À quelques jours du Prix de Washington, qui marquera samedi à Enghien le retour de Go On Boy (Password), Romain Derieux fait le point sur la forme de son champion, revient sur les sensations d'une finale d'Elitloppet 2026 hors norme, et évoque son programme estival, entre Cagnes-sur-Mer et UET Elite Master de l'automne.
Une troisième place avec un tel chrono est-elle plus forte qu'une victoire ?
Non, une victoire c'est une victoire, une troisième place, c'est une troisième. On ne parle que du gagnant, pas des deuxièmes et des troisièmes. Mais en tout cas, moi j'étais très content, je n'avais aucun regret et j'étais très satisfait de mon cheval après la course.
Parlons de la gagnante, Allegiant. Qu'est-ce que sa performance vous inspire-t-elle ?
C'est une jument qui venait des États-Unis, donc elle était habituée à ce genre d'exercice. Elle réalise une performance exceptionnelle : elle n'a pas fait la batterie à proprement parler, elle a couru petit bras et a eu la chance de se qualifier dans les dernières foulées, grâce à la faute de Gio Cash. Sinon, elle n'était pas qualifiée et n'aurait pas disputé la finale. Ils ont tout misé sur la finale, l'entraîneur a dû bien préparer ça, avec un déferrage inédit là-bas. Et le driver est très fort, on le connaît. Reste à voir quand elle va recourir, mais toujours est-il qu'elle l'a emporté. Ce serait une attraction de la revoir, il faudrait qu'elle confirme.
Comment gérerez-vous la suite de sa saison ? L'UET Elite Masters reste-t-il un objectif ?
Oui, le plan est de passer par le Prix de Washington donc. Ensuite, dans l'idée, c'est d'aller à Cagnes fin août. Il y a Mons au mois de septembre, puis la Finale de l'UET au mois d'octobre en Italie. Ça fera un bon programme, d'autant qu'il est bien placé dans les points en Italie, ce qui permet de choisir un bon numéro de corde. Ça peut être pas mal.
Et le meeting d'hiver sera-t-il encore d'actualité l'hiver prochain ?
Il va prendre 11 ans, donc on va voir. Mais si le cheval est bien, il suivra le même plan que d'habitude.
Votre actualité c'est aussi le meeting de Cagnes-sur-Mer. Comment abordez-vous cette échéance ?
Normalement, les chevaux y vont quand ils sont prêts, quand ils ont de bonnes courses. C'est un meeting auquel je participe activement chaque année. Je ne suis pas trop porté sur la Normandie donc j'aime bien aller à Cagnes. J'ai pas mal de jeunes à débuter, ce sont ces chevaux-là qui auront des courses, et puis quelques autres. J'espère qu'on sera compétitif.
Combien de chevaux enverrez-vous là-bas ?
Il n'y a pas vraiment de nombre défini. J'ai en permanence 40 chevaux à l'entraînement : ceux qui ont des courses à Cagnes y vont, ceux qui ont de meilleures opportunités ailleurs restent ici. C'est vraiment au coup par coup. Il y a un cheval comme Nadir (Dijon) que j'ai préservé pour la Coupe, un petit poulain que j'aime bien, et puis Go On Boy ira sur le Grand Prix le dernier jour.
Vos statistiques cette saison sont impressionnantes. Vous attachez-vous à les entretenir ?
J'aime bien aller aux courses pour gagner, forcément. Je n'aime pas y aller pour être 8ème... Et c'est sûr que quand on gagne des courses, on a envie d'en gagner encore, c'est un cercle un peu vicieux ou vertueux... Et dans les moments difficiles, avoir de bonnes passes, ça fait vraiment du bien.