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27/02/2021
Course
Portrait
Italiano Vero ou la belle histoire de Gildo Carnesecca

Italiano Vero a terminé deuxième du Prix Comte Pierre de Montesson (Critérium des Jeunes), dimanche 21 février. C'est l'occasion de mettre en lumière Gildo Carnesecca, son éleveur et copropriétaire.

Italiano Vero ou la belle histoire de Gildo Carnesecca

©Scoopdyga - Italiano Vero

Originaire de la région parisienne, Gildo Carnesecca, installé en Normandie depuis plusieurs années, est l'éleveur et le propriétaire en association avec Philippe Allaire d'Italiano Vero. Le poulain est le premier produit de Baraka d'Henlou, placée du Prix de Normandie déjà pour le compte des deux hommes. Il avait déjà laissé une superbe impression lors de sa qualification à Caen, le 25 mai dernier. Le chrono de 1’16’’4, qui sera le plus rapide de cette génération à La Prairie jusqu’en septembre, était une indication. Mais la facilité avec laquelle ce fils de Ready Cash avait parcouru les 2 000 mètres était encore plus parlante. Et pour couronner le tout, le jugement rapporté dans les colonnes de Province Courses l’Hebdo de celui qui était à son sulky ce jour-là, son entraîneur Philippe Allaire, finissait de convaincre : « C’est mon meilleur dans cette génération, il a tout pour lui ». Neuf mois plus tard, les propos restent identiques et, plus important encore, ils se sont concrétisés en piste grâce à six succès, dont un Groupe II. Pourtant, les deux premières courses d’Italiano Vero se sont soldées par autant de disqualifications. Pas de quoi inquiéter Gildo Carnesecca son éleveur et propriétaire en association avec l’homme du Haras de Bouttemont. « Je suis dans les meilleures mains et je mesure la chance que j’ai. Les deux premières fois, à Laval et à Reims, cela s’était mal passé. Il était un peu vert, un peu perdu. Dans la foulée, Philippe a su faire les réglages qu’il fallait, en grand professionnel qu’il est, et le cheval a pu montrer son vrai visage », déclarait-il après la première victoire du meeting hivernal du poulain leader de sa génération. La confiance entre les deux hommes rime avant tout avec amitié, une amitié qui remonte à la fin des années 1990 après une rencontre due aux hasards de la vie.

Les courses d'abord par le jeu

Originaire du Blanc-Mesnil dans la banlieue parisienne, Gildo Carnesecca grandit auprès d’un père qui faisait son tiercé tous les dimanches et d’un voisin qui l’a initié aux chevaux et aux courses. « J’ai même « séché » les cours pour aller aux courses ! », confie-t-il. Il fréquente bien sûr Vincennes où, le jour du Prix du Président de la République 1998, il reconnaît Yoann Lavigne à la tête du vainqueur Gai Brillant. « Nous avions joué au foot ensemble, raconte celui qui est alors chef d’entreprise dans le négoce de l’acier. Je l’avais complètement perdu de vue, ne sachant pas qu’il travaillait dans le monde du cheval et, en l’espèce, chez Philippe Allaire. Yoann m’a invité à venir à Grosbois et, grâce à lui, j’ai fait la connaissance de Philippe. » A peu près à la même époque, Gildo Carnesecca a ses premiers chevaux en Normandie chez Edouard Charpentier via l’intermédiaire de Michel Pannier, qui lui vend Laura d’Etangville. Celle-ci se révèle être une très bonne compétitrice puisqu’elle remporte onze courses et prend plus de 150 000 €, dont la majorité avec Florence Lecellier, à laquelle Italiano Vero a rendu hommage en s’imposant dans le Prix Paul Viel quelques jours après sa disparition brutale, car le poulain est un petit-fils de Laura d’Etangville.

Conservée à l’élevage par son propriétaire, cette fille de Lutin d’Isigny a donné à ce jour à Gildo Carnesecca deux produits majeurs, avec Viking d'Henlou (Hand du Vivier) et Baraka d’Henlou (Diamant Gédé). Le label « Henlou » rend hommage à ses parents, Henri et Louise, aujourd’hui disparus.

Des liens d'amitié

Viking d'Henlou comme Baraka d'Henlou ont fait carrière chez Philippe Allaire, le premier sous ses couleurs, la seconde sous celles de son éleveur. Car depuis leur première rencontre à Grosbois, les deux hommes ont noué de véritables liens d'amitié. « Le courant est tout de suite passé entre nous. Au fil du temps, nous avons tissé des liens d’amitié très forts. C’est quelqu’un qui a non seulement de remarquables qualités professionnelles, mais des qualités humaines à l’avenant. Il est « cash », droit, entier… Nous nous ressemblons, avance Gildo Carnasecca. Je lui avais rendu service en lui achetant une jument et, quand je me suis retrouvé en difficulté, consécutivement à la crise économique de 2008, devant fermer mon entreprise, il a bien voulu prendre les produits de « Laura» et les essayer. » Philippe Allaire n'a pas eu à s'en plaindre. Viking d'Henlou s'est notamment adjugé un Groupe III et a gagné plus de 218 000 € de gains quand Baraka d'Henlou est lauréate de semi-classique (Prix Hervé Céran-Maillard) et placée du classique Prix de Normandie 2016 remporté par Bellissima France. « J’ai vécu avec elle des choses formidables, confiait encore l'éleveur-propriétaire au début de l'hiver dans Province Courses l'Hebdo. C’était l’aboutissement de mon rêve d’enfant, quand je me disais qu’un jour, j’aurai un cheval, qui, peut-être, gagnera une course, en province, à Paris… Et, là, d’un coup, avec « Baraka », j’arrivais au « top-niveau ». C’était fabuleux ! Comme quoi, tout le monde peut rêver. C’est la magie des courses, du trot en particulier. » Et le rêve se prolonge donc par le premier produit de Baraka d'Henlou, un fils de Ready Cash, sur lequel sont associés Philippe Allaire et Gildo Carnesecca alors que la jument n'a eu ensuite à ce jour qu'un seul autre produit, une femelle par Brillantissime nommée Keljula Zen. Le nom Italiano Vero signifie « Vrai Italien ». Philippe Allaire l’a lui-même choisi en référence aux origines italiennes du père de son ami, lequel avait choisi la nationalité française à l'âge de 18 ans.

Gildo Carnesecca a déjà confié ses espoirs de faire un jour du poulain un futur reproducteur : « Il aura un bagage génétique intéressant, avec l’assez rare Diamant Gédé pour père de mère. Cela permettra d’ouvrir les croisements et de sortir des sentiers battus. Je me souviens avoir choisi Diamant Gédé pour sa vélocité, sa promptitude à partir. Cela pour corriger ce qui était le défaut de Laura d’Etangville, une jument dure, à l’image de son père, Lutin d’Isigny, mais compliquée, s’élançant laborieusement. Le résultat a été plutôt réussi avec Baraka d’Henlou et Italiano Vero le confirme »

Article paru dans 24H au Trot

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