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Un Saint-Léger des Trotteurs à entrées multiples | LETROT
Classique

Un Saint-Léger des Trotteurs à entrées multiples

09/10/2026 - GRAND FORMAT - 24H au Trot
Le Saint-Léger des Trotteurs (Groupe 1), programmé samedi, à Caen, est une compétition historique, créée en 1878, sous l’appellation de Saint-Léger du Demi-Sang. Son nom est tiré du St. Leger anglais, appliqué aux pur-sang, course classique par excellence, participant de la Triple Couronne britannique, dont les deux premières manches sont les Deux Mille Guinées et le Derby. On conviendra qu’on ne peut être né sous de meilleurs auspices. En guise d’illustration, la course de samedi s’annonce passionnante, riche en partants et à entrées multiples quant aux possibilités générées.
Nikita des Charmes lors de sa dernière victoire - © ScoopDyga Nikita des Charmes lors de sa dernière victoire - © ScoopDyga
©24h le Mag ©24h le Mag

Des débutants aux dents longues

Le Saint-Léger des Trotteurs a parfois souri à des débutants dans la spécialité. C’est le profil de quatre des prétendants à la présente édition, à savoir, dans l’ordre du programme, Norman Pierji (Face Time Bourbon), Nobel Speed (Hooker Berry), Nuevo Cash (Ready Cash) et Nelson Emge (Hohneck). Deux d’entre eux, Norman Pierji et Nuevo Cash, sont alignés par Thierry Duvaldestin, deux fois au palmarès du classique normand, notamment avec Return Money (Corot), en 2008, qui était, précisément, néophyte dans la spécialité, lors de ce succès, mais, en revanche, très expérimentée à l’attelage, jusqu’au plus haut niveau. En 2022, J’Aime le Foot (Boccador De Simm) débuta, pareillement, victorieusement, monté, pour Philippe Allaire, avant que Memphis de Brassé (Gotland) fasse de même, en 2025, pour Simon Rousselle. La mission est donc loin d’être impossible pour le quatuor précité, d’autant que la classe d’attelage des uns et des autres ne fait pas de doute.
Norman Pierji et Nuevo Cash, sont alignés par Thierry Duvaldestin, deux fois au palmarès du classique normand, notamment avec Return Money

Le challenge de Ninja de l’Envol

En parallèle, il ne faut pas oublier, évidemment, la présence des deux concurrents les plus chevronnés dans le registre de l’Étrier. Ils sont aussi les plus riches au départ, s’agissant des deux premiers du Prix d’Essai-Étrier 3 Ans Finale (Groupe 1), Ninja de l'Envol (Uriel Speed) et Nickel de Baille (Galius). Il va de soi qu’ils ont une belle carte à jouer. Il y a, qui plus est, un vrai challenge pour Ninja de l’Envol, qui, s’il venait à l’emporter, serait le premier à réussir le doublé du Prix d’Essai et du Saint-Léger depuis que les deux courses se disputent dans cet ordre et à quatre mois d’intervalle. Dans la précédente configuration, la passe de deux a été souvent réalisée, par les Gala Téjy (2019), Fado du Chêne (2018), Vanishing Point (2012), Philoténor (2006), Ivoire de Grammont (1999), Holly du Locton (1998), Gai Brillant (1997), Fine Perle (1996), Express Cat (1995), Speed Clayettois (1987), Quinze Janvier (1985), Mabrouka (1981), Laudanum (1980), Kiki de Feugères (1979), Jeune Orange (1978), Givre d’Argent (1975), Fondon (1974) et autres Alain D (1969). Liste non exhaustive et, pourtant, fort dense, qui souligne la moindre difficulté à doublonner, dès lors que les deux compétitions s’enchaînent d’un mois sur l’autre ou à peu près. Là, à distance, ce n’est plus la même affaire. Mais peut-être Ninja de l’Envol est-il sur le point de lancer le mouvement...
Chambon P - © Aprh Chambon P - © Aprh

Le Saint-Léger, en quatre tours de l’alphabet


● 1960 - Nicias Grandchamp
Représentant du comte de Montesson, remporte le Saint-Léger des Trotteurs, succédant à son père, l’exceptionnel Fandango, au palmarès du prestigieux classique, sous la férule de la même famille Gougeon. Nicias Grandchamp s’illustrera, ensuite, principalement, attelé, remportant le Critérium des 3 Ans, puis celui des 5 Ans, le Prix de l’Etoile et le Prix d’Atlantique, soit autant de Groupes 1. Il se placera également dans les Prix d’Amérique et de France. Etalon, il donnera le champion international Dauga, deux fois vainqueur du Grand Prix de Bavière, à Munich, en battant, tour à tour, Bellino II et Eléazar, deuxième du Grand Prix des Nations, à Milan, et troisième de l’Elitloppet, à Solvalla, ainsi que le précoce et talentueux Upsal du Pont, dauphin d’Une de Mai dans le Critérium des 3 Ans, après avoir gagné, dans l’autre spécialité, le classique Prix d’Essai.
● 1982 - Noiraud des Etangs (Darold II)
Il fournit le lauréat de cette édition, sous les couleurs de Simone Karle et l’entraînement d’Yves Portois. Il gagnera encore trois semi-classiques sous la selle et se placera dans le "Président", tout en s’orientant, principalement, vers le trot attelé, discipline dans laquelle il se classe troisième du Critérium des 5 Ans et quatrième du Critérium des 4 Ans. Sa mère, Chris des Etangs, n’est autre que la petite-fille d’une demi-sœur puînée de la phénoménale Gélinotte, dont l’un des produits phares, au haras, est Quiscale (Eboué Wilkes), deuxième du classique monté Prix de Vincennes ; or, ce Quiscale est l’auteur de Chris des Etangs, concentration de sang à la clef.
● 2004 - Noora de l’Iton (Workaholic)
Elle signe la huitième victoire de sa jeune carrière dans le classique normand, après avoir déjà enlevé quatre semi-classiques, tant attelée que montée, pour le compte de son éleveur, l’Écurie Pichonnière, et sous la coupe de Thierry Duvaldestin. Elle s’octroiera encore deux semi-classiques sous la selle, où elle sera aussi deuxième du classique Prix d’Essai. Cette pouliche précoce, exploitée à l’avenant par son mentor, a « qualifié », à ce jour, six de ses neuf produits en âge de l’être. Le meilleur d’entre eux est le hongre aux dix-sept victoires et aux 325.000 euros de gains, Favori de l’Iton (Jasmin de Flore). Son dernier produit répertorié est une pouliche yearling, par Gamay de l’Iton, baptisée Pléiade de l’Iton.
● 2026 - Lequel des seize candidats au titre enlèvera
la palme ?

Bien malin est celui qui peut le dire. Le Saint-Léger des Trotteurs demeure une compétition particulière, sur un parcours spécifique, à main droite, avec deux grandes lignes droites. Un profil d’hippodrome de galop, ce que fut, d’ailleurs, le champ de courses caennais des origines. Les surprises ne sont pas rares, à l’arrivée de ce classique, quoique la hiérarchie de la génération soit davantage établie, maintenant qu’il se dispute à l’automne. Car, auparavant, il intervenait au printemps, en première ou seconde position dans le circuit de sélection, alors même que les trotteurs montés en sont à leurs balbutiements (N.D.L.R. : pendant longtemps, le Prix d’Essai le précéda, se courant en avril, alors qu’on allait à Caen en juin, puis l’ordre fut inversé, le Saint-Léger se disputant en mai et le Prix d’Essai en juin). Aujourd’hui, le Saint-Léger est le trait d’union avec le Prix de Vincennes, au programme du début du meeting d’hiver. Depuis que le calendrier se décline de la sorte - c’est-à-dire à compter de 2022 -, aucun de ses vainqueurs n’a cependant brillé dans le championnat hivernal de la jeune génération sous la selle. Dans l’autre sens, il n’y a pas eu, non plus, de doublé avec le Prix d’Essai.
Les surprises ne sont pas rares, à l’arrivée de ce classique.

De pères en fils ou en filles : seul Chambon P…

Ils ne sont pas nombreux les étalons à avoir remporté le Saint-Léger des Trotteurs et à avoir eux-mêmes engendré un gagnant ou une gagnante de la course. C’est bien simple, depuis soixante ans, soit depuis 1966, il n’y en a qu’un qui y soit parvenu, à savoir l’étalon de tête Chambon P - dix fois numéro un de nos reproducteurs, entre 1981 et 1990, dans les pas de son père, Kerjacques (1970-1980) -, lauréat de l’épreuve en 1971 et père de Jeune Orange, héroïne de l’édition 1978. Cette année, seul Bird Parker (Ready Cash) est en lice pour pareille continuité : vainqueur en 2014, il délègue Newton Ellis à la conquête du trophée 2026.
depuis soixante ans, soit depuis 1966, il n’y en a qu’un qui y soit parvenu, à savoir l’étalon de tête Chambon P

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