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Romain Derieux décrypte son incroyable hiver cagnois | LETROT
Records de victoires

Romain Derieux décrypte son incroyable hiver cagnois

07/03/2026 - GRAND FORMAT - 24H au Trot
Nouveau détenteur des records de victoires comme driver et entraîneur en passant au-dessus de la barre des 40 gagnants, des scores qu’il peut encore améliorer d'ici la clôture du meeting mardi soir, Romain Derieux est le nouveau Roi de l'hiver à Cagnes-sur-Mer sur la lancée des trois dernières éditions. À la veille de la réunion du Grand Critérium de Vitesse de la Côte d'Azur, le Groupe 1 qu'il va tenter de remporter pour la première fois avec son champion Go On Boy, le professionnel de 41 ans confie son appréciation sur cet hiver à nul autre pareil, la logistique mise en place et ses espoirs de finir en apothéose cette séquence.
Romain Derieux - © Aprh Romain Derieux - © Aprh
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Depuis plusieurs années, François Dubaillay, qui habite à Cagnes, gère les arrivées et les départs et s’occupe des chevaux qui restent sur place quelques jours. Romain Derieux explique les raisons de ce choix : "C’est plus facile pour moi à gérer. Ce n’est pas possible de travailler à deux endroits différents. Tous mes chevaux travaillent à l’écurie. Par ailleurs, ils sont habitués à vivre dehors".
Cette organisation rodée dans laquelle les chevaux partent la veille de courir repose sur une noria de camions et donc des coûts supplémentaires. "Je trouve facile à expliquer à mes clients qu'il il vaut mieux aller gagner une course à Cagnes et payer 600 € de transport que d’être cinquième à Vincennes sans coût de transport", justifie-t-il. Trois de ses employés se partagent les déplacements. "Cet hiver, j’ai aussi un peu plus fait appel aux transporteurs en couplant deux réunions, ce qui permettait de faire un gros camion. Il est important que les chevaux voyagent bien. Le transport est l’un des maillons de la chaîne. Or, chaque détail compte pour gagner une course. C'est pourquoi je suis très pointilleux sur les détails." Romain Derieux fait la navette depuis l'aéroport d'Orly situé à une trentaine de kilomètres de l'écurie, ce qui lui permet d'être le matin sur ses pistes pour travailler ses chevaux.
Une piste, des repères et des records
Dès les premières années de son installation, en 2007, Romain Derieux n'a pas hésité à venir courir à Cagnes-sur-Mer. "Depuis, j’ai mes repères, ce qui met forcément en confiance, apprécie-t-il. Les bons chevaux peuvent s'exprimer. C’est une piste que j’aime bien aussi pour débuter les poulains avec ses grandes aires de départ où il y a de la place. C’est bien pour leur apprendre." Cela contribue à battre des records. Avec les réserves d'usage qu'il ne manque pas d'apporter : "Quand en début de meeting, vous regardez le record qui est de 35 victoires pour les entraîneurs et 37 pour les drivers, vous vous dites que ça paraît impossible à atteindre, sachant en plus que je n’ai pas cent chevaux à l’entraînement et que je n’ai pas fait non plus toutes les réunions. Je me doute que j’ai un bon pourcentage de réussite. Mais vous m’apprenez qu’il est de 40 % à la gagne et plus de 60 % sur le podium. Ces records sont une fierté. C’est le succès de toute une équipe".
Go On Boy au diapason ?
Et si cet hiver cagnois était aussi celui de Go On Boy (Password) dans le Grand Critérium de Vitesse de la Côte d'Azur (Groupe 1) qui se refuse à lui depuis trois ans ? "Le n°4 fait partie des meilleurs sur ce parcours. "Go" a réalisé une grande performance dans le Prix de France en étant ferré comme il le sera dimanche. Il est au moins aussi bien qu’avant le Prix de France. Ce serait une forme d’apothéose de gagner le Critérium surtout après un tel meeting."
L'anecdote
Il faut croire qu'un lien particulier unit l'hippodrome de Cagnes et Romain Derieux. Un lien qui trouve son origine quand il était apprenti. "J’y ai gagné ma première course attelé quand j’étais apprenti avec une jument qui appartenait à mes parents et s’appelait Grège. C’est la première fois que je courais là-bas. C’était peut-être un signe", s'en amuse-t-il vingt-cinq ans plus tard.

Numéro un aussi au national
La réussite cagnoise de Romain Derieux a aussi des répercussions au plan national. La preuve, il occupe la première place du classement des entraîneurs au nombre de victoires (38). "Être numéro un au plan national est marrant", réagit-il. Juste marrant ? "Avant le coup, cela ne paraît pas envisageable ou alors le 1er janvier, sourit-il. Arrivé à l’être au début mars devant Thierry Duvaldestin, ça paraît impossible. En ce moment, je n’ai que des chevaux prêts."
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