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Pierre Touvais : les « Phédo » pour crédo ! | LETROT
« Késaco » & « Co »

Pierre Touvais : les « Phédo » pour crédo !

17/04/2026 - GRAND FORMAT - 24H au Trot
Les « Phédo » sont leur crédo ! Pierre Touvais et les siens ont fait, au fil des ans, de ce label d’élevage un « incontournable » de notre paysage trotteur. Le champion Késaco Phédo, aux six Groupes 1, dont un Prix d’Amérique, demeure, bien sûr, leur chef-d’œuvre (N.D.L.R. : voir notre encadré), mais la régularité des résultats obtenus par leur élevage prolonge à elle seule, dans la durée, la notoriété de sa tête de pont. En ce début de saison, par exemple, les réussites se suivent et la victoire de Mirmande del Phédo, dans le Prix Deimos, le vendredi de Pâques, à Vincennes, porte à sept le nombre des succès des élèves maison cette année.
Pierre Touvais et sa femme Dominique - ©Scoopdyga Pierre Touvais et sa femme Dominique - ©Scoopdyga
Depuis le commencement, l’élevage de Pierre et Dominique Touvais compte quelque trois cent soixante-cinq victoires. C’est un beau score, car les poulinières n’ont jamais été très nombreuses : « Nous faisons saillir douze à quinze juments par an, confirme Pierre Touvais. Nous allons, certes, à de bons étalons, mais officiant à des prix abordables. Nous avons une part de Magnificent Rodney, avec lequel nous avons, souvent, bien réussi, et une autre de Boccador de Simm. Sinon, nous achetons nos saillies, au coup par coup. Bien sûr, nous étudions nos croisements, spécialement quant aux allures et au modèle. Nous connaissons bien nos lignées pour en avoir entraîné les différents acteurs, sur plusieurs générations. C’est un précieux enseignement, au moment de finaliser un croisement. »
Nous connaissons bien nos lignées pour en avoir entraîné les différents acteurs, sur plusieurs générations. C’est un précieux enseignement, au moment de finaliser un croisement.

Les sept victoires de 2026
Mirmande del Phédo (Tsar de Tonnerre), les 27 janvier et 3 avril, à Vincennes, sous l’entraînement d’Olivier Touvais.
Jamaica Phédo (Magnificent Rodney), les 5 février et 31 mars, à Vincennes, ainsi que le 11 mars, à Laval, sous l’entraînement d’Olivier Touvais.
Laliga del Phédo (Ducato Bourbon), le 8 février, à Vincennes, sous l’entraînement d’Olivier Touvais.
Madureira Phédo (Un Amour d’Haufor), le 22 février, à Saumur, sous l’entraînement de Stéphane Brouard.
Késaco Phédo, pour la petite histoire
Pour la petite histoire, Késaco Phédo fut baptisé ainsi en référence au patois de la Drôme, le pays natal de Pierre Touvais, « Késaco » y signifiant « Qu’est-ce que c’est ». Son père, Caballio in Blue (Quadrophénio), fut choisi, pour Féria de Vrie (Hêtre Vert), sa mère, notamment en raison de son modèle de petit cheval alezan, maniable, s’accordant bien avec cette belle et grande jument baie, dont Pierre Touvais nous dira : « Elle n’a pas couru, ni ne s’est qualifiée, car elle s’était accidentée à un jarret, au débourrage, chez mon beau-père. Rien ne dit, pour autant, qu’elle n’avait pas de moyens. Ce qui me plaisait en elle, une fois poulinière, c’est qu’elle « signait » ses produits, donnant toujours des chevaux ayant sa robe et sa petite tache blanche sur les naseaux. Cela me paraît être un détail important, preuve que la poulinière imprime sa marque à sa production. »
Pierre Touvais qualifia Késaco Phédo, à la fin de l’été de son année de 2 ans, à Laval, puis, en prolongement, le débuta en compétition, à Caen, les premiers pas du poulain, jugé encore un peu vert, se soldant par une place de quatrième : « Je l’avais ensuite laissé tranquille, relate notre homme, ne le recourant que trois mois plus tard, à Vincennes, où j’eus le sentiment qu’il venait pour gagner, dans la ligne droite, lorsque, tout à coup, il m’a fait la faute. Ce n’était qu’un prix de série, mais c’est Kinder Jet, futur vainqueur du Critérium des Jeunes, qui s’imposait. » Toujours est-il que cette performance, même malheureuse, ne passa pas inaperçue et suscita une importante offre d’achat, de celles qui ne se refusent pas. Késaco Phédo fut donc vendu –ses éleveurs gardant un intéressement à sa potentielle carrière d’étalon (cinq cartes)– et rejoignit les boxes de Philippe Allaire. Aux couleurs Wildenstein, il allait défrayer la chronique des courses de longues années durant, inscrivant jusqu’à six Groupes 1 à son palmarès, dans les deux spécialités, dont le légendaire Prix d’Amérique, à 6 ans, en 2004, ses autres succès majeurs ayant été enregistrés dans le Critérium des 3 Ans, le Prix de Vincennes, le Prix de Normandie et le Grand Critérium de Vitesse de la Côte d’Azur, à deux reprises. Si Philippe Allaire fut l’entraîneur de sa jeunesse et de ses deux premiers Groupes 1, à 3 ans, Jean-Michel Bazire prit le relais, l’âge venu, et fut celui des quatre autres.
Au printemps de ses 4 ans, en mars 2002, Késaco Phédo créa même l’événement sur le ring des ventes de Deauville, où, étant l’objet d’une dissolution d’association entre ses propriétaires, il fit monter les enchères jusqu’à trois millions d’euros –un record absolu, s’agissant d’un trotteur–, pour n’appartenir plus, désormais, qu’à la famille Wildenstein. C’était plus que ce que le cheval amassera tout au long de sa carrière –presque deux millions d’euros, tout de même–, mais son couronnement futur dans le Prix d’Amérique n’en était pas moins à ce prix !

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