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11/06/2019
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Les femmes dans les courses : un peu d'histoire

Les femmes au sommet de leur sport sont à l'honneur depuis vendredi dernier avec la Coupe du Monde féminine de football qui se déroule dans notre pays. L'occasion pour nous de rappeler comment la gent féminine a su également se faire sa place dans les courses au trot. Et là aussi on parle de pionnières.

Les femmes dans les courses : un peu d'histoire

 ©JLL-LeTROT

Vous avez peut-être entendu parler ces derniers jours du FC Féminin de Juvisy et de ses pionnières du foot féminin en France. "Le FC Féminin Juvisy, ou la preuve que la volonté de quelques passionnées, aidées par des décideurs locaux bienveillants, peut donner naissance à une utopie rayonnante", a-t-on pu lire dans les colonnes du Huffington Post le week-end dernier. Une description qui pourrait tout aussi bien s'appliquer à celles qui ont fait en sorte que les femmes trouvent leur place dans les courses au trot en France.

Et cette histoire a débuté quelques années seulement après que le 1er championnat de France de Footbal féminin ne soit reconnu officiellement. Six ans exactement, en 1977, quand Eliane de Bellaigue parvient à ses fins en faisant organiser la première course pour femmes sur l'hippodrome de la Côte d'Azur comme le rappelle cet article publié dans un magazine du Grand Prix d'Amérique.

Le nom d’Eliane de Bellaigue restera à jamais lié à la lutte pour la parité homme-femme dans le monde du trot. Femme énergique et esprit avantgardiste, elle a elle-même drivé à l'entraînement et n'admet pas que ses consœurs ne puissent le faire en course. A près de soixante-dix ans, elle va se lancer dans une étonnante croisade. 

Caractère énergique s'il en est, Eliane de Bellaigue ne supporte pas l'injustice et encore moins celle qui interdit aux femmes d'exercer les mêmes métiers que les hommes alors qu’elles éprouvent les mêmes passions. Son mari accède à la présidence de la S.E.C.F. en 1970 ; elle n’aura, pour sa part, de cesse que d’obtenir le droit pour les femmes à entrer dans la profession. Le Cercle des Cavalières du Trot de France (CCTF) est créé le 21 juin 1977. Tout naturellement, elle accepte, à la demande de Marie-Christine Joney-Weiss et d'Anne-Marie Laponche, d’en prendre la présidence. Une fonction qui n’aura rien d’honorifique ! Sillonnant la France entière, elle entame alors, dans tous les hippodromes, une campagne en faveur de l'autorisation de courir pour les membres du C.C.T.F. Les mentalités évoluent. Peu à peu, les femmes accèdent aux métiers qui leur étaient jusque là interdits. Le Cercle organise enfin sa première course à Cagnes-surMer le 5 août de la même année. L'histoire retiendra le nom de la gagnante, mademoiselle E. Laffay qui drive Genêt Royal. Eliane de Bellaigue ne s’arrête pas à cette première réussite : l’on doit pouvoir exercer tous les postes : entraîneur, driver, jockey... Deux ans plus tard, le 13 décembre 1979, Marie-Annick Dreux gagne au trot monté à Vincennes. Elle sera la première femme au départ d'un classique dans la spécialité et la première à disputer le Prix de Cornulier. Vers la même époque, Marie-Christine JoneyWeiss, après avoir collectionné les victoires en amateur (championne d'Europe en 1979 et championne du Monde en 1980), passe professionnelle. Elle devient ainsi la première femme à courir un tiercé à Vincennes dans lequel elle termine à la troisième place. En reconnaissance de son action remarquable de courage et de modernité, Eliane de Bellaigue se verra remettre des mains de Monsieur JeanPierre Launay la distinction de Chevalier de l'Ordre du Mérite Agricole, le 26 janvier 1986. Elle s'éteint en 1995. Clin d’œil de l’Histoire, cette même année, une jeune suédoise de trente-trois ans, Helen-Ann Johansson, remporte la plus prestigieuse de toutes les courses françaises, le Grand Prix d'Amérique, avec Ina Scot, à l'issue d'une remarquable course tactique digne des plus grands cracks.

Nous reviendrons dans un second volet sur les femmes ayant inscrit leur nom aux palmarès des plus grandes épreuves françaises. Mais avant cela revenons à leur place dans les courses au trot aujourd'hui. En 2018, voici le nombre de femmes recensées dans les différentes catégories de professions :

  • 533 jockeys (3174 hommes) / apprenties + professionnelles + amateurs
  • 148 entraîneurs (2014)
  • 670 propriétaires (3639)

Au fil des années, le rééquilibrage femmes-hommes à tous les échelons de la filière s'est donc confirmé. La féminisation des écuries de courses est passée du concept théorique à une réalité indiscutable comme le prouvent les chiffres de l'observatoire de l'Afasec 2018. Sur les 1695 salariés recensés dans les écuries de trot en 2017, 571 sont des femmes. Chez les plus jeunes apprentis (- de 18 ans), la parité est quasiment atteinte. Enfin dans les classes de l'École des Courses (gérée par l'Afasec), Didier Budka faisait remarquer à l'aube de la rentrée 2018-2019 que pour la première fois, les filles étaient plus nombreuses que les garçons. 

 

 

 

 

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