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18/09/2020
Evenement
Club des propriétaires
Augustin Radu, le discret

Dans le cadre de la Journée Club des Propriétaires du 29 septembre à Paris-Vincennes, nous vous présentons différents acteurs des courses qui ont la chance de posséder un ou plusieurs trotteurs. Rencontre aujourd'hui avec Augustin Radu.

Augustin Radu, le discret

©DR- Partage et plaisir sont les crédos d'Augustin Radu en tant que propriétaire

Propriétaire au trot depuis 2015, Augustin Radu, chargé d'affaires dans une structure d'incubateur d'entreprises, ne cesse de connaître des joies hippiques. Gladys des Plaines, qui porte ses couleurs, a remporté en juin dernier le Groupe I Prix du Président de la République, puis le 31 août le Groupe II Prix Legoux-Longpré. 

La victoire de Gladys dans le Prix du Président de la République a-t-elle changé quelque chose dans votre vie ?
- Oui, je demande à ce qu'on me vouvoie et qu'on m'appelle Monsieur le Président. Pour un an ! (rires) Non non, pas du tout, cela n'a rien changé du tout, je suis bien sûr resté le même. La seule chose qui a changé, et pour vous donner un exemple concret, c'est le fait qu'on puisse me demander, comme quand je suis arrivé sur le parking des ventes de Deauville : « Alors, vous venez acheter la nouvelle Gladys ? » Je suis quelqu'un de plutôt discret, pas en recherche d'exposition particulière, je suis là pour prendre du plaisir à chaque course mais c'est vrai que les regards changent dans le milieu des courses. Les gens me reconnaissent. Lors de la dernière victoire de Gladys des Plaines, plusieurs personnes sont venues nous voir pour nous féliciter, arguant le fait que « ça fait du bien d'avoir des histoires comme celle-là, ça change. » On sait que Gladys a une cote de popularité sympathique. Pour moi, c'est inespéré, je suis entré par la toute petite porte, modestement et voilà où nous en sommes.
 
Et le propriétaire que vous êtes, cela a-t-il changé quelque chose ?
- Strictement rien ! Je n'ai absolument rien changé à ma discipline, à ma ligne de conduite vis-à-vis des chevaux et de ce qu'ils représentent pour moi. Ça doit rester avant tout et uniquement, étant donné mon profil de propriétaire, du fun, du plaisir et du partage avec les amis ! Dès que cela devient une contrainte, ce n'est pas envisageable. Et on parle de l'histoire de Gladys, mais on a aussi acheté un "H", pour une somme plus élevée, et il ne s'avère pas compétitif. C'est comme ça. Gladys nous fait rêver et d'autres peuvent nous faire descendre sur terre très vite. L'objectif prioritaire reste la volonté de partager avec des copains et notre entraîneur. On a gagné une belle somme d'argent dans le Président, on en est fiers, mais le piège serait justement de se lâcher et d'aller aux ventes pour en acheter trois ou quatre d'un seul coup. Aux dernières ventes, j'ai acquis un "Réal de Lou", Jewel Bond, en dépassant très légèrement notre plafond de 25 000 € : on a dû mettre 26 000€ pour l'avoir. Mais on reste dans notre gamme de prix sans nous laisser aller. Et en gardant la même dynamique puisqu'on sera plusieurs associés sur ce poulain. Autour de moi, il n'y a pas une personne qui connaît les courses à la base. Je les ai tous fait venir pour vivre l'aventure. Certains ne savaient qu'il y avait du monté et de l'attelé. Pour le bien de la filière, ramener de nouvelles personnes aux courses me semble aussi faire partie de notre devoir. On n'est pas que là pour prendre les allocations.
 
Avez-vous le sentiment d'être un ambassadeur du propriétariat ?
- Ambassadeur est un bien grand mot ! Jamais je n'aurai cette prétention, moi qui ai mes parents en Roumanie. D'ailleurs notez qu'ils regardent chacune des courses de Gladys en direct sur le site letrot.com. Ils se réunissent avec des amis et vivent cela à distance. On parle d'Eric Raffin et de Mathieu Mottier à Bucarest grâce à Gladys. C'est formidable pour eux et, pour moi, c'est génial. Même si mon père n'a pas vraiment apprécié que la pouliche se montre fautive à l'attelé cet été. Je lui ai expliqué que ce n'était pas l'objectif. Et que ce serait différent au monté... Mais pour revenir au sujet des propriétaires, je pense que nous sommes les plus à-même d'attirer de nouveaux investisseurs aux courses. Beaucoup des amis que j'ai amenés sur un hippodrome m'ont dit qu'ils voulaient prendre une petite part quand l'occasion se présenterait.
 
Avez-vous l'impression d'en apprendre plus sur les chevaux ?
- J'ai un cursus de cavalier et je connais un peu les chevaux à la base. En dressage, ma discipline de prédilection, on fait en sorte d'évoluer avec son monture. Là c'est différent, je ne peux que la voir. C'est passionnant de constater son physique évoluer notamment. Ses performances du moment pourraient nous donner envie d'aller toujours plus haut mais il faut la respecter. Alors on échange sur l'opportunité de courir le Cornulier ou pas. Je suis pour le respect de l'animal, pour les champions comme pour tous les chevaux. Je n'adhère pas au principe de « courir pour se faire plaisir ». Je pense qu'il faut réfléchir au plaisir que peut prendre le cheval dans la compétition. Comme dans tous les sports, pour donner le maximum, il doit y avoir une dimension plaisir. Ce n'est pas que du sur-entraînement physique, il y a aussi une démarche psychologique à entreprendre. Ça me fait penser à mon associé qui a une expression bien à lui pour encourager Gladys durant la course, il dit : « Vas-y ma fille, fais toi plaisir ! »
 
Article paru dans 24H au Trot du 9 septembre

Pour participer à la Journée Club des Propriétaires mardi 29 septembre à Paris-Vincennes, rendez-vous sur le site hippodrome-vincennes.com.

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