©Aprh - Flèche du Yucca fait sensation pour son entrée au niveau Groupe II

La moins riche des douze prétendantes de ce Prix Ariste Hémard sur les 2700 mètres de la Grande Piste, Flèche du Yucca était cependant la pouliche qui comptait le plus grand nombre de victoires. Au départ de son premier Groupe II, elle en totalisait en effet déjà dix, dont trois sur l’Hippodrome Paris-Vincennes. Certes, ses précédents succès avaient été obtenus à un niveau inférieur mais traduisaient une courbe ascendante, comme Jean-Philippe Dubois les aime avec ses chevaux. Reste que l’écart entre une course B comme elle venait d’en remporter une sur le même parcours dix jours plus tôt et un Groupe II est conséquent, surtout face à des pouliches plus endurcies et habituées à cette catégorie. C’était le cas entre autres de Fashion Queen et de Freyja du Pont.

C’est pourtant bien Flèche du Yucca qui a visé en plein cœur de la cible à l’issue d’un parcours où elle a été longtemps préservée avant d’être lancée par son driver à la sortie du tournant final. Meilleure finisseuse, cette fille de Prodigious a disposé sûrement de l’animatrice, Freyja du Pont, à plus de cent mètres de l’arrivée. « Elle est venue très vite pour prendre l’avantage et a regardé un peu ensuite », a commenté le driver lauréat sur le podium de la remise des prix. La troisième place de ce Groupe II est revenue à Féérie Wood.

Vingt-quatre heures après Face Time Bourbon dans le Prix Octave Douesnel, l’équivalent chez les mâles, ce Prix Ariste Hémard (voir le replay) consacre donc chez les femelles l’arrivée d’une nouvelle venue à ce niveau.

©JLL-LeTROT / Delia du Pommereux et Franck Nivard viennent dominer le duo Bold Eagle-Éric Raffin (à droite) aux abords du poteau

L’an dernier, dans le Grand Prix du Bourbonnais, Délia du Pommereux avait résisté jusqu’au bout à Bélina Josselyn, qui allait remporter quelques semaines plus tard le Grand Prix d’Amérique. Cette fois, elle a pris le meilleur dans les dernières battues sur Bold Eagle, double vainqueur du Grand Prix d’Amérique (2016 et 2017).

C’est ce dernier qui a animé l’épreuve en s’installant en tête dans la descente de la grande piste parisienne, à un peu moins de 2 000 mètres du but. Dans son dos, on trouvait Délia du Pommereux, en position idéale, comme aspirée par le trotteur français le plus riche en activité. Malgré la forte pression de plusieurs candidats dans la ligne d’arrivée, comme Billie de Montfort et Uza Josselyn, Bold Eagle tenait bon. Le succès s’offrait à lui, pour ses retrouvailles avec le top driver Eric Raffin,… jusqu’à ce que Délia du Pommereux ne sorte de la « boîte » et ne vienne le dominer quelques mètres avant la marque finale. Revoir la course.

La pensionnaire de Sylvain Roger assure grâce à cette victoire sa participation au prochain Grand Prix d’Amérique. C’est une étape importante dans sa préparation hivernale a reconnu son entraîneur au micro d’Equidia : « Elle est très bien partie et a donné un super coup de reins pour finir. Elle est revenue au top. L’an dernier, elle était peut-être prête un peu trop tôt et avait eu la gourme juste avant le Grand Prix d’Amérique dans lequel elle n’avait pu défendre ses chances normalement. Cette année, on va tout faire pour qu’elle arrive au mieux sur le grand rendez-vous. »

Dans le camp de Bold Eagle, le sourire était également de rigueur, d’autant plus que le champion avait connu dans l’heure précédant l’épreuve un souci de fer à un postérieur. Il avait alors boité quelques instants avant de retrouver toutes ses sensations et sa souplesse une fois le problème détecté et résolu. Pour son entraîneur, Sébastien Guarato, ce retour sur l’hippodrome Paris-Vincennes, après son périple canadien victorieux, est positif (sur Equidia) : « On est très contents. On avait prévu d’aller devant et cela s’est passé comme dans un rêve. Il est battu sur le poteau, c’est un peu dommage, mais tout est positif. » Bold Eagle et Billie de Montfort, deuxième et troisième, décrochent les deux autres tickets pour le Grand Prix d’Amérique. Pour eux, ils n’étaient pas nécessaires car leurs gains élevés leur assurent une place dans le casting du championnat international de la fin du mois de janvier.

©APRH - Face Time Bourbon n'a pas eu à forcer son talent pour remporter le Prix Octave Douesnel

Il a la réputation d’être le trotteur français le plus rapide sur une pointe de vitesse. Face Time Bourbon a joué à merveille de cette arme ce samedi sur l’Hippodrome Paris-Vincennes en accélérant subitement dans le dernier tournant. Jusque là, le chef de file de sa génération avait pu mener l’épreuve benoîtement, sans subir de pression démesurée de ses rivaux. Son principal opposant désigné, Falcao de Laurma, avait calqué sa course sur la sienne, le suivant comme son ombre. Il n’a pourtant pas pu participer à l’explication finale, en commettant la faute dans le dernier tournant, alors que le changement de rythme s’opèrait. Dès lors, l’horizon était encore plus dégagé pour Face Time Bourbon. Le valeureux Fakir du Lorault qui avait tenté de venir à ses côtés avant de pénétrer dans la ligne d’arrivée ne pouvait soutenir le rythme à la fin mais conservait aisément la deuxième place. L’entraîneur du lauréat, Sébastien Guarato, pouvait retrouver sa sérénité habituelle en commentant au micro d’Equidia : « Il y a toujours une pression particulière quand courent de tels chevaux. Cette fois, Face Time Bourbon a effectué un bon travail, un peu comme à la maison, et n’a pas eu à puiser dans ses réserves. Il n’a fait que 300 mètres de course. C’est évidemment important avant le Critérium Continental, son prochain objectif (NDLR : 22 décembre). »

En janvier, Face Time Bourbon n’aura que 5 ans et son entourage aura donc à décider s’il lance leur champion (ou non) dans un pari audacieux, celui d’affronter ses aînés dans le Grand Prix d’Amérique. En cas de succès dans la course qualificative de la fin du mois, ce sera très vraisemblablement le cas. Selon les données Tracking, le fils de Ready Cash (vainqueur de cette même course il y a dix ans) a bouclé ses derniers 500 mètres dans la réduction kilométrique de 1’07’’6, effectuant ses deux cents derniers mètres en 1’03’’5. On est là dans des chronos d’exception, accessibles à quelques trotteurs d’élite seulement.

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©Scoopdyga - Gangster du Wallon et Benjamin Rochard, un duo qui marche fort

Ce samedi 7 décembre restera gravé dans la mémoire de Damien Lecroq, l’entraîneur, Benjamin Rochard, le jockey, Erick et Charline Dewaele, les éleveurs, de Gangster du Wallon. Ce fils de Let’s Go Along fait partie des meilleurs éléments de la génération des 3 ans au trot monté. Mais il avait toujours trouvé jusqu’à maintenant un rival pour lui barrer le chemin de la victoire dans les meilleures épreuves, à l’image de sa 2ème place dans le Prix d’Essai (Groupe I) au mois de juin. L’attente pour son entourage aura été sûrement un peu trop longue à leur goût, mais Gangster du Wallon tient enfin son premier Groupe II - et donc eux aussi - à l’issue de ce Prix Raoul Ballière, privé de sa grandissime favorite Grâce de Faël dès les premiers mètres à la suite d’une longue faute.

Monté très patiemment par le jeune Benjamin Rochard, actuel 7ème au classement de l’Etrier d’Or avec 37 victoires, Gangster du Wallon a commencé à se rapprocher à l’intersection des pistes et s’est montré le plus fort à la fin aux dépens de Gladys des Plaines qui avait été la première à prendre la mesure de l’animatrice Gee. Vivement encouragé de la voix depuis les tribunes par tout son entourage, à commencer par un Damien Lecroq ému, Gangster du Wallon décroche donc son premier Groupe II à deux semaines du Prix de Vincennes, le dernier Classique de l’année au trot monté réservé aux 3 ans. D’ici-là, sa « team » va pouvoir savourer cette première et espérer peut-être encore mieux.

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©Scoopdyga - Jean Uroz ici à Cagnes après un succès d'un des chevaux importants dans sa carrière : Roller Quick

Jean Uroz savait que l’échéance de cette 1000ème victoire n’était plus très loin en cette fin d’année. Que celle-ci ait été obtenue avec sa compagne, Gisèle Ambrogio, qui possède le plus beau palmarès des drivers amateurs tricolores avec 528 succès, et dans la région du Sud-Est qu’il chérit avant tout, a une saveur particulière. « Beaucoup d’autres entraîneurs ont gagné mille courses avant moi qui y parviens à 66 ans, réagit-il. Mais pour une petite écurie comme la mienne qui tourne actuellement avec une quinzaine de chevaux et qui n’en a jamais eu plus de vingt-cinq, c’est bien. Je n’aime rien d’autre que de gagner avec un cheval courageux qui se surpasse pour réussir à passer le poteau en tête. »

C’est un long chemin qui a été celui de Jean Uroz depuis qu’il a découvert les chevaux alors qu’il était enfant dans la région bordelaise. Voisin de la famille Denéchère, il monte à cheval « dès l’âge de 9-10 ans ». Il en fera son métier. Après avoir travaillé plusieurs années pour Alain Roussel en région parisienne, il finit par s’installer définitivement dans le Vaucluse, une région qu’il découvre lors des meetings de Cagnes-sur-Mer. « Cagnes est mon hippodrome préféré. D’ailleurs, c’est là-bas que j’ai gagné quelques-unes de mes plus belles courses », rappelle celui qui participa aussi à un Grand Prix d’Amérique. Nous étions en 1984, année de la victoire de Lurabo dans une édition dont Jean Uroz prend le départ au sulky du cheval étranger Casino Hedevang. Sur l’hippodrome de la Côte d’Azur, Jean Uroz en a effet remporté avec Roller Quick les Prix de Joinville-le-Pont et le Grand Prix de Noël entre autres, soit quelques-unes aussi de ses 715 victoires comme driver.érer contrecarrer les ambitions de ses opposants.

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