Actualités
26/02/2019
Institution
Infos
Bilan 2018 du contrôle antidopage dans les courses hippiques françaises

Ce lundi 25 février, LeTROT, France Galop et la Fédération Nationale des Courses Hippiques ont présenté le bilan de l'année 2018 du contrôle antidopage dans les courses hippiques françaises.

Bilan 2018 du contrôle antidopage dans les courses hippiques françaises

©Scoopdyga

Cette présentation à la presse a permis également de présenter de façon détaillée la procédure complète d'un contrôle antidopage et de son analyse tel que le Laboratoire des Courses Hippiques (LCH) l'a mis en place. Avant d'en prendre connaissance, voici donc le bilan chiffré de l'année 2018.

CHIFFRES-CLÉS

PRÉLÈVEMENTS

29 576 prélèvements effectués en 2018 au total dont :

  • 25 525 aux courses
  • 1 808 aux qualifications
  • 1 709 à l’entraînement
  • 135 sur des chevaux en sortie provisoire d’entraînement
  • 112 à l’élevage
  • 287 prélèvements de suivi longitudinal

CAS POSITIFS

  • 58 aux courses
  • 2 aux qualifications
  • 7 à l’entraînement
  • 0 dans toutes les autres catégories

Ce qui représente 0,23% de cas positifs pour la filière courses françaises à mettre en relation avec les 4,91% de cas positifs constatés par le LCH (Laboratoire des Courses Hippiques) effectués pour ses clients étrangers.

Les chiffres du trot en 2018

39 cas positifs (soit 2 sur 1000 prélèvements). Les substances constatées :

  • Corticoïdes 15
  • Autres 6
  • Bétabloquants anti-hypertenseurs 4
  • Anesthésiques locaux 4
  • Anabolisants 3
  • Contaminants alimentaires 3
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens 3
  • Vasodilatateurs diurétiques 2

En 2018, les 39 cas positifs ont concerné 32 entraîneurs différents. Les enquêtes de terrain ont permis d’élucider l’origine de la positivité dans 80 % des cas.

Actions spécifiques au Trot

Retrospective Testing

Depuis 2014, conservation d’échantillons afin de les soumettre à des analyses rétrospectives dans les 10 ans qui suivent la réalisation du prélèvement.

Prélèvements spécifiques en vue de contrôler l’administration de Bicarbonate

En 2018, prélèvements effectués sur les cinq premiers de 3 courses sélectionnées lors d’une réunion.En 2018, 719 chevaux ayant participé à 144 courses différentes ont fait l’objet de contrôles bicarbonate.

Le suivi longitudinal

  • Exclusivité mondiale dans les courses hippiques
  • Sélection de 25 chevaux selon les gains entre le 1er avril de l’année N-1 et le 31 mars de l’année en cours.
  • 25 chevaux intégrés au Suivi Longitudinal réalisé du 1er avril 2018 au 31 mars 2019.
  • Prélèvement tous les mois à l’entraînement

Arnaud Duluard, Chef du Département Élevage et Santé du Cheval de LeTROT a salué sur ce point la compréhension et la collaboration active des professionnels concernés par ces contrôles.

Les objectifs : 

  • Approche indirecte du contrôle antidopage avec pour objectif d’apprécier le retentissement des substances prohibées sur des paramètres biologiques, plutôt que rechercher les traces de la molécule elle-même ce qui a pour conséquence d'augmenter la fenêtre de détection
  • Répétition des analyses sur un même cheval pendant au minimum un an : surveillance de plus en plus performante au fil des mois.
  • Traitement statistique des données pour détection des variations qui peuvent être le signe de dopage.
  • Prélèvement chaque mois : effet dissuasif

 

COMBIEN ÇA COÛTE ?

Au total, la lutte antidopage représente un budget de 11,9 millions d’euros annuels répartis en deux postes centraux :

  • Missions de prélèvement (vétérinaires préleveurs et aides, frais de déplacement, matériel de prélèvement, frais d’envoi, …) et unité de recherche pour 3,9 M€
  • Laboratoire des courses hippiques (charges de personnel, amortissement et maintenance des matériels, fournitures, …) pour 8 M€.

Effectifs consacrés au contrôle anti-dopage

  • Fédération Nationale des Courses Hippiques : 6
  • Laboratoire des courses hippiques : 65
  • Vétérinaires préleveurs et aide-vétérinaires : 147

Dans la période économique difficile connue par l’institution des courses à l’heure actuelle, ces budgets pourraient-ils être revus à la baisse ? À cette question Guillaume Maupas, Directeur Technique de LeTROT, a répondu : « C’est une réflexion qui a été débattue mais ma recommandation est claire : non, il faut maintenir ce budget afin de garder le niveau d’excellence du Laboratoire. Le contraire serait envoyer un mauvais message à ceux qui chercheraient à tricher. »

 

À PROPOS DES PROCÉDURES

LES RÈGLES FONDAMENTALES

Un cheval partant dans une compétition doit être en bonne santé. L’absence de médicament ou autre substance est un critère objectif.

Tout traitement administré dans le cadre de l’entraînement doit l’être de manière transparente. Il ne doit en aucun cas permettre le maintien à l’entraînement de chevaux présentant des affections incompatibles avec celui-ci.

DE FAÇON SIMPLIFIÉE, QUE RECHERCHE-T-ON ?

Des substances prohibées dès lors que le cheval est déclaré partant (Catégorie I) ex : substances thérapeutiques sur prescription vétérinaire (corticoïdes, anesthésiques locaux,…) ex : contaminants alimentaires (caféine, morphine, …). Le cheval peut avoir ces substances dans l’organisme mais n’est autorisé à courir qu’après élimination.

Des substances totalement prohibées (Catégorie II) substances « dopants majeurs » (anabolisants, facteurs de croissance, EPOs, …). Si substance endogène, fixation d’un seuil (ex : testostérone). Le cheval ne doit jamais avoir ces substances dans l’organisme.

QUELS CONTRÔLES EXTÉRIEURS DURANT CE LE PROCESSUS ?

Lors du prélèvement

L’entraîneur ou son représentant est présent et assiste aux opérations. Il signe le procès- verbal de prélèvement.

Pendant la phase d’analyse au laboratoire

Les accords internationaux de la Fédération Internationale des Autorités Hippiques , de l’Union Européenne du Trot et de la Fédération Equestre Internationale imposent à tout laboratoire de contrôle antidopage équin d’être accrédité selon la norme ISO 17025 et le document ILAC G7.

Pour le LCH, cette accréditation est délivrée par le COFRAC :

  •  experts indépendants
  •  audits périodiques (12 à 18 mois)
  •  évaluation de la conformité des pratiques organisationnelles et techniques
  •  validité des méthodes d’analyse mises en œuvre
  •  contrôle de la bonne application de ces méthodes

Accréditation par le COFRAC (Comité Français d’Accréditation) = fiabilité des résultats produits

La Fédération Internationale des Autorités Hippiques (IFHA) impose aux autorités hippiques nationales de faire analyser les prélèvements des courses de groupe I par un laboratoire certifié.Certification IFHA = respect d’un cahier des charges très strict :

  • capacité globale d’analyses en volume
  • capacité technique à détecter les « major doping agents »
  • membre AORC et succès aux tests professionnels AORC
  • activité de recherche et publications

Le LCH a été le premier laboratoire à être certifié par l’IFHA en 2016.

Le système du "contre-contrôle"

L’EHSLC impose aux laboratoires des pays membres un programme annuel de contrôle en « double aveugle ». Concrètement, des envois mensuels de prélèvements tests « piégés » aux laboratoires européens sont effectués et intégrés de façon anonyme aux prélèvements de routine. Avant un retour du résultat d’analyse à l’EHSLC pour contrôle.

Lors de la levée d’anonymat

Un huissier de justice assermenté est systématiquement informé de toute détection positive. Il participe à la levée d’anonymat, lors de laquelle :

  • Il atteste de la correspondance du numéro mentionné sur le certificat d’analyse du LCH avec le numéro de l’enveloppe scellée non ouverte conservée à la FNCH
  • Il atteste de l’intégrité de l’enveloppe contenant le procès-verbal avant ouverture
  • Il contrôle les informations contenues dans le procès-verbal
  • Il contrôle l’attestation de levée d’anonymat établie par la FNCH
  • Il établit un procès-verbal de constat.

Tout au long du processus

Les associations des entraîneurs (SEDJ au Trot) sont informées :

  • par la FNCH, dès l’étape de la détection positive
  • par la FNCH, lors de la transmission du dossier à la Société mère
  • lors de la publication au Bulletin Officiel des résultats et notamment sur le site de letrot.com à cette rubrique en cliquant ici.

 

LA PROCÉDURE DISCIPLINAIRE

La Commission de 1ère instance

Transmission du dossier à l’entraîneur et au propriétaire, qui sont invités à formuler leurs observations / Réunion des commissaires de la Société mère (commission 1ère instance) L’entraîneur peut être présent ou représenté ou accompagné / Décision des commissaires de la Société mère en application des codes des courses Notification à l’entraîneur, au propriétaire, à l’éleveur, au LCH et à la FNCH Publication au Bulletin Officiel.

Délai de 10 jours à compter de la publication pour faire appel de la décision devant la Commission d’Appel.

La Commission d’Appel

Réunion de la Commission d’Appel (Commission supérieure au Trot) : présentation des nouveaux éléments justifiant l’appel, en présence de l’entraîneur Mise en délibéré. / Décision de la Commission d’Appel Notification à l’entraîneur, au propriétaire, à l’éleveur, au LCH et à la FNCH Publication au Bulletin Officiel. / Contestation possible devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois. La procédure disciplinaire respecte les principes généraux du droit et en particulier le principe du contradictoire.

Pour en savoir encore plus cliquez ici

Partagez

FIL INFO

Suivez-nous Pour ne rien manquer
Aller en haut