MT image

Les uvéites chez le trotteur : origine, diagnostic, et traitement | LETROT
SANTÉ DU TROTTEUR

Les uvéites chez le trotteur : origine, diagnostic, et traitement

27/02/2026 - GRAND FORMAT - 24H au Trot
L’uvéite est une inflammation de l’uvée, la partie vasculaire de l’œil qui comprend l’iris, le corps ciliaire et la choroïde. Chez le cheval, cette pathologie est la première cause de cécité. On distingue deux formes principales : l’uvéite aiguë isolée, qui survient ponctuellement, et l’uvéite récidivante équine, une maladie chronique immunitaire, souvent associée à une infection passée ou persistante à leptospires. L’uvéite récidivante se caractérise par des crises fréquentes et des lésions irréversibles si elle n’est pas prise en charge rapidement.
©CHVE du Livet ©CHVE du Livet

Traitement de l’uvéite
Le traitement d’une crise aiguë doit être précoce et intensif. Il combine des anti-inflammatoires par voie générale, comme la flunixine-méglumine si une douleur est présente ou des corticoïdes, et un traitement local à base d’atropine pour dilater la pupille, et de corticoïdes si la cornée est intacte.
L’atropine est essentielle pour prévenir les synéchies et soulager la douleur, tandis que les corticoïdes réduisent l’inflammation. Pour bien restaurer une barrière hémato-oculaire étanche, un traitement long est généralement prescrit, bien que le caractère dopant de ces traitements chez un trotteur de course puisse poser problème et nécessiter une adaptation des protocoles thérapeutique.
Pour les uvéites récidivantes, plusieurs options thérapeutiques existent :
Une injection intravitréenne de gentamicine est très efficace pour supprimer les crises, avec un taux de succès supérieur à 80-90 %. Cependant, elle peut entraîner des complications comme une cataracte ou une dégénérescence rétinienne. Des études menées dans notre centre (CHVE de Livet) ont permis de développer une dose plus petite (2 mg) qui permet de réduire les complications de cataracte de lésions rétiniennes, tout en restant aussi efficace.


À lire aussi : L'hémorragie pulmonaire induite à l'exercice chez le trotteur


Une pose d’implant suprachoroïdien de ciclosporine qui offre une alternative pour les chevaux négatifs aux leptospires, mais nécessitent une anesthésie générale et une technique chirurgicale précise. En course, la ciclosporine est considérée dopante et elle ne peut être utilisée chez les trotteurs en activité et est donc réservé aux reproducteurs uniquement.
• Une vitrectomie, une intervention chirurgicale invasive, est réservée aux cas sévères et ne répondant pas aux précédentes techniques. Elle permet d’éliminer les leptospires et les débris inflammatoires du vitré, mais comporte des risques de complications postopératoires, bien plus élevées que les autres techniques et un cout bien supérieur.

L’atropine est essentielle pour prévenir les synéchies et soulager la douleur, tandis que les corticoïdes réduisent l’inflammation.

 

Pronostic et conclusion
Le pronostic dépend de la rapidité du traitement et de la sévérité des lésions. L’uvéite est en effet une urgence ophtalmologique nécessitant une intervention rapide et adaptée pour éviter ou limiter les séquelles sur la vision. Grâce aux avancées thérapeutiques, il est possible de contrôler efficacement les crises dans la grande majorité des cas et d’améliorer le pronostic qui était avant considéré comme réservé.

 


A lire aussi