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30/11/2021
Course
ELEVAGE
Granvillaise Bleue, une "Brévol" après la lettre

Granvillaise Bleue 1’10’’ m. (Jag de Bellouet), lauréate du Groupe II Prix Edmond Henry, lundi 22 novembre, à Vincennes, entérine, ainsi, sa candidature au Prix de Cornulier (Gr.I). Si elle représente l’élevage et la casaque de Michel Gallier, elle est issue de la souche des « Brévol », initiée par André et Madeleine Fouquet, à Teurtheville-Bocage, dans la Manche, à partir d’Ivarosa 1’21’’ m. (1974-Ursin L), sa quatrième mère.

Granvillaise Bleue, une

©Scoopdyga - Granvillaise Bleue, ici lors de sa victoire dans le Prix Edmond Henry, le 22 novembre

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André Fouquet et son épouse ont développé leur élevage de chevaux dans les années 1970, au lieu-dit Brévolles, d’où, bien sûr, l’appellation choisie pour leurs élèves. C’est à l’automne 1974 qu’ils achètent, pour 7.000 francs seulement (N.D.L.R. : soit, en monnaie transformée, un peu plus de 1.000 euros), une pouliche de 6 mois, nommée Ivarosa. Ils font cette acquisition à l’amiable, sur les conseils d’un ami, Pierre Legreuley, qui entraînera la jument et lui fera gagner six courses, dont trois à Caen et une à Vincennes, montée. Ivarosa est une fille d’Ursin L 1’21’’, bon père de poulinières, et d'Adana B 1’23’’ m. (Nystag), dont descendent, par d’autres canaux, plusieurs éléments classiques.

Les éléments classiques dans la descendance d'Adana B

Les références classiques ne manquent pas dans la descendance d'Adana B. Citons Tina Chouan 1’17’’ a.-m., placée du Prix des Elites (Groupe I), Bolga 1’19’’ m., à l’arrivée du Prix de Vincennes (Groupe I), et Odessa du Vivier 1’13’’, deuxième du Critérium des Jeunes (Groupe I). Adana B est elle-même la sœur du bon Twist B II 1’18’’ (Horus L), deuxième des Grands Prix de Trot du Sud-Est et du Centre-Est ou encore quatrième du Prix de Washington, à Enghien, et est apparentée d’assez près au classique monté Uriage IV 1’21’’ m., qui remporta le semi-classique Prix Camille de Wazières, à 4 ans, après s’être classé troisième, à 3 ans, du Saint-Léger des Trotteurs (Groupe I).

Ivarosa avait montré de la vitesse et de la précocité, s’étant imposée à 2 ans, mais elle sut également durer, signant son record à 5 ans. Entrée au haras à 7 ans, où l’on conviendra que son bagage ne manquait pas d’attrait, elle y engendrera six vainqueurs, dont les deux meilleurs furent des produits de l’améliorateur fils de Kerjacques, Beauséjour II 1’18’’. Il y eut un mâle, d’abord, Quassia de Brévol 1’17’’, lauréat de dix courses, pour un peu plus de 50.000 euros, en monnaie convertie, puis une femelle, Toupie de Brévol 1’18’’, qui courut assez peu, mais signa six succès, parmi lesquels un à Vincennes, montée, et un autre à Enghien, attelée. Or, c’est de Toupie de Brévol que provient Granvillaise Bleue, sans oublier quelques autres, tout aussi notables.

Gentille de Brévol, le premier chef-d’œuvre d’Ivarosa

Ce sont, en vérité, les deux premiers produits de Toupie de Brévol qui retiennent principalement l’attention, soit, dans l’ordre chronologique, Folie de Brévol (Jet du Vivier) et Gentille de Brévol 1’12’’ (Viking’s Way). A tout seigneur, tout honneur, commençons par nous intéresser à celle-ci, qui fut une excellente compétitrice, aux soins d’Alain Laurent, ce dernier l’ayant louée à ses éleveurs. Gentille de Brévol gagna quatre tournois semi-classiques à 3 ans, à savoir les Prix Masina et Ozo, au premier semestre, puis les Prix Guy Deloison et Reine du Corta, lors du second semestre. Elle sera ensuite deuxième du Critérium des 3 Ans (Groupe I), entre Gavroche Perrine et Ganymède, et troisième, derrière eux, du Prix de Sélection (Groupe I). La suite fut moins brillante, la jument se lassant de Vincennes, mais obtenant cependant quelques résultats, sur piste plate, dans le Midi. Au sortir de sa carrière de course, au printemps de ses 7 ans, elle comptait huit victoires et plus de 400.000 euros de gains. Poulinière, elle mettra bas, au premier chef, avec le concours de l’étalon champion Coktail Jet, Tontine de Brévol 1’12’’, gagnante de sept courses et de 170.000 euros.

De Folie à Vittel et Granvillaise, en passant par Lady

En regard de sa soeur cadette, Folie de Brévol fait pâle figure, puisqu’elle est restée inédite, ne s’étant pas même qualifiée, et n’a donné qu’un modeste vainqueur en Junior de Brévol 1’19’’ (Nevaio). Il n’empêche qu’elle vaut par sa fille, Lady de Brévol 1’21’’ m. (Capriccio), compétitrice anonyme, mais poulinière hors pair, mère, à ce jour, de huit vainqueurs, dont deux classiques, nés des œuvres du même Jag de Bellouet 1’09’’, Vittel de Brévol 1’12’’ m. et Granvillaise Bleue. Vittel de Brévol est un gagnant du Prix de Normandie (Groupe I), sous les couleurs de Michel Gallier, qui a, plus tard, intégré Lady de Brévol au sein de son élevage et en a obtenu Granvillaise Bleue, double lauréate de Groupe II, à la faveur des Prix Xavier de Saint-Palais et Edmond Henry, et deux fois deuxième de Groupe I, à une semaine d’intervalle, l’été dernier, dans les Prix de Normandie (1-Gladys des Plaines) et des Elites (1-Girly Béco). La protégée de Pierre Levesque parviendra-t-elle, cet hiver, à s’octroyer, à son tour, son Groupe I, dans les pas de son propre frère aîné ? Pourquoi pas ? Elle a à sa disposition non seulement le « Cornulier », mais le Prix de l’Ile-de-France et le Prix des Centaures. Affaire à suivre.

Une affaire manchoise

Le département de la Manche est omniprésent dans la réussite de la bien nommée Granvillaise Bleue, qui y a été élevée et y est entraînée. La souche est, en outre, manchoise également, puisant à la source de l’élevage Fouquet, basé non loin de Cherbourg.

Des affinités avec Viking’s Way et son fils, Jag de Bellouet

En plus de Vittel de Brévol et Granvillaise Bleue, Lady de Brévol a procuré, pour citer ses deux autres vainqueurs majeurs, Suzette de Brévol 1’13’’ m. (Kaiser Sozé), gagnante de six courses et de 125.000 euros, et As de Brévol 1’13’’ (Opus Viervil), qui a signé neuf succès et amassé, pareillement, quelque 125.000 euros. Il y a une affinité de sang constatée avec Viking’s Way, dont tirent profit les uns et les autres de ceux qui exploitent la souche. De la sorte, Gentille de Brévol était une fille de Viking’s Way, tandis que Vittel de Brévol et Granvillaise Bleue sont par le fils de celui-ci, Jag de Bellouet, lequel est l’auteur d’Opus Viervil, père d’As de Brévol à l’instant évoqué. En prolongement, deux des trois derniers produits répertoriés de Lady de Brévol sont dans le moule : Hastoria Bleue 1’13’’, une « Jag de Bellouet » elle aussi, lauréate à Vincennes, et Islande Bleue, encore inédite et à qualifier, fille de Trésor Wic, lui-même par « Jag ». Le troisième, Jobalasko Bleu, s’en démarque, étant par Booster Winner (ascendance Love You-Coktail Jet) ; il est castré et d’ores et déjà qualifié, depuis cet été, mais n’a pas débuté.

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