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Flamme du Goutier : la grande témoin du temps
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24/01/2023
Course
Portrait
Flamme du Goutier : la grande témoin du temps

Flamme du Goutier 1’09’’ est une jument de challenge. En s’imposant pour la deuxième fois, consécutivement, dans le Prix de Cornulier, elle vient d’en réussir un, de taille. Un autre défi l’attend, dimanche, dans le Prix d’Amérique Legend Race, première Finale de la compétition Prix d'Amérique Races ZEturf. Un Prix d’Amérique qui place l’élevage de son propriétaire, Jean Cottin, au centre du jeu, dans la mesure où celui-ci est également à l’origine de Scipion du Goutier, le père d’Horsy Dream, appelé à être l’un des principaux rivaux de la championne de Thierry Duvaldestin dans la grande course.

Flamme du Goutier : la grande témoin du temps

©Scoopdyga

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C’est chose faite : Flamme du Goutier a rejoint, dans la légende du Prix de Cornulier, ses glorieuses aînées, Masina, lauréate en 1961 et en 1962, et Roxane Griff, à l’honneur en 2014 et en 2015. Ce sont là, en effet, depuis la création de la course, en 1931, les trois seules femelles à avoir réussi la passe de deux. Si on étend celle-ci aux mâles, la liste s’augmente d’une bonne dizaine de noms, à savoir ceux de Karnac (1938, 1939), Fandango (1953, 1954), Quérido II (1966, 1967), Tabriz (1968, 1969), Tidalium Pélo (1970, 1972), Fanacques (1977, 1979), Oligo (1986, 1987), Dream with Me (1997, 1998), First de Retz (2000, 2001), One du Rib (2007, 2010) et Bilibili (2019, 2020). Au-delà du doublé, il y a, cependant, le triplé, réalisé, jusqu’alors, par cinq champions, Souarus (1946, 1947, 1948), Gardon (1955, 1956, 1958), Bellino II (1973, 1975, 1976), Kaiser Trot (1981, 1982, 1984) et Jag de Bellouet (2004, 2005, 2006). Si Flamme du Goutier est encore de la partie l’an prochain, on sait donc le nouveau challenge qui l’attend : égaler le score des cinq que nous venons de citer et devenir, ce faisant, l’unique jument détentrice de trois « Cornulier ». Bien sûr, elle sera âgée de 9 ans, mais rien ne lui interdit d’être toujours à son meilleur niveau. A cet égard, Thierry Duvaldestin souligne, en substance : « On l’a préservée. Elle a relativement peu de courses au compteur, dénombrant cinquante-deux sorties. A son âge, ce n’est pas tellement. Et puis elle a monté les échelons très progressivement, n’étant confrontée aux meilleurs qu’à partir de ses 5 ans. Aussi, l’âge venu, est-elle en pleine possession de ses moyens, combative et dure comme jamais. »

Son challenge de l’an prochain : répéter la séquence de Jag de Bellouet

Si elle veut parvenir à entrer dans le cercle très fermé des triples vainqueurs du Prix de Cornulier, c’est, précisément, la séquence de Jag de Bellouet que Flamme du Goutier devra imiter, le crack de Christophe Gallier ayant remporté le championnat monté à 7 et 8 ans, comme elle, puis à 9 ans. En regard, les autres auteurs de la passe de trois ont commencé l’œuvre plus jeunes, à 5 ans, pour ce qui est de Gardon et Kaiser Trot, et à 6 ans, quant à Souarus et Bellino II. Ce dernier la parachèvera, toutefois, à 9 ans, car devant s’incliner, à 7 ans, en 1974, face à Cette Histoire.

Le défi américain

Mais, dès dimanche prochain, une nouvelle gageure est possible pour Flamme du Goutier : s’octroyer le Prix d’Amérique, après le Prix de Cornulier. Pourquoi pas ? Sa classe d’attelage a peu à envier à ses capacités sous la selle. Evidemment, pour l’heure, c’est montée qu’elle a signé ses exploits, mais aguerrie, endurcie, pugnace – « C’est une vraie guerrière ! », a dit d’elle son jockey, Mathieu Mottier, qui la découvrait en compétition, dimanche–, elle a le profil américain. Pour autant, son entraîneur ne se met pas de pression : « Maintenant, c’est du bonus ! », s’est-il exclamé, dimanche soir, sur Equidia. Une façon, aussi, de faire en sorte que son fils, Théo, qui sera au sulky de la jument en fin de semaine, demeure détendu, décontracté. Il n’y a rien de tel pour arriver à ses fins. Même les chevaux sont susceptibles d’en ressentir les effets positifs et de s’en exprimer au mieux.

Il reste que le doublé du Prix de Cornulier et du Prix d’Amérique, la même année, est rare. A vrai dire, ils ne sont que cinq, dans l’histoire des deux courses, à avoir réussi l’exploit. Dans l’ordre chronologique, il s’agit de Venutar, en 1949, de Masina, en 1961, de Tidalium Pélo, en 1972, de Bellino II, en 1975 et 1976, et de Jag de Bellouet, en 2005. C’est ce club que Flamme du Goutier devra intégrer, si elle veut continuer d’entrer dans l’histoire. Pour elle, les principaux empêcheurs de trotter en rond seront sans doute son compagnon d’entraînement, Idao de Tillard –en un duel fratricide, en quelque sorte, entre les frères Duvaldestin, Théo et Clément, au sulky de l’une et de l’autre–, et le protégé de Pierre Belloche, Horsy Dream, qui a pour auteur Scipion du Goutier, le précédent champion monté élevé par Jean Cottin dans son haras normand ; encore un règlement de compte en famille, d’une certaine manière.

Depuis cinquante ans, seul Bellino II…
Flamme du Goutier n’a paru qu’à sept reprises sous la selle, dans autant de Groupes I, pour cinq victoires et deux places de deuxième. Parmi ses prédécesseurs au palmarès du Prix de Cornulier, au cours de ce dernier demi-siècle, Bilibili est également le vainqueur de cinq Groupes I dans la spécialité (deux « Cornulier », deux Prix de l’Ile-de-France et le Prix du Président de la République), à l’instar de Kaiser Trot (trois « Cornulier », le « Président » et le Prix des Elites) ou encore de Tidalium Pélo (deux Prix de Cornulier, deux Prix des Centaures et le Prix des Elites). Seul le phénomène Bellino II a fait mieux, sur la période, avec la bagatelle de neuf succès au plus haut niveau monté, dans les Prix de Vincennes, du Président de la République et de Normandie, ainsi que dans les Prix des Elites, deux fois, et des Centaures, l’ensemble étant assorti de trois Prix de Cornulier.

Flamme du Goutier, en quelques chiffres et dates
52 courses, de 2 à 8 ans, pour 17 victoires, 15 places dans les cinq premiers et 1.594.840 euros de gains ; débuts, victorieux, à l’attelage, le 17 décembre 2017, dans le Prix des Fauvettes, à Cabourg.

◊ Record attelé : 1’09’’7, à la faveur de sa deuxième place, derrière Délia du Pommereux, dans le Prix d’Amérique Races Zeturf Qualif #5 - Prix de Bourgogne (Groupe II, 2.100 mètres, autostart), le 1er janvier 2023.

◊ Record monté : 1’10’’6, dans le Prix des Elites (Groupe I, 2.200 mètres), le 27 septembre 2020, lorsqu’elle s’y classait deuxième de Feeling Cash.

◊ 5 succès de Groupe I : Prix de Normandie 2020 ; Prix de l’Ile-de-France 2021 ; Prix des Centaures 2021 ; Prix de Cornulier 2022 et 2023.

◊ 4 accessits de Groupe I : deuxième du Prix des Elites 2020, deuxième du Prix de Cornulier 2021, troisième du Critérium des 5 Ans 2020, troisième du Prix d’Amérique 2022.

La réussite transversale de Jean Cottin
La réussite d’éleveur de Jean Cottin, sous l’étiquette de la S.C.E.A. des Bissons, outrepasse les disciplines. Certes, le trot est la spécialité de prédilection de ses élèves, qui y comptent, désormais, douze succès de Groupe I, du premier, signé par Onyx du Goutier, dans le Prix de l’Etoile, en 2005, au dernier en date, apanage de Flamme du Goutier, dimanche. Celle-ci a glané quatre autres titres à ce niveau , tandis que Scipion du Goutier complète le champ, avec ses six distinctions au plus haut niveau, dans les Prix d’Essai, des Elites, de Vincennes, des Centaures, par deux fois, et du Président de la République. On observera que onze de ces Groupes I victorieux l’ont été sous la selle et on ajoutera qu’en tant que propriétaire, sous la bannière de l’Ecurie Saint-Martin, Jean Cottin a enregistré deux autres victoires de Groupe I, à l’attelage, cette fois, avec Gunilla d’Atout, lauréate du Critérium des 3 Ans et du Critérium des 4 Ans.
Mais l’éleveur ornais ne s’en tient pas là et étend sa réussite au galop, un peu comme un Jean-Pierre Dubois ou un Daniel Wildenstein. C’est ainsi qu’avec quelques poulinières pur-sang, il a produit Qemah, double gagnante de Groupe I, en France et en Angleterre, à la faveur du Prix Rothschild, à Deauville, et des Coronation Stakes, à Royal Ascot, ou encore l’actuel champion d’Auteuil, Thélème, triple vainqueur classique sur l’hippodrome de la Butte Mortemart, tour à tour, dans le Prix Cambacérès, le Prix Renaud du Vivier et le Grand Prix d’Automne.

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