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24/06/2019
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Les "Bourbon" au sommet

Lauréate du Prix du Président de la République, Flèche Bourbon a de nouveau mis à l'honneur l'élevage des "Bourbon" dont Rainer Engelke est le le fondateur. Focus.

Les

©Scoopdyga - Rainer Engelke, l'homme des "Bourbon" ici aux côtés de Sébastien Guarato

Flèche Bourbon a brillamment remporté ce dimanche 23 juin le Prix du Président de la République, sa première course classique et dès sa deuxième tentative sous la selle. Si elle sacre ainsi le travail d'entraîneur et de metteur au point de Sébastien Guarato mais aussi la position de numéro 1 au monté d'Alexandre Abrivard en qualité de jockey, la fille de Saxo de Vandel met aussi en exergue l'élevage de Rainer Engelke l'homme des "Bourbon". Un label qui résonne avec l'actualité du trot par l'intermédiaire d'un autre récent vainqueur de Groupe I et grand espoir du trot pour le futur, Face Time Bourbon. Deux chevaux classiques dans une même génération pour un même élevage, voici une réussite assez exceptionnelle. Ces deux champions actuels prennent ainsi la suite d'autres trotteurs de très grand talent qui revendiquaient le même label : Mara Bourbon, Qualita Bourbon ou encore Scala Bourbon.

Dans un récent numéro de Trot Infos, l'homme du Haras de Saint-Martin avait ouvert ses portes pour expliquer, ses choix, ses ambitions, sa méthode. Extraits.

En 1989, Rainer Engelke achète à Françoise Laroche, la sœur de Jean-Pierre Dubois, le Haras de Saint-Martin, situé à Echauffour dans l’Orne, sur des terres vallonées connues pour la qualité de ses herbages, irrigués par de nombreuses sources et rivières (La Risle, La Touques). A quelques encablures, se trouvent les Haras de la Beauvoisinière et de La Gastine, anciens fiefs pur-sang devenus la propriété de Jean-Pierre Dubois et le haras des Authieux relancé par Elodie Mangeard de Barros, après avoir été développé par la famille Dejean et la famille Orly-Roederer.

Le site s’étend aujourd’hui sur 130 hectares d’herbage avec toutes les infrastructures appropriées (30 boxes, une piste de débourrage et de pré-entraînement) où cohabitent par rotation chevaux et bovins. Deux salariés travaillent à plein temps sur le haras, Aline Bouillard (élevage) et Franck Duval (débourrage) que Rainer Engelke tient à mettre en lumière, comme il l’a fait à l’issue du Critérium des 3 Ans, car « s’ils sont le plus souvent dans l’ombre, ce sont eux qui s’occupent des chevaux au quotidien, de leur naissance à leur départ à l’entraînement. Ils sont passionnés et d’une très grande compétence dans leur secteur respectif. Ce sont les chevilles ouvrières de la réussite du haras. »

Etta Extra est devenue la jument base du haras, celle que cherche à dénicher tout éleveur pour créer une souche. « J’exploite aujourd’hui six de ses filles ou petites-filles. Plus récemment, j’ai intégré deux autres souches. En faisant un échange avec Pascal Bernard, j’ai acquis Uzara Josselyn, malheureusement morte jeune suite à des coliques, la mère d’Electra Bourbon devenue poulinière et de Flèche Bourbon (8 courses, 7 victoires). Puis, j’ai pu acheter à Frédéric Sauque Urgentissime 1’13 (167 000 euros de gains) au terme de sa carrière de courses, juste avant que son frère Brillantissime n’entre en compétition avec le succès que l’on sait, tout comme Bold Eagle appartenant à la même famille maternelle. J’avais été d’ailleurs un moment co-propriétaire d’Hippodamia, la grand-mère de Bold Eagle, avant de faire la c… de revendre ma moitié à Jean-Etienne Dubois, après qu’elle ait donné Quai Bourbon 1’12 (193 000 euros).

Je veux me limiter à moins de dix juments pour ne pas perdre le contrôle, m’obligeant ainsi à sélectionner de manière toujours plus rigoureuse, même s’il est difficile de faire des choix. A cet égard, je suis adepte de l’adage de Tesio : si tu as une idée, il faut la tenter à trois reprises. »

Rainer Engelke a toujours cru aux vertus des inbreedings « qui sont à la base du pur sang », en recherchant par ailleurs à croiser les meilleurs sangs existant dans les deux stud-books afin de jouer sur la complémentarité entre les deux races. Cet effet d’hétérosis, bien connu en génétique animale et végétale, a pour conséquence d’obtenir un gain de performances chez les hybrides (lois de Mendel, Darwin).

« Evidemment, en sélectionnant de manière drastique, on augmente un peu ses chances. De l’élevage à la compétition de haut niveau, c’est toute une chaîne faite de multiples compétences. Il suffit d’un moindre grain de sable pour détruire le « bijou » que vous avez peut-être entre les mains. Pour faire tous ces sacrifices, il faut avoir la passion chevillée au corps, que l’on soit éleveur professionnel, entraîneur ou propriétaire.

Pourquoi Face Time Bourbon est-il aussi bon, alors qu’il avait pourtant connu un petit problème de santé foal, ayant souffert d’une petite fissure dans un pied, le condamnant à rester deux mois au boxe ? Comment imaginer que dans cette même génération, Etta Extra se mettrait aussi en vedette avec ses autres petits-fils, Fabulous Wood et Follow You, eux aussi signés Ready Cash ? Je suis comme Jean-Pierre Dubois, je sais que je ne sais rien.

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