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Les diarrhées CHEZ LE POULAIN | LETROT
SANTÉ DU TROTTEUR

Les diarrhées CHEZ LE POULAIN

12/06/2026 - GRAND FORMAT - 24H au Trot
Les diarrhées néonatales du poulain représentent une affection fréquente pouvant avoir des conséquences importantes sur la santé des jeunes trotteurs et sur l’économie des élevages. Elles peuvent être d’origine infectieuse ou non et il est essentiel d’établir un diagnostic fiable afin de mettre en place un traitement adapté et, dans le cas des maladies contagieuses, de limiter leur propagation au sein de l’élevage. Cet article présente les principales causes infectieuses et non infectieuses de diarrhée chez le poulain, leurs méthodes diagnostiques, les grandes lignes de leur prise en charge ainsi que l’importance des mesures de biosécurité.
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c. LES CLOSTRIDIOSES INTESTINALES
Les Clostridium difficile et Clostridium perfringens sont des bactéries présentes dans l’environnement sous forme de spores. Elles peuvent aussi être présentes en petite quantité dans la flore digestive normale du cheval. La maladie peut donc être attrapée dans l’environnement car les spores sont particulièrement résistantes (des années), mais également survenir lorsque l’équilibre de la flore intestinale est perturbé, par exemple après un traitement antibiotique, une autre maladie digestive ou un stress important. Les bactéries produisent des toxines responsables d’une inflammation importante et de diarrhée. Les signes cliniques varient d’une diarrhée légère à une diarrhée profuse parfois hémorragique, et les poulains peuvent rapidement se déshydrater et devenir abattus. Le diagnostic repose sur la mise en évidence de la bactérie ou des toxines dans les selles.

d. SALMONELLOSE
La salmonellose est une infection causée par des bactéries du genre Salmonella, et se transmet également par voie orale. Elle peut toucher les individus de tout âge mais les poulains sont particulièrement sensibles en raison de leur système immunitaire immature et de leur flore digestive peu développée. La bactérie provoque une inflammation de l’intestin entraînant une diarrhée. Dans les cas graves, elle peut passer dans le sang et provoquer une septicémie ou des atteintes d’autres organes. Le diagnostic repose là encore sur des analyses de selles (culture bactérienne ou PCR) et parfois sur des prélèvements sanguins lors de septicémie, ou de liquide articulaire lors d’arthrite septique concomitante.


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La salmonellose est une maladie importante à connaitre du fait des risques importants de contagion de certaines souches particulièrement virulentes. Elles peuvent alors toucher d’autres chevaux, mais également les chiens ou même le personnel de l’écurie. Notre centre a déjà été confrontés plusieurs fois à certaines souches très contagieuses dans certains haras où de nombreux jeunes animaux ou du personnel de haras sont tombés malades et nécessiter une hospitalisation.

La salmonellose est une maladie importante à connaitre du fait des risques importants de contagion de certaines souches particulièrement virulentes.

e. Autres causes
Les clostridioses et salmonelloses constituent les diarrhées bactériennes les plus connues mais d’autres bactéries, comme certaines souches d’Escherichia coli productrices de toxines peuvent aussi être incriminées dans les diarrhées du jeune et les analyses de laboratoires restent précieuses pour diagnostic exhaustif. De plus, bien que généralement bénin et assez bien maitrisé chez le jeune par des vermifuges adaptés, des diarrhées parasitaires sont également possibles et se diagnostiquent assez facilement à l’aide d’une coproscopie. Enfin, une association de malfaiteurs n’est pas rare non plus, notamment sur des poulains un peu faible ou ayant eu un défaut de transfert d’immunité passive à la naissance.

 

Traitements

a. Antibiothérapie
Dans le cas de diarrhée bactérienne, ils sont évidemment d’une aide primordiale, et doivent être adapté à la bactérie suspectée ou isolée. De plus, chez les nouveau-nés, une antibiothérapie est aussi souvent indiquée pour éviter la propagation de bactérie sur des sites d’infection secondaire (pneumonie ou arthrite septique par exemple). Dans ces situations à risque ou en attendant les résultats des analyses, une antibiothérapie dite “à large spectre”, plus ou moins agressive en fonction de la situation estimée, peut être mise en place afin de couvrir plusieurs types de bactéries potentielles.

b. Hydratation
La diarrhée peut entraîner une déshydratation importante, surtout si le poulain ne tète pas correctement. Dans ces cas, une réhydratation par voie intraveineuse peut être nécessaire afin de corriger les pertes en eau et en ions (« les électrolyte »), voire en protéines avec des transfusions de plasma. Contrairement à certaines idées reçues, il est important de laisser un accès à de l’eau propre et fraîche en permanence à un poulain en diarrhée.


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c. Gastroprotecteurs
Les poulains sont très sensibles aux ulcères gastriques et intestinaux. Un traitement préventif peut être envisagé, notamment avec des médicaments protecteurs de la muqueuse gastrique tels que le sucralfate ou anti-acide comme l’oméprazole (Gastrogard®) lorsque cela est approprié en fonction de l’âge.

d. Antidiarrhéiques
Des produits comme le charbon actif, le kaolin ou la smectite sont utilisés pour absorber l’excès d’eau et certaines toxines présentes dans le tube digestif. L’utilisation de probiotiques chez le poulain est, elle controversée, car dans certaines études, ils favoriseraient l’apparition de diarrhée chez des poulains sains.

e. Lactases
La destruction de la muqueuse intestinale par certaines infections (comme pour le rotavirus) peut entraîner une mauvaise digestion du lactose. L’utilisation de lactase peut alors aider à améliorer la digestion du lait, qui constitue une source d’énergie importante pour le poulain.

Mesures de prévention et biosécurité

a. ISOLEMENT DES POULAINS MALADES
Les poulains atteints de diarrhée peuvent continuer à excréter des agents pathogènes même après la disparition des signes cliniques. Il est donc essentiel de les maintenir isolés du reste de l’effectif pendant une période adaptée, idéalement conditionné à la réalisation de prélèvement négatif. En pratique en l’absence de prélèvement, une durée d’isolement d’environ 1 mois est recommandée après une salmonellose, et de 2 semaines après une rotavirose ou une clostridiose. Il est également conseillé de limiter le stress chez ces poulains durant la période de convalescence.

b. MANIPULATION DES POULAINS MALADES
Le personnel manipulant les poulains malades doit porter des équipements de protection adaptés : gants, bottes et vêtements dédiés. Le matériel utilisé (thermomètres, matériel de soins, brosses, etc.) doit être strictement réservé à chaque animal afin d’éviter toute transmission croisée. La mise en place d’un pédiluve désinfectant à l’entrée des boxes est recommandée. Le lavage des mains reste une mesure essentielle et doit être réalisé systématiquement entre chaque animal, tout comme l’application de gel hydroalcoolique après.

c. GESTION DES MATIERES FECALES
Les crottins des poulains malades ne doivent pas être épandus sur les pâtures afin d’éviter la contamination de l’environnement. Le compostage est une méthode efficace pour réduire la survie des micro-organismes pathogènes, à condition qu’il soit correctement réalisé.

d. NETTOYAGE ET DESINFECTION
Après retrait soigneux de toutes les matières organiques (notamment les déjections), les boxes doivent être nettoyés à l’aide d’un détergent et d’une brosse, puis rincés. Une fois les surfaces propres, une désinfection adaptée doit être appliquée en fonction de l’agent infectieux suspecté. Le choix du désinfectant est important, car certains agents pathogènes sont plus résistants que d’autres. Par exemple

 

Conclusion

Les diarrhées néonatales du poulain constituent un problème fréquent et parfois grave en élevage équin. Elles peuvent avoir des origines très variées, allant de causes physiologiques bénignes à des infections potentiellement mortelles. Leur prise en charge repose avant tout sur une identification rapide de la cause, associée à des soins de soutien adaptés, en particulier la réhydratation et la correction des troubles ioniques. Enfin, plus que pour beaucoup d’autres maladies, les mesures de biosécurité jouent un rôle essentiel dans la limitation de la propagation des agents infectieux au sein des élevages, et doivent être appliquées de manière rigoureuse et systématique en cas de contagion.

 


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