©Scoopdyga - Diamant de Tréabat lors de son succès dans le Prix Gordonia, vendredi 15 octobre à Paris-Vincennes

Que ce soit du côté de son père, Kuadro Wild 1’13’’, ou de sa mère, Sud Africa 1’18’’ m., nulle trace de courants standardbreds récents. C’est si peu fréquent, de nos jours, que c’est à souligner. Au lieu de cela, en haut du pedigree, un Quadrophénio 1’13’’, un Minou du Donjon 1’11’’, un Sabi Pas 1’17’’, un Atus II 1’25’’… Et, en bas, un Urfist des Prés 1’14’’, un Vip Tilly 1’15’’, un Jet de Prapin 1’16’’, un Jamin 1’14’’… On croit remonter dans le temps, revenir à une autre époque. La réussite de Diamant de Tréabat est un bain de jouvence pour le trotteur français !

Diamant de Tréabat est le produit le plus riche de son père, Kuadro Wild, avant Be Cool d’Eb 1’11’’ (365.195 euros), autre hongre monté de qualité, comptant d’ailleurs parmi ses présents principaux rivaux, et la classique sous la selle AsadaTrembladaise 1’13’’ a.-m. (309.300 euros ; deuxième du Saint-Léger des Trotteurs). Elle aussi classique montée, Rêverie d’Ar 1’13’’ m. (243.860 euros) fait pareillement partie des meilleurs produits de Kuadro Wild, avec Viking du Pilet 1’12’’ (278.590 euros), Djembé d’Orgères 1’13’’ (265.060 euros) ou encore Speed Pacha 1’13’’ m. (249.210 euros). Kuadro Wild montra de la classe de bonne heure, aux soins de Didier Dauverné, gagnant quatre de ses cinq premières courses, au début de son année de 3 ans, puis se classant deuxième du semi-classique Prix Kalmia (Groupe II), entre Kaisy Dream et Koréan. Ainsi s’annonçait-il parmi les meilleurs de sa promotion, mais un problème de santé allait interrompre sa carrière pendant quinze mois et le stopper dans son élan. Il eut ensuite, en effet, du mal à se retrouver et, même s’il y parvint en partie – courant jusqu’à l’âge de 9 ans et signant, au total, seize victoires, y compris sous la selle ou bien sur l’herbe–, on ne peut s’empêcher de penser qu’il est passé à côté de son vrai palmarès. D’ailleurs, ses résultats au haras, intéressants à plus d’un titre –par exemple quant au gain moyen par produit qualifié, qui dépasse 50.000 euros–, viennent corroborer notre propos. Il est vrai que Quadrophénio, son père, fut lui-même un améliorateur et que son association avec une fille de Minou du Donjon avait déjà donné, l’année d’avant Kuadro Wild, le classique Joé l’Amoroso, lui-même bon étalon.

Le fruit de la conjugaison d’étalons améliorateurs

Sud Africa, la mère de Diamant de Tréabat, était entraînée par le même Pascal Monthulé qui veille sur le fils. En dix tentatives, à 3 et 4 ans, elle s’est placée sept fois, en province, se montrant régulière. Si elle avait pu poursuivre sa carrière plus longtemps, elle serait probablement parvenue à s’imposer. Poulinière, elle n’a eu que deux produits : Diamant de Tréabat et Ezel de Tréabat, un fils de Kallighan qui ne s’est pas qualifié. Sud Africa est par le semi-classique Urfist des Prés, un fils du champion de Georges Moreau, Borgia III 1’19’’ m., grand rival de Bellino II dans leurs jeunes années, vainqueur d’un Prix des Centaures et dauphin du crack de Maurice Macheret dans les Prix du Président de la République, de Normandie, des Elites et de Cornulier. Urfist des Prés s’est montré fort efficace à la reproduction, donnant : Quoumba de Guez 1’10’’ (1.192.469 euros), Nègre du Digeon 1’12’’ m. (1.140.806 euros), Rapide du Digeon 1’11’’ m. (885.622 euros), Fiesta d’Anjou 1’11’’ (854.705 euros), Ico Kiki 1’11’’ (670.110 euros), Shadow d’Odyssée 1’12’’ (501.410 euros)…

Or, il prolonge cette efficience en tant que pères de mères, rôle dans lequel on lui doit non seulement notre sujet, mais, pour n’en citer qu’un autre, l’excellent L’Océan d’Urfist 1’11’’ (773.199 euros). Sud Africa a une fratrie modeste. Sa mère, Henzolina 1’19’’, est par le classique Vip Tilly (Prix de Sélection, deuxième du Critérium des 3 Ans et troisième du Critérium des 4 Ans), petit-fils, à la fois, de Paléo 1’19’’ et de Chambon P 1’20’’, et Unité du Verger 1’26’’ m., compétitrice anonyme, mais poulinière assez influente, ancêtre également de la classique et véloce Renommée d’Obret 1’09’’ (huit victoires et 739.762 euros), lauréate du Championnat Européen (Groupe I), sur le mile, en Italie, et deuxième du Critérium des 5 Ans, entre autres.

Justice est faite !

Unité du Verger est elle-même par Jet de Prapin et Karina du Vicomte, une fille du crack Jamin et de Fralina 1’24’’ (Tiki R), laquelle se trouve être, par d’autres canaux, la grand-mère de la toute bonne Désirade des Feux 1’14’’ (dix victoires et 431.050 euros) et l’arrière-grand-mère des classiques Notre Haufor 1’11’’ (onze victoires et 730.390 euros), lauréat du Critérium des 5 Ans, puis deuxième du Prix de Paris, et Terre d’Haufor 1’14’’ m., placée du « Président ». Fralina est issue d’une soeur de Nystag 1’20’’ (Abner), qui fut deuxième du Prix de l’Etoile ou encore troisième du Critérium des 4 Ans et du Prix du Président de la République, et de Sétina 1’33’’ (Hermès D), aïeule du fameux champion au bonnet jaune Poroto 1’14’’, gagnant des Prix de Paris et de France, avant de se classer deuxième du quatrième Prix d’Amérique d’Ourasi. La souche remonte à la célèbre Justice (1931-Cormontreuil), arrière-grand-mère de Fralina et matrone de l’élevage Olry-Roederer, aux Rouges-Terres. De Justice descendent, en effet, pêle-mêle et sans prétendre être exhaustif, les Olinus 1’28’’ m. (Prix d’Essai), Karolyne 1’19’’ (Prix de Vincennes, Prix du Président de la République, Critérium Continental), Ricia 1’21’’ (Critérium des Jeunes), Ulric 1’18’’ m. (Prix de Normandie et des Elites), Agrippa 1’19’’ (Prix de Vincennes et des Centaures), Effiat 1’20’’ (Prix d’Essai), Greyhound 1’17’’ (père d’Ourasi), Œillet du Corta 1’18’’ (Critérium des 4 Ans), Derby du Gîte 1’11’’ (Critérium des Jeunes, Prix Capucine –aujourd’hui Prix Albert Viel–, Grand Prix de l’U.E.T.), Astor du Quenne 1’11’’ m. (Prix de Normandie), etc. À la lumière de cette énumération, reconnaissons que Diamant de Tréabat brille d’un tout autre éclat encore.

Un « Diamant » que l’on se partage

Diamant de Tréabat a été élevé en Ille-et-Vilaine, par Jean-Pierre Gicquel, au lieu-dit Tréabat, sur la commune de Sixt-sur-Aff, non loin de l’endroit où a grandi Clegs des Champs, chez les Vallée. Ceux-ci sont des amis, en fait, de Jean-Pierre Gicquel et il est amusant qu’il ne soit pas sans arriver aux deux chevaux de s’affronter ; au reste, ils devraient continuer de se croiser dans les semaines et les mois qui viennent, ayant un programme potentiellement similaire. Jean-Pierre Gicquel a conservé une partie de son cheval, dont il partage la propriété avec son entraîneur, Pascal Monthulé, installé en Mayenne, et avec Henri Béasse, breton d’origine, mais mayennais d’adoption, tenant un bar PMU, à Argentré.

©Scoopdyga - Fly Speed recueille de nombreux points positifs

L’INDICE FORME
Le profil idéal : Il ou elle a terminé dans les trois premiers à l’attelé lors de sa dernière sortie.
6 des 7 dernières étapes GNT disputées à La Capelle ont été enlevées par des trotteurs ayant ce profil. C’était le cas de Bachar, vainqueur surprise en 2019.
Edition 2021, ils présentent cette caractéristique : CRACK MONEYDELFINO
 
L’INDICE PREMIER POTEAU
Le profil idéal : Il ou elle fait partie des 6 chevaux les plus riches au premier poteau de départ.
4 des 6 derniers lauréats sur cette piste remplissaient ce critère. En 2012, 2018 et 2019, les couplés gagnants du GNT de La Capelle étaient composés de chevaux qui cochaient cette case.
Edition 2021, ils présentent cette caractéristique : CÉSARIO BELLODAYAN WINNERGOÛT BAROQUEDEGANAWIDAHFLY SPEEDDREAM CASH
 
L'INDICE DEUXIÈME POTEAU
Le profil idéal : Il ou elle reste sur un succès à l’attelé et s’élance au deuxième poteau de départ.
C’était vrai pour Quilon du Châtelet et Aubrion du Gers, respectivement vainqueurs à La Capelle en 2010 et 2016.
Edition 2021, il répond à ce critère : DELFINO
 
L’INDICE ÂGE
Le profil idéal : Il ou elle a 5 ou 6 ans.
Lors des 7 dernières étapes GNT courues à La Capelle, on recensait 5 couplés gagnants composés de chevaux de 5 et 6 ans.
Edition 2021, ils ont ce profil : FLY SPEED – GOÛT BAROQUE – FRIC DU CHÊNE FREEMAN DE HOUELLEFADO DU CHÊNE
 
L’INDICE FERRURE
Le profil idéal : Il ou elle est déferré(e) des 4 pieds et a terminé dans les 6 premiers lors de sa dernière sortie à l’attelé.
Depuis 2013, 10 des 15 chevaux ayant terminé sur le podium de l’étape de La Capelle remplissaient cette double condition.
Edition 2021, ils ont ce profil : DELFINO – DARLINGTON PARK
 
L’INDICE VICTOIRES
Le profil idéal : Lors de ses 10 dernières sorties, il ou elle s’est imposé(e) au moins à 3 reprises à l’attelé.
4 des 6 derniers lauréats du GNT à La Capelle avaient un tel bilan.
Edition 2021, ils présentent ce profil : FLY SPEED – EURO DU CHÊNE – DELFINO
 
L’INDICE LA CAPELLE 1
Le profil idéal : Il ou elle a déjà gagné à La Capelle
C’était notamment vrai pour Richmond Park, outsider lauréat de l’étape GNT sur cette piste en 2015.
Edition 2021, ils présentent ce profil : DARLINGTON PARK – CRACK MONEY
 
L’INDICE LA CAPELLE 2
Le profil idéal : Son driver a remporté l’une des sept dernières étapes GNT disputées à la Capelle.
Ils présentent cette caractéristique : FLY SPEED – GOÛT BAROQUE – BAD JULRY
 
SYNTHÈSE
Deux trotteurs se détachent légèrement au nombre de citations. Déjà vainqueur d’une étape dans le GNT 2021, FLY SPEED égale le total de l’excellent DELFINO (4 mentions chacun). Derrière ce tandem, GOÛT BAROQUE, très bien placé aux gains, détient une chance théorique évidente. CRACK MONEY, qui compte déjà un succès sur cette piste, semble en mesure d’augmenter son capital points au classement général du GNT (dont il est le leader), tout comme d’ailleurs DEGANAWIDAH. EURO DU CHÊNE et FRIC DU CHÊNE n’étaient pas loin de recueillir davantage d’indices favorables. S’élançant au premier poteau, DARLINGTON PARK et DAYAN WINNER pourraient étonner.

Consultez les partants de la 121e étape du Grand National du Trot Paris-Turf à La Capelle en cliquant ici.

©Gérard Forni - Charmant de Zack lors de son succès dans le Derby italien 2021

Article paru dans 24H au Trot - Retrouvez tous les numéros du quotidien en cliquant ici

Entre immense joie et déception. Telle pouvait être le mélange des sentiments de Marco Smorgon lorsque son représentant Charmant de Zack (Vivid Wise As) a remporté le 94e Derby italien, dimanche sur l'hippodrome romain de Capannelle. L'entraîneur avait dû laisser sa place dimanche au sulky de son champion - une première depuis ses débuts en compétition - à Antonio Di Nardo, l'actuel numéro 1 des pilotes transalpins. Et on apprend simultanément que Charmant de Zack voit son association de propriétaires changer avec des nouveaux membres décisionnaires qui pourraient enlever le cheval des boxes du professionnel. Difficile dans ces conditions de ne pas faire un point sur l'avant-course, la consécration et les relations qui unissent Marco Smorgon à la vedette dominicale. Et de parler aussi élevage puisque l'Italien a exploité le père et la mère de Charmant de Zack !

24H au trot.- Que dire de votre victoire ce lundi ?
Marco Smorgon.- C’est une victoire qui est très importante pour moi, d’autant plus qu’elle se positionne dans un moment pas facile. Elle vient récompenser le travail que toute mon équipe a réalisé en amont. Cette victoire est la confirmation que ce travail était le bon. On avait besoin de cette confirmation.
 
Pouvez-nous nous éclairer sur ce moment que vous qualifiez de « pas facile » ?
Le cheval a été vendu et je l’ai appris très récemment. Ce sont des choses pas faciles à accepter mais on a fait le mieux possible et tout s’est bien passé. On m’a dit que les propriétaires restaient associés pour le Derby et qu’ensuite, il y aurait de nouveaux propriétaires que je ne connaissais pas. On m’a aussi demandé de mettre un autre driver pour le Derby. C’est pourquoi Antonio Di Nardo était au sulky de Charmant de Zack dimanche. Il est la tête de liste italienne et le driver attitré des associés qui ont acheté le cheval. J’étais inquiet de changer le binôme que je formais avec mon cheval car c’est important surtout avec un jeune cheval. Cette demande des propriétaires n’était pas évidente à gérer. Je ne suis pas contre les catch-drivers mais casser une relation qui existe avec un tel cheval que je peux driver à la voix me paraissait compliqué.
 
Charmant de Zack semble en progrès permanents. Partagez-vous cette impression ?
J’ai façonné mon cheval un peu partout, en passant par des courses italiennes évidemment mais aussi françaises, à Vincennes et Enghien. J’ai fait des courses sages car le cheval n’avait pas de force. C’était un « gros bébé », un grand cheval qui allait aux coudes. J’ai toujours eu confiance en lui. Je l’ai couru à haut niveau mais il n’était pourtant pas forcément prêt pour jouer un premier rôle. On a fait un gros boulot, notamment au niveau de son mental.
 
Cette victoire est aussi liée à votre aventure avec Vivid Wise As, vous qui en avez été le premier entraîneur.
Tout à fait et c’est pour cela que ce Derby est encore plus fort pour moi. Vivid Wise As est parti de chez moi à l’âge de 3 ans après que je lui ai fait gagner trois Groupes I. J’ai supporté des choses pour le garder, comme un superviseur, mais cela n’a pas suffi et on me l’a retiré. Pour moi, il s’annonçait comme le meilleur cheval du monde. C’est un crack. Si sa santé suit et que les choses sont faites comme il faut, il peut encore gagner le Prix d’Amérique. Il a la moelle pour battre tous les champions européens.
 
Qu’est-ce qui vous lie encore un peu plus à Charmant de Zack ?
En fait, il est le résultat d’une longue histoire, d’une grande part de ma vie professionnelle, qui a commencé avec une association de petits propriétaires, la Trofal Stars. On trouvait dans cette association des commerçants d’une petite ville, des gens que je qualifierais de normaux. J’ai entraîné pour eux beaucoup de chevaux et on a gagné beaucoup de courses et des Groupes I. J’ai eu pour eux Fauve Grif (Viking Kronos) [N.D.L.R. : au début des années 2000] la grand-mère de Charmant de Zack, avec laquelle j’ai gagné Groupe I. J’ai ensuite entraîné les produits de Fauve Grif dont Martina Grif qui est devenue la mère de Charmant de Zack. Avec Martina, j’ai gagné à Vincennes. J’ai aussi formé et géré le début de carrière de Princess Grif, la propre sœur de Martina Grif. Je lui ai fait remporter le Prix Henri Cravoisier (Gr.3) en France avant qu'elle ne soit enlevée de mon entraînement. On sait que Princess Grif a des gains proches d’un million d’euros. J’ai donc eu la grand-mère, la mère et la tante de Charmant de Zack. Toute la souche a été exploitée par Marco Smorgon !
 
Et l’avenir maintenant ? Déjà, Charmant de Zack va-t-il quitter vos boxes ?
L’accord qui a été arrêté juste avant le Derby est que le cheval reste chez moi jusqu’au Prix Orsi Mangelli [N.D.L.R. : lundi 1er novembre]. Pour la suite, je suis encore dans l’inconnu. De mon côté, avec mon expérience de la vie et mes histoires du passé, je veux maintenant me projeter encore et toujours. Je veux faire de nouveaux champions pour l’avenir sans répéter ce qu'ont pu être mes erreurs du passé.
 
Vivid Wise As, l'étalon : des débuts au haras tonitruants
Le père de Charmant de Zack, le champion Vivid Wise As, connaît un départ en fanfare avec sa première production, née en 2018 (et donc âgée de 3 ans). Il a eu 52 produits répertoriés et 41 ont d’ores et déjà couru (soit 78,9 %). Avec d’emblée un vainqueur de Derby, le champion de l’Ecurie Bivans part sur les meilleures bases.
Vivid Wise As le compétiteur : toujours en grande forme, il devrait par ailleurs participer au Premio Nazioni (Gr.I), le 23 octobre à Milan avec Matthieu Abrivard à ses commandes.

©JLL-LeTROT

Voici un quiz exclusif de 10 questions sur le Grand National du Trot Paris-Turf et l'hippodrome de La Capelle. Quel score obtiendrez-vous ?

© G. Forni - Face Time Bourbon lors de sa victoire dans le Grand Prix de la Loterie, associé à Eric Raffin

Article paru dans 24H au Trot - Retrouvez tous les numéros du quotidien en cliquant ici

Pour remonter à Dimitria 1’15’’ (1969-Mario), dans le pedigree de Face Time Bourbon 1’09’’ (Ready Cash), on passe, successivement, par Vita Bourbon 1’12’’, Kaméra Bourbon 1’13’’, Etta Extra 1’18’’ et Une Crown 1’19’’, toutes quatre issues des meilleurs étalons, qu’il s’agisse de Love You 1’10’’, Cézio Josselyn 1’12’’, Florestan 1’15’’ ou Speedy Crown 1’12’’, lequel n’est autre que le père d’Une Crown. En effet, Dimitria eut celle-ci des œuvres du chef de race américain. C’était au cours de sa période suédoise, car Dimitria fut vendue en Suède, après avoir fait sa carrière de course sous l’entraînement français de Léopold Verroken, pour le compte du propriétaire et éleveur grec Constantin Goulandris, associé, en l’espèce, avec le courtier Bernard Zimmerman. Mario 1’20’’ m., le père de Dimitria, était un élève du Haras des Rouges-Terres, du temps où la famille Olry-Roederer orchestrait ce célèbre élevage. Fruit du rapprochement de deux étalons phares, Carioca II et Hernani III, il s’illustra dans les deux disciplines.

Dimitria ou l’explosive combinaison des Rouges-Terres et du sang américain

Restons encore sur Mario 1’20’’ m., le père de Dimitria. Il gagna notamment le Prix Octave Douesnel et se plaça dans les Prix de Normandie, de l’Ile-de-France et de Paris. Etalon au Pin, à la grande époque des Haras Nationaux, il y a connu une fort belle réussite, illustrée par Dimitria, mais encore par Vat 1’18’’ (Prix Capucine, aujourd’hui Prix Albert Viel, Prix de l’Etoile, Prix de Sélection, Gran Premio Europa, deuxième du Critérium des 3 Ans et du Critérium des 4 Ans, troisième du Critérium des 5 Ans), Aigle Noir 1’17’’ (Critérium des Jeunes, Prix Capucine, Critérium des 3 Ans, Prix de l’Ile-de-France, deuxième du Prix de Sélection, troisième du Prix de Cornulier), Ajaccien 1’19’’ m. (deuxième du Prix de Vincennes, troisième des Prix de Normandie et des Elites) ou bien Edomérica 1’18’’ (deuxième du Prix de Vincennes).

Dimitria appartient à une grande famille maternelle d’origine américaine. Sa grand-mère, Jonque 1’24’’ (Quiroga II), semi-classique, est inbred sur l’américain clandestin Calumet Delco (2x3) et est la trois quarts soeur du classique Banco III 1’19’’ (Critérium des 5 Ans, Prix de l’Etoile). La souche remonte à Anna Maloney (Sterling Hall), mère de la remarquable Amazone B 1’21’’ (Passeport), lauréate de deux Prix d’Amérique entre les deux guerres. Née en 1912, Anna Maloney était une arrière-petite-fille de Nancy Hanks (Happy Medium), qui fut une championne, aux Etats-Unis, à la fin du XIXe siècle, étant le premier cheval à passer sous la barre de 2’05’’ sur le mile, soit une réduction kilométrique de 1’17’’5, exceptionnelle à l’époque. Il y a donc, à la fois, beaucoup de sang américain et de vitesse dans le « papier » de Dimitria, laquelle fut d’ailleurs une jument rapide, qui préférait les pistes plates et ne montait pas trop bien la côte de Vincennes, alors plus marquée qu’elle peut l’être aujourd’hui.

L’exemple maternel va de la « Lotteria » à l’Elitloppet…

Son premier succès au plus haut niveau, Dimitria l’a cependant obtenu sur l’hippodrome du Plateau de Gravelle. C’était le 19 février 1973, dans le Prix de Sélection. La fille de Mario avait tout juste 4 ans et elle s’élançait, comme quelques autres, cinquante mètres devant des aînés de la trempe de Buffet II, Bill D, Casdar ou encore Catharina. Bien partie, elle sera la seule, parmi les jeunes, à tenir tête aux « vieux », ne se laissant pas menacer par Buffet II, pourtant entreprenant depuis le dernier tournant, et gagnant, somme toute, nettement. Véloce, elle appréciait davantage le tracé court que le tracé long de Vincennes, même si elle fut troisième du Critérium des 5 Ans ou du Prix de Paris, par exemple. Il lui fallait surtout se montrer sage, ce qui n’était pas toujours le cas, car, si elle avait de la classe, elle n’était pas facile et il n’était pas rare de la voir se désunir. Peut-être, aussi, parce qu’elle avait un pied bot et en souffrait, ce que pointe notre collègue, Jacques Pauc, dans ses mémoires, « Cinquante ans de courses et de rencontres ».

L’âge venu, cette jument « près du sang », de grande taille – contrairement à sa glorieuse ancêtre, Nancy Hanks, décrite, par notre susnommé confrère, comme une petite pouliche élégante et racée, « toisant » à peine plus d’un mètre cinquante –, allait trouver à s’exprimer au mieux à l’international, sur les tracés plats. Elle y signera plusieurs victoires, en effet, dont deux majeures, dans le Grand Prix de la Loterie, à 6 ans, puis dans l’Elitloppet, à 7 ans. La « Lotteria » se disputait, à ce moment-là, au printemps, au début du mois d’avril, et Dimitria s’y présentait auréolée d’un récent succès dans le Grand Prix de la Côte d’Azur, à Turin. Lauréate de sa batterie, elle réédita dans la finale, gagnée, quasiment, de bout en bout, aux dépens d’un autre concurrent français, en l’occurrence Axius, dans le temps, alors record, de 1’16’’1.

Ainsi Face Time Bourbon a-t-il doublement imité son ancêtre, dimanche, non seulement en s’imposant, au même âge de 6 ans, mais en s’appropriant le présent meilleur temps de la course (1’10’’2). Pour bien faire et pour combler son entourage, il faudrait maintenant qu’il continue de suivre l’exemple maternel en allant chercher la consécration de l’Elitloppet, l’an prochain. On sait que c’est, avec le Prix d’Amérique, son objectif majeur pour les mois à venir et le coup paraît plus que jouable.

La branche française, encore plus étoffée que le rameau scandinave

Comme High Echelon, futur vainqueur du Prix d’Amérique, mais également du Critérium des 5 Ans, du Prix de l’Etoile, du Prix de Sélection, du Prix des Centaures et du Grand Critérium de Vitesse de la Côte d’Azur, Dimitria est passée en vente dans le cadre de la succession de Constantin Goulandris, en juillet 1978. Les deux chevaux ont fait afficher les deux prix les plus élevés de la vacation, la jument, pourtant présentée vide, atteignant le « top-price » à 300.000 francs (N.D.L.R. : environ 45.000 euros). A terme, sa destination était la Suède, où elle a essaimé, y compris au niveau des Groupes I, jusqu’à Policy of Truth 1’09’’ ou Princess Face 1’11’’, mais c’est la branche française, diffusant à partir d’Une Crown, qui est la plus étoffée, avec, outre Face Time Bourbon, les Mara Bourbon 1’10’’, Qualita Bourbon 1’12’’, Royal Crown 1’10’’, Sam Bourbon 1’11’’, Scala Bourbon 1’10’’, Tast of Bourbon 1’11’’, Fabulous Wood 1’12’’ et autres Follow You 1’11’’, pour ne citer qu’eux.

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