Second Groupe 1 de la réunion de samedi à Vincennes en cette veille de Prix d'Amérique Legend Race, le Prix Bold Eagle est revenu à Liberté de Choisel devant Lombok Jiel et Liza Josselyn dans la réduction kilométrique d'1'12''1 (2.700m.). Au début de son année de 5 ans, celle-ci transforme ainsi son essai à ce niveau, tout comme elle l'avait déjà fait lors de ses deux tentatives dans les Groupes 2. La trajectoire de la jument de Joseph Viol entraînée par Sébastien Dupont et drivée par Anthony Barrier est ascensionnelle, alors qu'elle disputait en ce mois de janvier de ses 5 ans la quatorzième course seulement de sa carrière.
Liberté de Choisel : le croisement qui va bien
Le croisement est celui du sang de Ready Cash 1’10’’ avec une fille de Love You 1’10’’, soit ce qui se fait de mieux, évidemment.
Captain Sparrow 1’11’’, le père de Liberté de Choisel 1’11’’, est, ainsi, un fils de Ready Cash. Cela suffit, déjà, à être de grande naissance, mais, cerise sur le gâteau, sa mère n’est autre que la championne sous la selle Holly du Locton 1’15’’ (Prix du Président de la République et de Vincennes, Saint-Léger des Trotteurs, Prix d’Essai, Prix des Centaures, troisième du Prix de Cornulier, à 4 ans). Captain Sparrow montra de la précocité, s’imposant, pour débuter, à Vincennes, pendant l’été de ses 2 ans, tout en sachant durer et manifester un bel éclectisme, comme en témoigne sa victoire, monté, dans le Groupe 2 Prix Louis Forcinal, à l’âge de 6 ans, suivie de son succès, attelé, dans le Grand Prix de Waregem, autre Groupe 2.
La qualité intrinsèque de River Love
River Love 1’15’’ a.-m., la mère de Liberté de Choisel, est une élève de Jean-Pierre Dubois. Propriétaire-éleveur de la lauréate du Prix Bold Eagle, Jeff Viol raconte, à ce sujet : "J’ai acheté River Love alors qu’elle était pouliche, chez Jean-Pierre Dubois. Son « papier » m’avait attiré, avec Love You pour père et la semi-classique La Fée pour mère. Confiée à Sylvain Dupont, en prélude à sa fille, elle a montré de gros moyens à 3 ans, mais je pense qu’elle n’était pas précoce et on a dû aller trop vite avec elle. Du coup, elle a « cassé » et nous n’avons pu la « remettre ». Elle a tout de même eu le temps de gagner quatre courses, dont deux à Vincennes, et de faire rentrer plus de 90.000 euros."
Une jument qui produit
River Love a également engendré Héros de Choisel 1’12’’ (Prodigious), gagnant de treize courses et de plus de 200.000 euros, Joker de Choisel 1’12’’ (Real de Lou), lui-même à la tête d’un pécule d’environ 200.000 euros, pour dix victoires, et Folie de Choisel 1’14’’ (Jag de Bellouet), qui a signé huit succès et glané 60.000 euros. Ses deux produits les plus récents sont Nice de Choisel, une fille de Free Man, également sous la responsabilité de Sylvain Dupont et restant à qualifier, et Pépite de Choisel, une fille de Fabulous Wood dont elle était suitée ce printemps.
Une parentèle dense et vivante
La Fée 1’14’’ est la sœur utérine, par Défi d’Aunou 1’10’’, du classique Olitro 1’11’’ (Ganymède), qui fut deuxième du Critérium des 4 Ans (Groupe 1) et du Prix Albert Viel (Groupe 1). La parentèle est dense et vivante, avec, notamment, Vive Fée, demi-sœur de La Fée par Love You –et donc, ce faisant, trois quarts sœur de River Love–, pointée comme mère d’Eclat de Gloire 1’10’’ (vingt-quatre victoires et 961.382 euros) et de Féerie Wood 1’10’’ (Championnat Européen des 5 Ans, Prix Ténor de Baune).
Anthony Barrier, l'homme des Groupes
Cet hiver, Anthony Barrier présente des statistiques remarquables dans les épreuves de Groupe. En seize participations, il s'est imposé six fois et a pris sept autres podiums ! Liberté de Choisel lui permet de remporter son second Groupe 1 après Keengame (Express Jet). "Elle fait voir ce qu’elle sait faire, réagit-il. C'est une jument qui doit être dans la bagarre. On a essayé de la mettre dans les autres, mais elle n’est pas encore habituée. Aujourd’hui (lire samedi), c’était un Groupe 1 et il n’y avait pas beaucoup de monde pour aller de l’avant. Il fallait essayer. On avait Liza Josselyn un peu en retrait de nous, à deux au carré, et on avait une longueur d’avance sur elle, ce qui était nickel. Elle aime être de l’avant. Elle est tellement facile à driver qu’elle se plaît comme cela. Pour l’instant, je ne la contrarie pas. Elle a encore le temps d’apprendre son métier."
Dans une arrivée très serrée, les dauphins de Liberté de Choisel, que ce soit Lombok Jiel, contraint de faire le tour de piste à l'extérieur de sa rivale, comme Liza Josselyn, auteure des meilleurs derniers cinq cents mètres au Tracking en 1'07''9, n'ont pas à rougir, les premiers finissant sur la même ligne. "J’ai voulu passer Anthony (Barrier) pour prendre la corde mais il m’a contré, revient Pierre-Yves Verva, le driver du cheval de l'Écurie Luck. Ensuite, on a pu reprendre le rythme. Mon cheval s’est montré très fort et accrocheur. Il a été meilleur que lors de ses dernières courses. C’est toujours rageant d’être battu mais on a vu le bon "Lombok"." Un sentiment partagé par Jean-Luc Dersoir : "On est battus mais on est rassurés. Aujourd’hui (lire samedi), il n’a pas lâché le morceau. Il est battu par une super jument mais court très bien. C’est agréable de voir des courses comme ça. C'est une très belle arrivée avec trois super chevaux. En fin de carrière pour moi, toucher un tel cheval est sympa. Ce n’était pas facile pour lui mais il fait l'une de ses meilleures courses. Pierre-Yves (Verva) a drivé comme il fallait, mais cela ne s’est pas mis comme il aurait voulu. Il faut être fair-play. Il lui reste une course à la mi-février avant de courir le Prix de Sélection". De son côté, Nicolas Bazire fait l'analyse suivante : "J’ai eu du mal à la mettre dans la main dans la montée. Néanmoins, on a pu avoir un bon parcours. Elle est battue de peu. On est tous sur la même ligne".
Prix d'Amérique Festival : pari d'ambiance réussi
Après la journée dédiée aux professionnels et aux journalistes vendredi, le Prix d'Amérique Festival entrait ce samedi dans son jour #2 avec l'arrivée du public. Et un aller-retour dans les travées de Vincennes, en particulier devant les tribunes, permet d'affirmer sans sourciller que les spectateurs ont déjà investi ce nouveau rendez-vous. En fin de journée, la SETF annonçait 11.000 personnes. Chapeaux de cow-boys, déguisements inhabituels pour un hippodrome et moyenne d'âge très largement rajeunie, l'atmosphère, favorisée par quelques rayons de soleil les bienvenus, ont donné une saveur particulièrement agréable à cette journée. Pari réussi avant même que Yann Muller ne prenne le relais pour lancer la soirée à l'heure où ces pages étaient bouclées.