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Une Miss pour rêver du "Président" | LETROT
HISTOIRE D'ÉLEVAGE

Une Miss pour rêver du "Président"

01/05/2026 - GRAND FORMAT - 24H au Trot
Lorsque, à l’automne dernier, son élève, Miss des Besaces 1’11’’ m. (Memphis du Rib), s’est classée deuxième du classique Saint-Léger des Trotteurs (Groupe 1), à quelque 135/1, Eric Martin était déjà sur un nuage. Pensez-donc, sa pouliche venait d’être présentée et achetée à réclamer ! Aussi, avant le coup, une petite place, à ce niveau, l’aurait comblé. Mais il en fut tout autrement et la suite fut à l’avenant, sachant qu’après un nouvel accessit de Groupe 1, dans le Prix des Centaures (quatrième), et plusieurs places à l’échelon semi-classique, au cours du meeting d’hiver, la pouliche vient d’ouvrir son palmarès dans cette catégorie, à la faveur du Prix René Palyart-Etrier 4 Ans Q1 (Groupe 2), une performance qui lui ouvre les portes du Prix du Président de la République-Etrier 4 Ans Finale (Groupe 1). Eric Martin n’a ainsi pas fini de rêver avec sa « Miss ».
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©MarkKentell pour ProvinceCourses ©MarkKentell pour ProvinceCourses

Un travail d’équipe

Tout à son bonheur d’éleveur, Eric Martin rend hommage à ceux qui ont façonné et révélé Miss des Besaces, comme à ceux qui l’aident à veiller sur ses chevaux, car, non seulement il est bien occupé, professionnellement, mais il fut également, jusqu’en mars dernier, maire de sa commune. Aussi est-il reconnaissant, aux uns et aux autres, de leur concours : "Sébastien Mathelier, ses fils, Victor et Jules, Marc Lebrun, Denis Gaudette et ceux que j’oublie, qui se reconnaîtront. Je les associe tous à ma présente réussite et les remercie chaleureusement."
Une famille de chevaux durs, braves et assidus
Miss des Besaces n’a pas un pedigree, à proprement parler, fashionable, hors Ready Cash et Viking’s Way, hors Coktail Jet et Love You ou encore hors Goetmals Wood. Son « papier » est, d’ailleurs, très « outcross », ne comportant pas d’inbreeding aux cinq premières générations. Le moment venu, ce sera un plaisir de la présenter à l’étalon, tant il y aura l’embarras du choix. On croit cependant savoir qu’elle est promise, dans un premier temps, à Gélati Cut, propriété, comme elle, de l’Ecurie de Windcut, qui l’a achetée dans cette perspective.
S’il n’est donc pas « à la mode », le pedigree de Miss des Besaces n’en est pas moins sérieux et solide. Elle est, de la sorte, le premier produit d’une gagnante de deux courses et d’un peu plus de 100.000 euros, Caldeira Turgot 1’13’’. Assidue, celle-ci a couru, exactement, cent fois, de 2 à 7 ans, s’imposant notamment sur l’hippodrome de Caen et se plaçant à plusieurs reprises à Vincennes et à Enghien. Elle est par l’améliorateur Baccarat du Pont 1’13’’ et Focéane 1’19’’ (Un Beau Brun), gagnante de trois courses, dans le Sud-Ouest. Cette Focéane est la mère de trois vainqueurs, les deux autres étant pareillement des femelles, filles du même Vittel, à savoir la semi-classique Orée du Marais 1’12’’ (neuf victoires et 365.000 euros de gains), qui fut deuxième du Prix Ariste Hémard (Groupe 2), et Night Turgot 1’13’’ (six victoires et plus de 200.000 euros). Poulinières, Orée du Marais et Night Turgot donneront, respectivement, Dante Turgot 1’12’’ (six victoires et presque 200.000 euros) et Ahrima Turgot 1’11’’ (neuf victoires et 225.000 euros). Focéane est elle-même la sœur utérine de six vainqueurs, aux premiers rangs desquels Lalie d’Amberville 1’12’’ (Urane Sautonne), gagnante de quatorze courses, pour plus de 350.000 euros de gains. C’est une famille de chevaux durs et braves, qu’il n’est pas rare de voir en compétition cent fois et plus, de longues années durant. C’est là la qualité première de la parentèle et on la retrouve en Miss des Besaces.
« Memphis du Rib x Florestan : une formule gagnante. »
Quant à Memphis du Rib 1’11’’, le père de Miss des Besaces, on rappellera qu’il s’agit d’un triple lauréat de Groupe 1, à la faveur du Critérium des 3 Ans, du Critérium des 4 Ans et du Prix de l’Etoile. Son chef-d’œuvre d’étalon est le crack hongre Aubrion du Gers 1’10’’ (quarante-six victoires et 2,5 millions d’euros). Or, Aubrion du Gers est issu d’une fille de Baccarat du Pont (Florestan), à l’instar de Miss des Besaces. Plus généralement, les filles ou petites-filles de Florestan ont remarquablement croisé avec Memphis du Rib, ses quatre produits les plus riches étant le fruit de cette combinaison. C’est, incontestablement, une formule gagnante.
Eric Martin - ©MarkKentell pour Province Courses Eric Martin - ©MarkKentell pour Province Courses

La constante réussite de Romain Larue

Romain Larue est de ces entraîneurs qui, régulièrement, sans disposer d’un effectif ni pléthorique, ni au-dessus de la mêlée, parviennent toujours à tirer leur épingle du jeu. Installé à son compte depuis une quinzaine d’années, il a cumulé, depuis lors, un certain nombre de performers de Groupe. Miss des Besaces, gagnante semi-classique et double placée classique, est de ceux-là, bien sûr, mais elle a de notables prédécesseurs.
Dans l’ordre chronologique, on peut commencer par citer Ariane du Goutier 1’12’’ a.-m. (Goetmals Wood), lauréate du semi-classique Prix Hervé Céran-Maillard (Groupe 2), puis placée des classiques Prix de Normandie (Groupe 1) et des Elites (Groupe 1). Il y eut aussi Bardane du Houlbet 1’11’’ (Jet Fortuna), gagnante du Prix Ephrem Houël (Groupe 2) et à l’arrivée du Critérium des 4 Ans (Groupe 1). Vint ensuite Gélati Cut 1’09’’ (Coktail Jet), le meilleur d’entre tous, triple vainqueur de Groupe 2, placé de Critérium, deux fois troisième de Groupe 1, en Italie, et quatrième d’une édition de l’Elitloppet (Groupe 1), à Solvalla, après avoir enlevé son éliminatoire. On mentionnera encore, pour s’en tenir aux sujets ayant fréquenté les Groupes 1 avec réussite, Loulou de Mye 1’10’’ (Clif du Pommereux), gagnant du semi-classique Prix Jacques de Vaulogé (Groupe 2) et placé à de multiples reprises à ce niveau, mais, surtout, s’étant inséré entre Lombok Jiel et Liza Josselyn à l’arrivée du Prix Albert Viel (Gr.1).
Romain Larue est présentement à la tête d’un effectif de trente-cinq chevaux. Il est basé à Saint-Martin-de-Bienfait, dans le Calvados, où il gère l’Ecurie du Mont-Joly.

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