme Idao de Tillard. La copie rendue par Idao de Tillard (Severino) au cours du meeting d’hiver 2023-2024 est parfaite, exceptionnelle même ! Alors qu’il n’a pas connu la défaite depuis le mois d’août précédent et fort de son succès dans le Critérium des 5 Ans, le champion dispute six courses, les remporte toutes et réalise une séquence fabuleuse en remportant successivement quatre Groupes 1 entre le 24 décembre 2023 et le 2 mars 2024, dont le Prix d’Amérique Legend Race et le Prix de France Speed Race dans un temps record (1’09’’4). Si la suite de sa saison n’a pas été aussi flamboyante, avec, notamment, un échec dans sa batterie qualificative de l’Elitloppet, ce qui montre toute la difficulté de se maintenir au plus haut niveau, le champion de Cyril Sevestre entraîné par Thierry Duvaldestin a pourtant bien marqué de son empreinte l’année 2024.

J

comme Jeux olympiques et paralympiques. La grande séquence festive et populaire de l'année en France, lancée par une explosive cérémonie d'ouverture, a donné à voir de sensationnels jeux équestres dans l'incroyable écrin des jardins du Château de Versailles. Le bilan français s'établit à deux podiums par équipe, en argent en concours complet et en bronze en saut d’obstacles. Côté courses, la directrice générale du PMU, Emmanuelle Malecaze-Doublet, estime "l’impact négatif des JO sur les enjeux hippiques à 35 M€".

K

comme Kalattine. C’est une histoire suisse dont l’Europe du trot est tombée sous le charme. Invaincue en 21 courses sur la piste d’Avenches, la suissesse Kalattine (Prodigious) se présente pour la première fois à l’étranger quand elle prend le départ le 27 septembre de l’une des deux batteries qualificatives au Grand Prix de l’UET à Vincennes. Ce soir-là, Krack Time Atout, double vainqueur de Groupes 1, doit sortir le grand jeu pour réussir à dominer du minimum la jument d’Henri Turrettini. Cette deuxième place lui ouvre néanmoins les portes de la finale. Même si, malheureusement, elle ne peut y défendre ses chances en se montrant nerveuse et fautive derrière l’autostart, l’aventure de Kalattine est l’une des belles histoires de l’année.

L

comme Lady d'Auvrecy. À la fin du mois de novembre, la blonde championne Lady d'Auvrecy (Dorenzo) s'est éteinte à l'âge de 25 ans. Sa carrière restera à jamais associée à celles de Sébastien Baude son driver attitré et Franck Harel son entraîneur. Cette gagnante du Critérium des 5 Ans (Gr.1) remportera aussi sur la place internationale le Grand Prix de Wallonie (Gr.1) à Mons et la Finale de la Coupe du Monde de Trot (Gr.1) disputée cette année-là, en 2006, à Kazan, au Tatarstan. Elle se retirera au haras avec des gains supérieurs à 1,4 million d'euros. Franck Harel dans son hommage nous avait dit : "C'était extraordinaire de pouvoir vivre de tels moments à ses côtés. Elle avait beaucoup de caractère et n'était pas simple à gérer (...) mais, en course, ce n'était plus la même. Elle n'était pas grande mais avait un cœur gros comme elle."

Une filière qui s’unit et agit avec cette solidarité, c’est exceptionnel. (Thibault Lamare)

M

comme manifestation. Le 7 novembre 2024, les rues de Paris sont gagnées par la manifestation du secteur des courses contre le projet de surtaxation des paris hippiques. Jamais en dehors des périodes de guerre mondiale et de pandémie, les courses n’avaient baissé le rideau comme en ce premier jeudi de novembre. Plusieurs milliers de manifestants venus de toute la France font de cette mobilisation une journée fondatrice afin d’obtenir des pouvoirs publics des garanties sur le développement de la filière. "Une filière qui s’unit et agit avec cette solidarité, c’est exceptionnel", juge Thibault Lamare, le porte-parole des professionnels. C’est aussi l’occasion de rappeler aux parlementaires que "la filière hippique est la seule filière associative où des bénévoles, des sociétés de courses jusqu’à la présidence, s’investissent pour créer de la valeur. Nous sommes une exception mondiale" comme le souligne Jean-Pierre Barjon, le Président de la SETF, lors de l’une de ses prises de parole.

N

pour Nodessa Josselyn. Mercredi 28 août, à 22h20, les enchères flambent autour du ring d'Arqana Trot à Deauville pour le lot 140. La yearling Nodessa Josselyn, née de deux vainqueurs du Prix d'Amérique, Ready Cash et Belina Josselyn, et propre sœur de celle qui est déjàla meilleure pouliche de sa génération, Liza Josselyn, fait tomber le marteau à 740.000 €. Nouveau record d'Europe sur le marché des yearlings. Les acheteurs sont une association animée par la team Martens-Farrugia, pour l'une des plus belles pages du livre généalogique du Trotteur Français, construite par la famille Bernard avec Pascal, désormais en timonier de l'élevage. Sous le coup de l'émotion, celui-ci commente : "C'est un moment magique qui me ramène cinquante ans en arrière, qui me fait penser à mon père, à tout ce qu'il a fait et ce que j'ai repris derrière lui sans rien connaître aux chevaux. Quand j'ai vu les chiffres monter, je ne comprenais pas bien parce que pour moi 500.000 €, c'était déjà extraordinaire".

0

comme or. Un sixième Sulky d’Or consécutif depuis 2019 pour le premier, un troisième Étrier d’Or après ceux de 2020 et 2021 pour le second. Eric Raffin et Mathieu Mottier sont de très solides leaders de leur catégorie respective. Le Vendéen a ainsi sensiblement approché son record de victoires au cours d’une année à l’attelé (291 vs 296 avant la dernière réunion de l'année) mais aussi au Combiné (346 vs 351) et réalise ainsi l’une de ses meilleures saisons, marquée aussi bien sûr par sa victoire dans l’Elitloppet avec Horsy Dream (Scipion du Goutier) et ses cinq succès de Groupe 1 en France. En l’absence prolongée de janvier à mai du double tenant du titre Alexandre Abrivard à la suite de son accident de la circulation, le Mayennais n’a jamais eu de rival capable de remettre en cause sa domination au monté et ce malgré quelques semaines de mises à pied. Son taux de réussite à la gagne de 22 % dans cette spécialité est un autre indicateur parlant d’une saison où, par ailleurs, son entraînement n’a jamais été aussi performant avec plus de cent gagnants.

P

comme Paris-Vincennes. Le renouvellement de la concession de l'hippodrome de Paris-Vincennes, pour une durée de trente ans, à compter du 1er janvier 2025, est le dossier du moment. Les échanges de la SETF et les différents services de la municipalité parisienne n'ont cessé sur le sujet depuis plus d'un an. Devant l’impossibilité pour les deux parties de naliser un accord ce 31 décembre, un avenant de huit mois jusqu’au 31 août 2025 a été convenu, portant la durée du bail en cours à cinquante ans et huit mois. Le président de la SETF, Jean-Pierre Barjon, relate dans un point sur ce dossier le 13 décembre dernier : "Nous faisons tout pour être en capacité que notre offre soit acceptable et acceptée. Mais plus nous avançons, plus nous mesurons la complexité du cahier des charges". Les montants en jeu seront déterminants avec notamment un loyer dans l'appel d'offre fixé à 5 M€ annuel, soit 300 M€ sur trente ans. "Notre travail est de présenter aux membres du Comité toutes les options possibles avec des perspectives, précise le président de la SETF avant d'ajouter. Évidemment, nous travaillons sur un plan B. Ce plan B, c’est Enghien." 2025 sera l'année du choix

Q

comme quatre pour le nombre de qualiés dans les Amérique Races. C’est la nouveauté de l’hiver 2024-2025. Exit les trois tickets qualicatifs, bonjour les quatre ! Soit une potentialité théorique de n’avoir que des chevaux qualiés au départ des nales des Amérique Races, à commencer bien sûr par le Prix d’Amérique Legend Race. Ce ne sera pas le cas en pratique cette année, Just Love You (Love You) étant devenue la première "double qualiée" après sa 4ème place dans le Prix de Bretagne-Amérique Races Q#1 et sa victoire dans le Prix Ténor de Baune-Amérique Races Q#4.

R

comme records. En cette année olympique, la devise hippique peut se résumer ainsi : toujours plus vite, plus vite, plus vite. Logique me direz-vous quand on parle de courses mais vertigineux quand même à la lecture des améliorations des différents records à tous les niveaux de compétition. Au sommet, rappelons donc au passage les explosions de chronos signés Vernissage Grif (Varenne) à l’attelé dans le Critérium de… Vitesse de la Côte d’Azur à Cagnes-sur-Mer, 1’08’’1 (sur 1.609m.) et Hanna Des Molles (Village Mystic) au monté, 1’09’’6 à Vincennes (2.175m.).

S

comme San Moteur Qualié pour le Prix d'Amérique Legend Race 2024 mais forfait trois semaines avant l'échéance en raison d'une fracture contractée au paddock, dont il s'est rapidement remis après une opération, le suédois San Moteur (Panne de Moteur) a connu une année pleine de hauts et de bas. Rapidement qualié pour le Prix d'Amérique 2025, en concluant 2ème du Prix de Bretagne Amérique Races Q#1 (Gr.2), le 17 novembre, et impressionnant lors de sa dernière victoire en Suède, le 14 décembre, il fera partie des favoris le 26 janvier prochain.

T

comme Tactical Landing. C’est la surprise de l’année. Cette offre exceptionnelle formulée par le syndicat de l’étalon américain Tactical Landing met à disposition assez de semence congelée de son champion pour saillir deux fois soixante poulinières françaises qui donneront naissance à des poulains enregistrés au livre généalogique du Trotteur Français. Le Comité a voté pour, 1.569 juments ont été retenues pour le tirage au sort et, le 11 décembre, les 60 premières heureuses élues ont été connues. Rendez-vous désormais en 2028 pour voir les premiers produits en piste.

U

comme Ua Uka. Elle aura été le joyau d’élevage de Jean-Yves Lecuyer, disparu le lundi 16 septembre, à l’âge de 84 ans. Le Manchois aura endossé tous les casquettes du trot, comme éleveur, propriétaire, entraîneur et driver. Sa grande oeuvre aura été de développer l’un des plus importants labels d’élevage national, du nom du haras familial du Vivier dont Ua Uka fut la pierre fondatrice, à l’origine de Hadol du Vivier, Fakir du Vivier, Cèdre du Vivier, Jet du Vivier et autres Hand du Vivier.

V

comme Vivid Wise As. Le crack italien a tiré sa révérence le 8 décembre dernier, à Florence, en s’offrant le Gran Premio Duomo (Gr.1). Il s’agissait là de sa 38ème victoire, la 22ème au plus haut niveau de compétition pour un total de 3.324.634€ de gains. Une légende du trot moderne qui restera comme l’un des rares (le dernier ?) à performer de l’âge de 2 ans à celui de 10. Bravissimo

W

comme Wicz. C’est le label de Martin Markiewicz, homme de conance de la structure des Rouges Terres et heureux éleveur de la lauréate du Critérium des Jeunes, La Joyeuse Wicz (Fabulous Wood). "Je suis venu pour un contrat de trois mois et je suis toujours là plus de quinze ans après", nous avait-il coné dans le cadre d’une interview touchante en début d’année. C’est une des belles histoires de l’année, d’autant que son driver Gwenn Junod remportait lui son premier Groupe 1 pour sa… première participation.

X

comme le facteur X. Quelle sera la bonne idée voire la lumineuse idée pour 2025 ? Il en faudra une, un facteur X qui permettra de redonner un souffle au pari hippique dont les derniers chiffres sont au rouge écarlate. Prudemment, les édiles de la SETF ont tablé sur des résultats en deçà des prévisions du PMU pour atterrir malgré tout à une situation bénéciaire en 2025 sans toucher aux allocations. Mais combien de temps cela peut-il durer ? Pour reprendre un titre de nos confrères de Jour de Galop : en 2025, le PMU est condamné à la relance.

Y

comme Yankee. Le modèle du nouveau sulky a fait fureur au second semestre 2024. Premier pilote à en avoir saisi les avantages et en avoir tiré le meilleur prot ? Le Sulky d’Or en personne, Éric Raffin. Avec une telle exposition, le sulky dit américain a fait des émules, beaucoup d’émules et le voici désormais devenu comme la norme ou presque. Certains parient qu’il y en aurait dix-huit au départ du Prix d’Amérique Legend Race 2025. Tout le monde pourrat-il rentrer sur la piste correctement ?

Z

comme ZeTURF. Annoncée en 2022 et conclue en septembre 2023 avec l'approbation de l'ANJ (Autorité nationale des jeux), l'acquisition de ZeTURF par la Française des Jeux (FDJ) est devenue en 2024, et en année pleine, une nouvelle donnée du paysage des acteurs des jeux hippiques. Et si dans ce nouveau contexte, l'opérateur online jouait pleinement le jeu de la transparence et afchait les montants de ses enjeux, comme le fait depuis toujours le PMU (sur le offline comme l'online) ?


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